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DERNIER MOT : Le Mondial de la Palestine

Mercredi, 21 décembre 2022

Je n’exagérerai pas si je dis que l’une des confrontations les plus importantes au Mondial 2022 au Qatar n’était pas dans les matchs, mais opposait l’opinion publique arabe aux médias israéliens représentant l’Etat de l’occupation. Après les récents accords d’Abraham de normalisation entre certains gouvernements arabes et Israël, la première épreuve populaire a montré que les peuples arabes ont maintenu une position stable vis-à-vis de la première cause arabe, celle de la Palestine, et qu’ils n’ont pas été affectés par la campagne de propagande qui avait accompagné la signature de ces accords, car cette cause est en relation directe avec l’identité des peuples arabes, de l’Iraq au Maroc. Avant l’ouverture de la Coupe du monde, une campagne de propagande organisée a voulu imaginer que les relations entre les citoyens des pays signataires et les visiteurs israéliens vont au-delà de la normalisation. Nous les avons vus s’enlacer et danser dans des séquences filmées diffusées à grande échelle. Mais loin de ces séquences, nous avons vu une autre situation sur le terrain pendant le déroulement des matchs du Mondial, où des citoyens du Qatar, d’Arabie saoudite et du Liban, entre autres, refusaient des rencontres avec des médias israéliens. En plus, le drapeau de la Palestine a été hissé et son nom scandé à plusieurs reprises. Comme les Arabes qui ont tous soutenu le Maroc après les victoires de son équipe, ils se sont rangés aux côtés de la Palestine pour la soutenir face à la normalisation avec les Etats arabes. Ces événements ont coïncidé avec la publication du nouveau livre de Jared Kushner, conseiller de l’ancien président américain Donald Trump. J’ai eu l’occasion de le lire au moment du Mondial et j’ai pu constater la contradiction flagrante entre ce que dit le gendre de Trump sur ces accords de normalisation, qu’il considère comme une percée dans les relations arabo-israéliennes, et le refus arabe de ces accords, transmis par les médias. L’opinion publique arabe est encore résistante et les accords d’Abraham, élaborés par Kushner et Trump, n’ont pas réussi à la pénétrer. La confrontation de l’opinion arabe avec les médias israéliens était l’une des plus importantes et des plus chaudes du Mondial.

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