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Iran-Frères, une relation ambiguë

Lundi, 05 août 2013

Nous avons mis en garde à maintes reprises contre le rapprochement entre les Frères et les Iraniens. A cette époque, nous avons été accusés de carence dans la compréhension poli­tique et d’incapacité de réaliser les exigences que nous dicte l’intérêt national, lorsque nous avons refusé les résultats ayant découlé de ce rapprochement. Surtout quand il a été question de débattre du sujet du tourisme iranien en Egypte et de l’expansion chiite, et lorsque nous avons refusé les allégations sur les prétendus apports qu’il peut faire à l’économie nationale. Celui qui regarde attentivement la position ira­nienne, à la lumière des événements du 30 juin, verra pertinemment bien comment l’Iran gère ses relations étrangères. L’Iran s’est empressée, par l’intermédiaire de son guide suprême, Ali Khameiny, d’applaudir la révolution du 25 jan­vier en essayant de trouver des similitudes entre celle-ci et celle de 1979 en Iran. Avec l’acces­sion au pouvoir du candidat de la confrérie au siège présidentiel, les relations entre Le Caire et Téhéran ont pris un autre tournant, tantôt affi­ché, tantôt en catimini. Un principe que nous n’objectons pas, d’autant plus qu’il est impor­tant pour n’importe quel Etat d’entretenir des relations officielles avec le reste du monde. A condition qu’elles soient basées sur le respect mutuel et la non-ingérence dans les affaires internes.

Cependant, nous devons faire une pause devant la réaction iranienne à l’égard des évé­nements du 3 juillet, vis-à-vis desquels l’Iran s’est abstenue d’afficher une quelconque posi­tion officielle, que ce soit par l’approbation ou par le refus. Le silence iranien n’est pas justi­fiable, car il est clair que les responsables ira­niens ne veulent perdre aucune des deux par­ties lorsque l’affaire sera tranchée au profit de l’une et aux dépens de l’autre. A l’opposé, la position turque a exprimé son refus absolu et a considéré l’événement comme un coup d’Etat militaire. D’ailleurs, nous pouvons la com­prendre à la lumière de l’arrière-plan militaire des deux pays et de la situation turque interne.

Ce qui rend la position iranienne plus équi­voque est la déclaration faite par l’un de ses responsables, Ahmad Jannati, l’une des figures proches du guide suprême. « Les Frères musulmans ont apporté l’aide à Israël en fermant les tunnels, en soutenant le traité de Camp David et ont continué à fournir le pétrole à Israël. Ceci s’est répété jusqu’à l’émergence du mouvement Tamarrod qui compte 60 % des Egyptiens qui affirment être musulmans opposés à l’Amérique et à Israël, et qui tiennent à leur indépendance », a-t-il dit.

Cette déclaration que j’ai tenue à transmettre littéralement prête à équivoque. Il est vrai qu’elle ne peut pas être considérée comme une position officielle, mais émanant de l’une des figures de proue du système iranien, elle ne peut pas passer inaperçue et reste très signifi­cative. L’Iran se livre à un jeu politique parce qu’il ne veut perdre aucune des parties. Ce qui nous rappelle à l’esprit la mauvaise gestion par Morsi non seulement du dossier des Affaires étrangères, mais également de tout ce qui est interne. Il a été incapable de réaliser les ambitions d’un peuple qui a déclenché une révolution historique, celle du 25 janvier 2011. Il aurait dû miser sur la relation entre le régime, les différentes forces politiques et les composantes de la société. L’expérience des Frères nous amène à comprendre qu’il faut jouer la carte de l’entente nationale pour garantir le succès d’un Etat et sa réussite à dépasser les dangers qui guettent son avenir et son entité .

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