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L’Egypte en 2016

Lundi, 28 décembre 2015

L’année 2016 en Egypte s’ouvre sur l’installation du parlement tant attendu, troisième et dernière étape de la feuille de route qui clôture la période de transition, intervenue à la suite de la destitution, en juillet 2013, de l’ex-président Mohamad Morsi, issu des Frères musulmans.

La Chambre des députés élue sur deux tours avec quelque 28 % des voix du corps électoral est largement dominée par les partisans du régime politique en place et devrait, sans surprise, sous la bannière de la « coalition de soutien à l’Etat égyptien », jouer un rôle d’appui aux politiques présidentielles. Les voix dissonantes ne devraient y constituer qu’une infime minorité, sans poids.

L’une des premières tâches du nouveau parlement est d’examiner les lois promulguées par le président Abdel-Fattah Al-Sissi, ainsi que par son prédécesseur, le président intérimaire Adli Mansour, qui détenaient, en l’absence d’une chambre élue, les doubles pouvoirs exécutif et législatif. Ces lois, vu l’écrasante majorité parlementaire pro-régime, devraient être rapidement entérinées, ouvrant la voie à la poursuite de l’application des politiques actuelles à un rythme accéléré.

Viennent en premier lieu un ensemble de politiques liées d’ordre économique et sécuritaire. Sur ce dernier dossier, les mesures prises, qui devraient se poursuivre et se renforcer, s’adressent d’abord au danger du terrorisme islamiste au Sinaï, perpétré par la branche égyptienne de l’Etat Islamique (EI). Vu l’expansion de la menace terroriste de Daech, qui frappe désormais non seulement les Etats du monde arabe et du Moyen-Orient, mais aussi l’Occident et la Russie, l’Egypte devrait bénéficier davantage d’un soutien régional et international et d’une meilleure coordination et d’échange de renseignements avec l’étranger.

Que ce soit en Egypte ou encore en Libye voisine, la lutte contre les branches régionales de l’EI ne peut finalement être effective et efficace que si elle s’attaque au coeur même de cette organisation terroriste, c’est-à-dire en Iraq et en Syrie, où Daech occupe le tiers du territoire de chacun des deux pays et où il fonctionne comme un Etat dans l’Etat.

L’année 2016 pourrait se révéler à ce stade décisive dans la mesure où les puissances mondiales, malgré des intérêts divergents, sont désormais plus conscientes du danger global que représente l’EI.

Le crash de l’avion civil russe au-dessus du Sinaï le 31 octobre et les attentats terroristes à Paris le 13 novembre en ont donné la preuve. L’intervention militaire russe en Syrie depuis fin septembre et l’élargissement de l’action française contre l’EI dans ce même pays, à la suite des attentats de Paris, donnent la mesure de la prise de conscience internationale accrue du danger.

L’Egypte en 2016

La lutte antiterroriste en Egypte se trouve également liée à la traque des Frères musulmans car, dans l’esprit des autorités, la confrérie est impliquée d’une façon ou d’une autre dans la recrudescence des actes terroristes.

La chasse aux Frères et leur jugement devant les tribunaux devraient donc se poursuivre en 2016 avec la même détermination.

Sur le front économique, et vu la frilosité des investisseurs privés, le gouvernement a clairement opté pour une relance de l’économie, victime de ralentissement provoqué par quatre années de troubles politiques et sécuritaires, à coups de mégaprojets publics, dont le plus important est celui du développement de la zone du Canal de Suez. Le premier pas de ce projet a été le doublement et l’élargissement de la voie maritime pour servir les multiples projets industriels et énergétiques prévus. Ce premier projet devrait à lui seul, tablent les autorités égyptiennes, faire porter les revenus du Canal de 5,3 milliards de dollars attendus en 2015 à 13,2 milliards en 2023. D’autres chantiers aussi importants sont en cours d’élaboration dont, et non des moindres, la construction d’une nouvelle capitale administrative sur la route Le Caire-Aïn Al-Sokhna (est), non loin de la zone du Canal, la bonification d’un million et demi de feddans et la construction, en coopération avec la Russie, de la première centrale nucléaire du pays sur le site d’Al-Dabaa, sur la côte méditerranéenne, à l’ouest d’Alexandrie.

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