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L'Occident, les jeunes et Daech

Lundi, 29 juin 2015

Voilà un an que Daech a imposé sa mainmise sur Mossoul en Iraq. La superficie géogra­phique qu’il contrôle actuellement en Iraq et en Syrie dépasse celle du Royaume-Uni. Il ne semble pas pour autant que la dite coalition internatio­nale « de taille » a l’intention, encore moins la capacité, d’anéantir cette organisation terroriste et barbare.
Dans des déclarations publiées dans le New York Times, le chef des opérations spéciales des Etats-Unis au Moyen-Orient, le général Mickael Nagata, déclare avoir à peine commencé de tâter avec difficulté les contours de Daech.
Dernièrement, des centres de recherche et des médias occidentaux ont essayé de comprendre Daech, pas uni­quement en tant qu’organisation terroriste militarisée, mais plutôt à travers un prisme sociologique. Ils ont tenté de connaître ses modes de pensée, ses moyens de com­munication et ses mécanismes de gestion au quotidien. Il s’agit là d’une lecture qui n’intéresse pas le monde arabe qui se contente de la diffusion de ses atrocités quoti­diennes. En fait, l’intérêt doit aller au-delà de cette volonté de « scandaliser » en dénonçant les méthodes barbares de cette organisation. Il est important d’acquérir une meilleure compréhension de la composition politico-sociale de cette organisation qui a étendu son hégémonie sur un espace géographique devenu une destination pour les jeunes recrues, venues des quatre coins du monde. Les pays occidentaux sont choqués de réaliser que des milliers de volontaires sont parmi leurs citoyens, des jeunes grandis et éduqués dans une culture occidentale qu’ils ont délaissée pour la cause de Daech.
Cette organisation terroriste a attiré tous ceux qui sont en quête d’une société islamique idéale et tous ceux qui sont prêts à militer pour ce projet. Catherine Brown, professeur à l’Université de Londres, a établi une compa­raison entre les jeunes Européens qui se sont rendus en Union Soviétique dans les années 1950 et 60 du siècle dernier et ceux qui rejoignent les rangs de Daech aujourd’hui. Selon la chercheuse, le dénominateur com­mun est la quête d’une société idéale et utopique où dominent la justice et l’égalité, une société sans discrimi­nation. Telle est l’aspiration qui caresse l’esprit d’une large tranche de jeunes musulmans marginalisés.
Naguère, le numéro un d’Al-Qaëda, Ossama bin Laden, a propagé le concept du djihad et planté ses cel­lules terroristes partout dans le monde. Quant à l’organi­sation Daech, elle est allée à l’encontre de cette stratégie en s’emparant d’un espace géographique immense, dont il a fait un pôle d’attraction pour les djihadistes du monde entier à travers une présence physique sur le ter­rain ou un serment d’allégeance.
Les pays occidentaux se sont rendu compte qu’une tranche de leurs jeunes citoyens musulmans vit dans un état d’isolement et de détachement. Ces jeunes ne sont pas intégrés dans leur société dont ils refusent beaucoup d’aspects. Ce sont particulièrement ces jeunes que Daech a réussi à attirer.
Nous ne connaissons de cette organisation que son extrémisme, son terrorisme et ses pratiques inhumaines. Il semble cependant que « l’analyse sociologique » doit intervenir afin de pouvoir comprendre ce qui amène cette jeunesse, en Occident comme Orient, à adhérer à cette entité qui, le moins que l’on puisse dire, dévoile au grand jour son atrocité. Un an après l’occupation de Mossoul, et l’occupation par le numéro un de Daech, Abou-Bakr Al-Baghdadi, de la tribune de la Grande Mosquée à l’oc­casion du Ramadan, l’organisation de Daech a publié un documentaire de 30 minutes intitulé « Un an après le fath », dans lequel elle a fait passer des séquences de barbarie, de meurtre et de destruction. Il semblerait que cette propagande noire plaît aux marginalisés et aux lais­sés-pour-compte qui veulent faire de l’atrocité leur devise et leur voie unique pour fonder leur « Etat de rêve » et faire la guerre aux tyrans et aux mécréants .
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