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Le soutien à l'exportation au coeur du débat en Egypte

Névine Kamel, Lundi, 17 juin 2013

Malgré l’ère révolue du lobby des hommes d’affaires liés à l’ancien régime, le débat sur le soutien aux exportations reste d’actualité. Les mécanismes de distribution, longuement critiqués, demeureront-ils inchangés ?

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Le secteur textile s'empart de la part du lion du soutien à l'exportation. (Photo : Bassam Al-Zoghby)

Les ministres successifs en charge de ce dossier (Industrie et Commerce, Finances) ont toujours assuré que ce soutien serait maintenu, mais avec une distribution plus juste. « Les exportations sont un élément important de la relance économique, et les hommes d’affaires ont subi beaucoup de pressions depuis la révolution. Nous ne pourrons pas mettre fin à ce système, mais une distribution plus juste est indispensable », affirme Tareq Moustapha, président de la commission de l’industrie et de l’énergie auprès du Conseil consultatif. Il s’agit là d’accorder la priorité aux Petites et Moyennes Entreprises (PME) pour améliorer la qualité des produits et permettre leur exportation.

il affirme qu’il est probable que les sommes allouées au Fonds de soutien aux exportations augmentent au sein du budget. Cette année, le fonds bénéficie de 3,1 milliards de L.E.

Pour le moment, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Hatem Saleh, ne s’est entretenu qu’avec les présidents des différents conseils d’exportation auprès de l’Union des industries, à savoir le lobby des grandes entreprises privées. Paradoxalement, il promet que « l’ère du lobby des grandes entreprises qui se voient attribuées la plus grande partie de ces sommes est révolue ».

Le Fonds de soutien aux exportations a, en fait, été longtemps critiqué par les experts. La question demeure la suivante : « Qui mérite davantage de soutien ? Les nouvelles industries ou les plus anciennes ? Les plus puissantes ou les plus fragiles ? ». Pour le cabinet Nazif, la balance a toujours pesé en faveur des grands hommes d’affaires et l’organisme refusait systématiquement de dévoiler le nom des entreprises bénéficiaires des aides.

C’est ainsi, comme le montrent les chiffres du dernier rapport du Fonds publié en janvier 2011, que 73 % des entreprises percevant un soutien financier étaient des PME. Or, elles ne touchaient dans les faits que 20 % des sommes du Fonds. Les secteurs des produits agricoles, du prêt-à-porter et des produits alimentaires dominés par les plus importants hommes d’affaires ont pu, depuis la création du Fonds en 2002, s’emparer de 65 % des sommes versées par le gouvernement. Des accusations de népotisme ternissent également l’administration du Fonds. L’entreprise de la famille de l’ex-ministre du Commerce et de l’Industrie, Rachid Mohamad Rachid, en était l’une des grandes bénéficiaires. Idem pour Galal Al-Zorba, président de l’Union des industries et propriétaire d’usines de prêt-à-porter. Le procureur général avait accusé Rachid d’abus de pouvoir. Par l’intermédiaire de la société Unilever Mashreq, il avait perçu 200 millions de L.E. en soutien aux exportations. Or, le verdict de condamnation du tribunal a été annulé .

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