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Le Comité international de la Croix-Rouge touché à Gaza, "des tas de cadavres, du sang partout"

AFP , Dimanche, 23 juin 2024

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Un homme marche à travers des tentes tombées après une frappe sur la zone d’al-Mawasi, au Nord-Ouest de la ville palestinienne de Rafah. Photo : AFP

 

Ce furent d'abord "plusieurs grosses explosions" près du bureau du Comité international de la Croix-Rouge à Gaza. Puis un flot de blessés, des "tas de cadavres" et des "mares de sang", a raconté samedi un responsable de l'organisation.

Vendredi, des tirs "de gros calibre" aux abords du bureau du CICR à Al-Mawasi, près de Rafah, ont provoqué "un afflux massif de victimes vers l'hôpital de campagne de la Croix-Rouge", qui "a reçu 22 morts et 45 blessés", selon le CICR, sans préciser l'origine des tirs.

Tout a commencé vers 15H30 locales (12H30GMT) avec "trois grosses explosions", a expliqué à des journalistes le responsable du CICR à Rafah, William Schomburg, en liaison vidéo.

Ce n'est pas la première fois que des installations de l'organisation, dont le siège se trouve à Genève, sont endommagées depuis le début de la guerre à Gaza.

Mais "l'ampleur de ce choc était tout à fait sans précédent, du moins pour nous", a souligné M. Schomburg : "nous avons littéralement trouvé des parties de corps éparpillées dans différentes zones, y compris au sein de l'enceinte (du CICR), que nous avons ensuite récupérées".

"En quelques instants, nous avons vu un flot de blessés se présenter à la porte de notre enceinte. Il y avait des tas de cadavres, du sang partout", a-t-il dit.

"Franchement, cela ne ressemble à rien de ce que j'ai jamais vu auparavant. L'ampleur des souffrances en si peu de temps a vraiment été très choquante pour l'équipe. Nous avons essayé de toutes nos forces de stabiliser certaines des victimes", a-t-il raconté.

Des ambulances ont transporté les blessés à l'hôpital de campagne de la Croix-Rouge, situé "à 500 mètres de notre bureau", mais certains d'entre eux y sont décédés.

- "Un immense sentiment de peur" -

Autour du CICR, "dans la rue, il y avait des mares de sang, il y avait des corps éparpillés par terre, et un immense sentiment de peur parmi les gens qui étaient clairement paniqués et très désespérés, n'ayant nulle part où aller", a décrit M. Schomburg.

Ce fut "un journée très dure pour l'équipe, pour les victimes, pour les familles".

Le CICR dispose, à côté du bâtiment touché par les "projectiles", d'un grand camp dans lequel de nombreuses familles de membres du personnel du CICR vivent sous des tentes. Pour M. Schomburg, c'est "un miracle" qu'aucun membre de son équipe et leurs familles n'ait été grièvement blessé.

La zone côtière d'Al-Mawasi, près de Rafah, abrite des déplacés chassés par les combats dans le reste du territoire palestinien. Elle avait été déclarée "zone humanitaire" par Israël, en théorie sûre pour les déplacés.

Selon M. Schomburg, les installations du CICR ne se trouvent pas dans cette "zone humanitaire" mais juste au sud de ce périmètre, dans un "bloc qui lui est adjacent".

Cependant, a-t-il dit, les emplacements et les coordonnées de toutes les installations de l'organisation sont connus de toutes les parties au conflit et tous les locaux sont marqués avec le célèbre emblème de la Croix-rouge.

"Alors comment expliquez les frappes qu'on a expérimentées hier ? Je pense qu'il faudrait poser cette question aux parties en conflit et pas à nous", a-t-il conclu, soulignant : "je suis un humanitaire, je ne suis pas un spécialiste militaire".

L'offensive menée par le Hamas le 7 octobre contre les colonies de l'enveloppe de Gaza a déclenché une guerre acharnée contre la bande de Gaza​ qui a fait jusqu'à présent 37.551 morts, essentiellement des civils, selon des données du ministère palestinien de la Santé.

*Article modifié par Ahraminfo

 

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