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Israël dit avoir pris le contrôle de la zone tampon entre Gaza et l'Egypte

Ahraminfo avec AFP, Jeudi, 30 mai 2024

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Des véhicules de l’armée israélienne sont positionnés dans le sud d’Israël près de la frontière avec la bande de Gaza. Photo : AFP

L'armée israélienne poursuit jeudi malgré les critiques son offensive sur Rafah après avoir affirmé la veille avoir pris le contrôle d'une zone tampon stratégique entre la bande de Gaza et l'Egypte située à proximité de Rafah, nouvel épicentre de sa guerre contre le Hamas.

Le conseiller à la sécurité nationale israélien Tzachi Hanegbi a affirmé que la guerre pourrait se poursuivre "encore sept mois", afin d'atteindre l'objectif de détruire le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007.

A Gaza, l'armée a affirmé avoir découvert « une vingtaine de tunnels » dans le secteur frontalier, qu'elle soupçonne de servir à la contrebande pour les groupes armés dans le territoire palestinien. L'Egypte a démenti l'existence de tunnels à la frontière, affirmant qu'Israël cherche ainsi à justifier son offensive à Rafah contre le mouvement islamiste palestinien.

Tuyau d'oxygène

L'armée israélienne a annoncé avoir pris ces derniers jours le contrôle du couloir de Philadelphie, une zone tampon de 14 kilomètres de long qui borde la frontière égyptienne avec le au sud de la bande de Gaza, près de Rafah.

« Le couloir de Philadelphie servait de tuyau d'oxygène au Hamas, par lequel il faisait transiter régulièrement des armes vers la bande de Gaza », a déclaré le porte-parole de l'armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari.

Il a ajouté que l'armée avait « découvert une infrastructure terroriste souterraine sophistiquée à l'Est de Rafah d'une longueur d'un kilomètre et demi à une centaine de mètres du passage entre l'Egypte et la bande de Gaza ».

Le poste-frontière de Rafah, seul point de passage entre la bande de Gaza et l'Egypte, est vital pour l'acheminement de l'aide humanitaire et des bléssés et malades vers l'Egypte. Il est fermé depuis que l'armée israélienne en a pris le contrôle côté palestinien au début du mois de mai.

Qu'est ce que le couloir de Philadémphie ? 

La création de « l'Axe de Philadelphie », connu sous le nom d'« Axe Salah al-Din », remonte au Traité de paix de Camp David entre l'Egypte et Israël en 1979. Le taité stipulait l'établissement d'une zone tampon le long de la frontière entre les deux parties, à condition que la zone frontalière située sur les terres palestinienne, appelée zone D, soit soumise au contrôle des forces israéliennes.

Les forces d’occupation ont contrôlé cette zone pendant 26 ans c’est-à-dire depuis la signature du traité de paix et jusqu’à la mi-aôut 2005 avant d’annoncer leur retrait de la bande de Gaza et de la remettre à l’Autorité palestinienne sous la supervision des observateurs de l’Union Européenne à condition qu’Israël maintienne une présence militaire le long de la frontière séparant la bande de Gaza de l’Egypte.

En septembre 2005, Israël et l’Egypte ont signé « l’Accord de Philadelphie », un accord qu’Israël considère comme une annexe de sécurité au traité de paix de 1979 et régi par ses principes généraux.

Cet accord permet le déploiement de 750 soldats des gardes-frontières égyptiens à la frontière séparant l’Egypte de la bande de Gaza pour lutter contre le terrorisme, les infiltrations transfrontalières, la contrebande et détecter les tunnels.

Encore sept mois

En parallèle de Gaza, l'armée israélienne a déployé jeudi des soldats dans différentes villes de la Cisjordanie occupée après une "attaque à la voiture bélier" qui a tué selon elle deux jeunes soldats israéliens près de Naplouse.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le Croissant-Rouge palestinien a dénoncé la mort de deux de ses secouristes dans une "frappe directe" de l'armée israélienne contre l'une de ses ambulances dans le secteur ouest de Rafah.

En dépit de l'indignation internationale soulevée par le bombardement meurtrier dimanche d'un camp de déplacés à Rafah, l'armée israélienne poursuit son offensive dans la ville surpeuplée du sud de la bande de Gaza, lancée le 7 mai pour, selon elle, éliminer les derniers bataillons du Hamas.

Mercredi, des combats de rue et des bombardements ont secoué Rafah, au lendemain de l'entrée de chars israéliens dans le centre de la ville.

A Khan Younès, trois corps ont été sortis mercredi des décombres d'une maison touchée par un bombardement, selon la Défense civile palestinienne. "J'ai perdu deux de mes enfants, Haydar, huit ans, et Mecca, cinq ans, mon unique fille", a témoigné en pleurs Rami Abou Jazar, après avoir dit adieu à ses enfants enveloppés dans des linceuls blancs.

Nouvel exode 

En trois semaines, environ un million de Palestiniens, selon l'ONU, ont fui Rafah, pour la plupart des déplacés poussés à un nouvel exode vers des zones déjà surpeuplées du territoire assiégé.

Cette attaque de plus de 36. 000 morts dans la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé de l'administration du Hamas.

La guerre a déplacé la majorité des quelque 2,4 millions d'habitants de Gaza et provoqué une catastrophe humanitaire majeure.

L'Algérie a présenté mardi au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution exigeant un cessez-le-feu "immédiat" et l'arrêt de l'offensive à Rafah.

Et dans un entretien téléphonique avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Emmanuel Macron a "souligné la détermination de la France à travailler avec l'Algérie et ses partenaires au Conseil de sécurité" de l'ONU "pour que celui-ci s'exprime fortement sur Rafah".

Le projet algérien a été distribué à l'occasion d'une réunion d'urgence du Conseil convoquée après un bombardement israélien dimanche sur un camp de déplacés de Rafah qui a fait 45 morts, selon le ministère de la Santé à Gaza.

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