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Le nouveau chef par intérim de la diplomatie iranienne Ali Bagheri, un diplomate expérimenté proche de Khamenei

AFP , Mardi, 21 mai 2024

Ali Bagheri Kani
Le nouveau chef par intérim de la diplomatie iranienne Ali Bagheri. Photo : AFP

Le nouveau chef par intérim de la diplomatie iranienne, Ali Bagheri, nommé à ce poste lundi 20 mai après la mort de son prédécesseur, est un proche du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et un expert des négociations avec les pays occidentaux.

Le choix de Bagheri, 56 ans, n'est pas une surprise puisqu'il était depuis septembre 2021 vice-ministre des Affaires étrangères, chargé des négociations sur le dossier du nucléaire iranien.

Il a été désigné à titre provisoire après le décès du ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdolahian, dans un crash d'hélicoptère qui a également provoqué la mort du président Ebrahim Raïssi.

Dès sa nomination, Bagheri s'est entretenu avec de nombreux homologues, notamment le Saoudien, le Jordanien et le Turc, selon le ministère.

Lors de ces discussions, il a réitéré le soutien fort de la République islamique "au peuple palestinien", appelant les pays musulmans à "coopérer pour mettre immédiatement fin à la guerre à Gaza".

Né en 1967 dans le village de Kan, au nord-ouest de Téhéran, Bagheri a grandi dans une famille profondément impliquée dans la politique de la République islamique.

Son père, un religieux chiite renommé, était membre de l'Assemblée des experts chargée de sélectionner le guide suprême. Son oncle, Mohammad Reza Mahdavi Kani, a ensuite dirigé le même organisme.

- Discussions avec Washington -

Ali Bagheri est considéré comme étant proche de l'ayatollah Ali Khamenei, qui est le beau-père de son frère.

Il a commencé sa carrière au sein des Affaires étrangères dans les années 1990 avant de devenir un membre clé de l'équipe des négociateurs iraniens du dossier nucléaire de 2007 jusqu'à 2013.

Après la conclusion de l'accord avec les grandes puissances en 2015, Bagheri avait reproché à plusieurs reprises à l'ancien gouvernement modéré du président Hasan Rouhani d'avoir accepté des restrictions au programme nucléaire du pays et d'avoir permis à des "étrangers" d'accéder aux sites iraniens.

Toutefois, en septembre 2023, Ali Bagheri a défendu les négociations avec l'Occident et critiqué "ceux qui, sous couvert de défense des valeurs, tentent de donner à la négociation un aspect antivaleurs".

Ces individus "veulent en réalité priver la République islamique d'un outil clé et important pour garantir les intérêts nationaux", avait-il déclaré, cité par des médias locaux.

Les négociations sont au point mort depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien en 2018, à l'initiative du président d'alors, Donald Trump.

Le journal Financial Times a rapporté en mars que Bagheri avait mené début 2024 des discussions indirectes avec les Etats-Unis à Oman en pleine guerre de Gaza.

Dans le cadre de ces négociations, Bagheri a été impliqué dans les discussions sur un échange de prisonniers survenu en septembre 2023.

Lundi, Téhéran a confirmé que les négociations indirectes avec Washington se poursuivaient en dépit des tensions entre les deux pays qui n'ont pas de relations diplomatiques.

 

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