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Meurtre d'un opposant en Ethiopie: 13 personnes arrêtées

AFP , Vendredi, 12 avril 2024

Le parti d'opposition Front de libération Oromo (OLF) accuse le gouvernement d'avoir arrêter son leader le soir avant sa mort.

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Archives - Des agents de la police fédérale. Photo : AFP

La police éthiopienne a annoncé avoir arrêté 13 personnes soupçonnées d'être impliquées dans le meurtre dans la nuit de mardi à mercredi d'un influent opposant éthiopien en Oromia, a rapporté jeudi soir le média officiel de cet Etat régional.

Bate Urgessa, 41 ans, dirigeant du Front de libération Oromo (OLF), parti d'opposition légalement enregistré, a été retrouvé mort mercredi matin, tué par balles à Meki, localité à environ 150 km au sud de la capitale Addis Abeba, avait annoncé mercredi à l'AFP un porte-parole de son parti.

Ce porte-parole, Lemi Gemechu, avait précisé que M. Bate avait été arrêté mardi soir dans un hôtel par des membres de "forces gouvernementales", sans autre précision.

Tariku Dirbaba, chef de la police de la zone administrative de l'est-Shoa où se trouve Meki "a indiqué qu'une cellule d'enquête avait été mise sur pied pour enquêter sur le meurtre de Bate Urgessa" et que "treize suspects avaient été déjà été arrêtés", rapporte l'Oromia Broadcasting Network (OBN), média du gouvernement régional.

Aucun détail n'a été fourni sur l'identité des suspects arrêtés.

Plus vaste et plus peuplée région d'Ethiopie, l'Oromia est en proie depuis 2018 à une insurrection armée violemment réprimée, accompagnée de tueries communautaires aux auteurs non clairement identifiés.

La Commission éthiopienne des droits humains (EHRC), institution publique mais statutairement indépendante, a réclamé "une enquête rapide, impartiale et exhaustive" sur ce meurtre "afin que les responsables rendent des comptes"

L'ambassadeur de l'Union européenne (UE) en Ethiopie, Roland Kobia, son homologue britannique Darren Welch et le bureau Afrique du département d'Etat américain ont relayé sur X l'appel de l'EHRC à enquêter sur le meurtre de M. Bate, rappelant la nécessité que "la justice et des comptes soient rendus".

Bate Urgessa avait été libéré sous caution le 6 mars, après 15 jours de détention consécutive à son arrestation à Addis Abeba en compagnie d'un journaliste français, Antoine Galindo, libéré une semaine auparavant.

Illégal et doté d'une aile militaire jusqu'en 2018, l'OLF a abandonné la lutte armée contre une amnistie, une reconnaissance légale et le retour d'exil de ses dirigeants, à la faveur de l'ouverture de l'espace politique ayant accompagné l'arrivée au pouvoir de l'actuel Premier ministre Abiy Ahmed - lui-même oromo par son père.

Mais l'OLF accuse depuis le gouvernement de M. Abiy d'avoir fermé nombre de ses bureaux, entravé sa participation aux élections et emprisonné plusieurs de ses responsables, pour certains incarcérés depuis plusieurs années sans jugement.

Refusant d'abandonner les armes en 2018, une partie de l'OLF a fait scission et créé l'Armée de libération oromo (OLA).

Classée "organisation terroriste" en Ethiopie, l'OLA combat depuis les forces fédérales et celles du gouvernement régional en Oromia, région d'environ 40 millions d'habitants essentiellement oromos.

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