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Déclarations de Lula sur Gaza: la crise entre Israël et le Brésil s'aggrave

AFP , Mardi, 20 février 2024

Lula
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva prononce un discours lors de l'ouverture de la 37e session ordinaire de l'Assemblée de l'Union africaine au siège de l'Union africaine, à Addis-Abeba, en Éthiopie. Photo : AFP

La crise diplomatique provoquée par les déclarations du président brésilien Lula comparant la guerre à Gaza à la Shoah s'est envenimée lundi, Lula étant désormais "persona non grata" en Israël, dont l'ambassadeur a été convoqué par le gouvernement de Brasilia.

Le président Luiz Inacio Lula da Silva a provoqué une tempête en accusant dimanche Israël de commettre un "génocide" des Palestiniens dans la bande de Gaza, dressant une comparaison entre l'offensive israélienne et l'extermination des Juifs par les nazis.

Après ces déclarations, le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, a fait savoir lundi que Lula était persona non grata en Israël "jusqu'à ce qu'il présente des excuses et retire ses propos".

Il a fait cette annonce lors d'une visite au mémorial de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem, où il avait convoqué l'ambassadeur brésilien en Israël, Frederico Meyer.

"Les propos tenus par le président brésilien Lula lorsqu'il a comparé la juste guerre de l'Etat d'Israël contre le Hamas, qui a assassiné et massacré des Juifs, à Hitler et aux nazis sont une honte et une attaque antisémite grave contre le peuple juif et l'Etat d'Israël", a ajouté M. Katz.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait dénoncé dimanche des propos "honteux et graves".

De son côté, le ministre brésilien des Affaires étrangères Mauro Vieira a répliqué en convoquant lundi l'ambassadeur israélien au Brésil, Daniel Zonshine, à Rio de Janeiro.

Lors de cette rencontre, qui s'est déroulée dans une ambiance "tendue mais correcte", M. Vieira a "manifesté son mécontentement quant au traitement réservé à l'ambassadeur et au président aujourd'hui (lundi) à Jérusalem", a indiqué à l'AFP une source diplomatique.

L'ambassadeur brésilien en Israël Frederico Meyer, qui est attendu mardi au Brésil après avoir été rappelé pour consultations, a notamment dû assister à une "conférence de presse en hébreu, sans interprète, sans savoir ce qui était dit", selon la même source.

Satisfecit du Hamas 

"Ce qui se passe dans la bande de Gaza n'est pas une guerre, c'est un génocide", avait déclaré Lula à la presse depuis Addis Abeba, en Ethiopie, où il assistait à un sommet de l'Union africaine.

Ces déclarations sont les plus virulentes jamais formulées sur le conflit en cours entre Israël et le Hamas par Lula, éminente voix du Sud dont le pays assure actuellement la présidence tournante du G20.

Le Hamas a salué dans les propos de Lula "une description exacte de ce que (son) peuple subit" à Gaza, qui révèle "l'énormité du crime" commis par Israël.

Le président brésilien de gauche, âgé de 78 ans, avait condamné les attaques du 7 octobre. Mais il s'est depuis lors montré très critique à l'égard de la campagne militaire d'Israël.

Les offensives israeliennes à Gaza ont tué au moins 29.092 personnes, en grande majorité des civils, selon le ministère palestinien de la Santé à Gaza.

La droite brésilienne a aussi fustigé les propos de Lula, qui ont beaucoup choqué dans la puissante communauté évangélique, farouchement pro-Israël.

"Lula n'a pas seulement démontré son ignorance de l'histoire, il a exposé au monde entier la haine qu'il a dans son coeur contre l'Etat d'Israël", a réagi sur X le parlementaire Eduardo Bolsonaro, fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro.

L'épouse de Lula a assuré sa défense.

Sa déclaration polémique "se référait au gouvernement génocidaire et non au peuple juif", a commenté Rosangela da Silva, dite "Janja", en ciblant les autorités israéliennes.

Elle a exprimé sa "fierté" à l'égard de son mari qui, "depuis le début de ce conflit dans la bande de Gaza, a défendu la paix et principalement le droit à la vie des femmes et des enfants, qui forment la majorité des victimes".

*Article modifié par Ahraminfo

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