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Boubacar Diallo : Nous devons parler le même langage économique

May Atta , Mercredi, 29 mai 2024

S.E. M. Boubacar Diallo, ambassadeur de la République du Mali au Caire, estime que pour réaliser le bien-être des populations africaines, il faut travailler sur les secteurs-clés du développement africain.

Boubacar Diallo
(Photo : Ahmad Agami)

Au seuil du 61e anniversaire de l’Union Africaine (UA), il est important de parler de la vision du Mali pour l’avenir de l’Afrique. Nous nous préparons à célébrer joyeusement cette occasion avec tous nos frères africains. Ma vision de l’Afrique se traduit par la Vision de l’UA 2063. Cette vision s’inspire du rêve de voir une Afrique en paix, une Afrique prospère et une Afrique où toutes les communautés évolueront harmonieusement au sein d’un continent souverain, favorisées par une croissance économique accélérée. Cependant, sa réalisation se heurte à de nombreux défis auxquels l’Afrique est confrontée. Parmi les plus importants figurent les défis politiques, les questions de gouvernance, la croissance démographique galopante, l’éradication de la pauvreté, la gestion de l’eau et, bien sûr, les bouleversements environnementaux liés au changement climatique qui affecte l’ensemble de la planète. Et pour permettre une intégration effective des pays africains, nous devons nous unir, c’est-à-dire unir nos forces et parler le même langage économique. Créons de grands ensembles économiques, car l’Afrique regorge de potentialités. Ces grands ensembles économiques doivent également s’approprier et promouvoir la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf), ce cadeau inestimable que Dieu nous a fait.

La ZLECAf : Un partenariat gagnant-gagnant

Ici, il convient de remercier Son Excellence le président Abdel Fattah Al-Sissi pour sa vision éclairée. En Egypte, nous développons cette vision afin de permettre aux autres pays africains de s’y associer et de conjuguer leurs efforts pour faire de la ZLECAf une réalité. En effet, la ZLECAf représente un immense potentiel pour les populations africaines. Elle nous permettra de procéder à des échanges commerciaux dans un esprit de partenariat gagnant-gagnant, que ce soit pour les produits nationaux ou pour ceux provenant des autres pays membres de la ZLECAf, qui compte 55 Etats.

Et il faut retenir que pour pouvoir atteindre des objectifs aussi importants pour le bien-être des populations africaines, nous devons nous atteler à travailler sur les secteurs-clés du développement africain. Cela se traduit notamment par la production pétrolière. Il y a aussi le fait que l’Afrique regorge de matières premières. Ces opportunités s’ouvrent à nous après avoir acquis notre souveraineté économique. Nous pouvons alors parler sur la scène internationale, car l’Afrique est un marché. L’Afrique est jeune : à l’horizon 2050, la population africaine atteindra les 2 milliards d’habitants. Et forte de cette masse populaire, l’Afrique se révèle comme un nouveau marché prometteur. Les citoyens africains, désormais maîtres de leur destin, peuvent s’associer à tous les partenaires pour façonner leur avenir.

Il est toutefois crucial de reconnaître que nous traversons une période semée d’embûches, marquée par des défis tels que la gestion des crises politiques et géopolitiques internationales, ainsi que la reconfiguration stratégique des puissances étrangères.

Vers une coopération renforcée

Face à ces enjeux, l’Afrique doit impérativement se serrer les coudes pour concrétiser le rêve africain. En ce qui concerne la coopération bilatérale entre la République arabe d’Egypte et le Mali, je peux dire merci vraiment. Tout ce que nous vivons aujourd’hui démontre que l’Egypte est un miroir pour la République du Mali. L’Egypte est un peuple frère pour le Mali. Cette illustration parfaite s’est concrétisée durant la crise malienne. Lors de la mission onusienne de maintien de la paix, l’Egypte a déployé un contingent de plus de 1 150 soldats. Ils sont restés sur le territoire malien et certains de ces soldats de la paix ont perdu la vie ici. Je rends un hommage particulier au peuple égyptien pour le sacrifice humain consenti pour aider la République du Mali à retrouver le chemin de la souveraineté.

Je suis confiant et conscient de l’excellence de la coopération bilatérale entre nos deux pays. En collaboration avec les responsables de la transition, les plus hautes autorités du Mali sous la vision de S.E. le colonel Assimi Goïta, nous travaillons main dans la main avec le gouvernement égyptien. La récente visite des ministres des Finances, de la Défense, du Culte et de nombreux autres en est un témoignage. Nous fondons un espoir total sur la coopération bilatérale avec la République d’Egypte, et je suis convaincu que dans les prochaines années, mois et semaines, nous tiendrons la prochaine commission mixte pour tracer notre coopération sur les trois axes prioritaires sur lesquels le Mali travaille pour la réussite de cette coopération bilatérale entre nos pays.

Un modèle de développement à suivre

L’expérience malienne en matière de développement, comme les pères fondateurs l’ont fait au début de la naissante Union africaine le 25 mai 1963, est un modèle à suivre. La première conférence s’est tenue ici en Egypte en 1964. A cette époque, les Maliens vivaient en harmonie et en paix. Nous avions toutes les sociétés pharmaceutiques et industrielles nécessaires au bien-être des Maliens, juste après l’indépendance des jeunes Etats africains. Mais avec l’ingérence des politiques extérieures, nous avons vu la main du diable derrière nous nous guider. Dieu merci, aujourd’hui, on peut dire « Alhamdoulillah ». Nous allons travailler pour retrouver notre souveraineté pour le bien-être des populations, tout en prenant en compte nos intérêts stratégiques et vitaux. Nous sommes prêts à travailler avec tous les pays, plus particulièrement avec l’Egypte, pour le bien-être de nos populations africaines.

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