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Jean-Baptiste Kasongo Musenga : Le plus grand problème est le handicap sur le plan financier et celui des infrastructures

May Atta , Mercredi, 29 mai 2024

S.E. M. Jean-Baptiste Kasongo Musenga, ambassadeur de la République Démocratique du Congo (RDC) au Caire, revient sur le potentiel du continent en ressources naturelles et le défi de les transformer en développement.

Jean-Baptiste Kasongo Musenga
(Photo : Tamer Abdin)

L’Afrique est un continent d’avenir et de beaucoup d’espoirs. Car avec sa population très jeune et ses ressources riches, elle offre un réel potentiel pour le développement. C’est une réalité indéniable. Je le dis parce que non seulement la population est jeune, mais l’Afrique dispose également d’immenses ressources naturelles qui peuvent être mises au service de l’humanité et du développement des industries. L’Afrique n’en manque pas. Cependant, le défi réside dans la transformation de ces ressources naturelles en produits finis ou en produits réellement utiles aux populations. Cela ne sera possible qu’à la condition de zones de paix, de financements disponibles et de mise en place d’infrastructures adéquates. J’estime qu’en 2024, nous serons en mesure de réaliser un bon bond en avant pour concrétiser ce développement. L’intégration, c’est le souhait de tous. Nous voulons tous un continent pleinement intégré, où toutes les nations se retrouvent dans un système de libre-échange sans droits de douane. Cependant, il y a quelques préalables pour que cette vision puisse devenir une réalité. Notamment, il faut établir un climat de confiance entre les Etats.

Défi de la transformation des matières premières

En fait, tous les secteurs sont prometteurs car l’Afrique est un continent où les potentiels n’ont pas encore été mis en valeur. Nous connaissons beaucoup plus l’Afrique pour son potentiel minier, car c’est un continent ayant d’immenses réserves en termes de minerais. Mais il n’y a pas que les minerais qui se trouvent en Afrique : nous avons l’eau, la biodiversité, la faune et la flore. Cependant, nous manquons d’infrastructures. Le plus grand problème est le handicap sur les plans des infrastructures, financier et de la main-d’oeuvre. Si, par exemple, nous devions mettre en valeur nos ressources afin de développer le secteur des infrastructures, ce serait déjà un bon pas. Et puis, nous avons l’éducation, qui est le thème de cette année 2024, pour avoir un peuple capable de transformer les ressources naturelles et les matériaux bruts en produits finis afin que cela puisse servir au développement du continent.

Nous sommes confiants que la République Démocratique du Congo (RDC), une fois son développement atteint, contribuera valablement au développement de toute l’Afrique car elle dispose de nombreuses ressources, comme vous le savez. La RDC possède à elle seule près de 80 millions d’hectares de terres arables. Elle possède aussi un fleuve de plus de 4 300 km de long, le deuxième fleuve le plus puissant d’Afrique, et la forêt la plus dense d’Afrique, la forêt équatoriale qui est la deuxième forêt tropicale après l’Amazonie. Donc, avec tous ces potentiels, nous sommes en mesure de mettre en valeur toutes ces ressources pour servir au développement.

Des relations fraternelles

Les relations entre la RDC et l’Egypte sont au beau fixe. Nos deux présidents, le président Abdel Fattah Al-Sissi et le président Félix Tshisekedi, sont d’abord en très bonne relation. En fait, l’Egypte est considérée par la RDC non comme un pays partenaire mais comme un pays frère. Pourquoi frère ? Parce qu’un frère c’est celui qui, quand vous êtes en difficulté, peut vous secourir à tout instant, même à minuit, pas simplement pendant la journée. Nous avions connu un problème lors des élections de décembre 2023 et nous avions besoin d’aide. Nous étions en manque de logistique pour la distribution des kits électoraux et nous avions demandé de l’aide à plusieurs pays. L’Egypte nous est venue en aide en un rien de temps. L’Egypte nous a accordé quelques aéronefs et cela a permis de dispatcher nos kits électoraux. Les élections ont eu lieu le jour et à l’heure prévus, sans retard. C’était une première que les élections aient lieu chez nous sans retard, même d’une journée. Récemment, nous avons reçu la visite du vice-premier ministre et ministre de la Défense ici en Egypte. Il a signé un protocole d’accord avec l’Egypte. Donc, nos relations, notamment la coopération militaire entre la RDC et l’Egypte, sont également au beau fixe. Nous avons aussi la coopération culturelle, notamment à travers l’éducation. Il y a beaucoup de Congolais qui suivent des enseignements ici, à l’Université d’Al-Azhar et dans d’autres universités. Donc, nous jouissons de très bonnes relations.

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