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Transactions en devises étrangères : Les obstacles levés

May Atta , Mercredi, 13 mars 2024

La Banque Centrale d’Egypte (BCE) a supprimé les restrictions sur les limites de paiement en devises étrangères des cartes de crédit. Une mesure largement saluée.

Transactions en devises étrangères : Les obstacles levés

Cela fait environ un an que des restrictions sont imposées sur l’usage des cartes de crédit à l’étranger ou pour payer en devises étrangères. Ce ne sera plus le cas. La décision a été prise par la Banque Centrale d’Egypte (BCE) le 6 mars, dans la foulée d’un programme de réforme économique plus large mis en oeuvre par la BCE et le gouvernement, avec le soutien de partenaires internationaux. Pourquoi lever les restrictions maintenant ? Cette décision a été prise suite à une récente augmentation des réserves en dollar due en grande partie à l’investissement record de 35 milliards de dollars dans le mégaprojet de développement de Ras Al-Hikma entre l’Egypte et la compagnie émiratie Abu Dhabi Developmental Holding Company (ADQ). En parallèle, l’Egypte a signé un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI) le même jour, pour obtenir un prêt supplémentaire de 5 milliards de dollars. En conséquence, la BCE a décidé que le taux de change sera déterminé librement en fonction du marché.

Cette décision a permis aux banques d’augmenter le plafond de paiement des cartes de crédit en devises étrangères. Chaque banque fixe son propre plafond en fonction de ses politiques et de sa situation financière. Selon les experts, la libéralisation du taux de change donne une plus grande liberté aux banques d’augmenter le plafond de paiement des cartes de crédit en devises étrangères et ce, d’autant plus que le taux de change pratiqué par les banques s’aligne désormais sur celui du marché noir. « Avant cette décision, l’écart entre le taux de change officiel du dollar et celui du marché noir était d’environ 30 L.E. Ce qui entraînait des pertes fiscales. C’est pourquoi le gouvernement avait mis en place des restrictions sur les cartes de crédit en devises étrangères afin d’éliminer les arriérés de change dans les banques », explique Hany Amer, co-responsable du département d’analyse d’actions au sein d’une société de courtage. « Après le flottement, le consommateur qui effectue des achats à l’étranger via sa carte de crédit paie désormais à la banque la valeur juste du dollar. En conséquence, le maintien des restrictions n’est plus nécessaire », explique-t-il.

Des restrictions autrefois nécessaires

Cette décision fait suite à une période de restrictions mises en oeuvre par la BCE tout au long de l’année écoulée pour lutter contre l’utilisation abusive des cartes de crédit pour les retraits d’espèces à l’étranger. En octobre 2023, face à la pénurie de dollars, la BCE avait mis en place une limite mensuelle de 250 dollars sur les transactions par carte. Deux mois après, en décembre 2023, un groupe de banques égyptiennes dont la Banque Nationale d’Egypte (NBE), la Banque Misr et la Banque commerciale internationale (CIB), ont suspendu les transactions internationales pour les cartes de crédit nouvellement émises pendant une période pouvant aller jusqu’à six mois à compter de la date d’émission. En janvier 2024, de nouvelles limites ont été annoncées par les banques. « Ces restrictions étaient d’une grande importance », explique Amer, car plusieurs petits commerçants utilisaient leurs cartes de crédit pour acheter des produits de l’étranger avec le prix de la banque qui ne dépassait pas les 31 L.E. pour ensuite les vendre avec le prix du marché noir supérieur à 60 L.E. « Le prix du dollar fluctuait chaque jour en fonction de l’offre et de la demande. De ce fait, les clients examinaient attentivement leurs besoins avant d’acheter et ne pouvaient plus profiter d’une différence de valeur entre la banque et le marché noir », ajoute l’expert. D’autre part, la suppression des restrictions permet de résoudre plusieurs problèmes pour les personnes qui ont besoin d’utiliser leurs cartes de crédit pendant leurs voyages, notamment les touristes, les étudiants ou les patients qui se font soigner à l’étranger, comme l’explique l’économiste Rachad Abdo. « Cette décision renforce la confiance dans l’économie égyptienne. Ce type de décision encourage les investisseurs étrangers à investir en Egypte », conclut-il.

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