Jeudi, 13 juin 2024
Dossier > Dossier >

Les handicapés en Egypte, droits et chiffres-clés

May Atta , Mercredi, 28 février 2024

Les handicapés en Egypte, droits et chiffres-clés

Définition de la personne handicapée

La définition des personnes handicapées varie légèrement d’une convention internationale à une autre. La loi égyptienne se conforme à la définition de la Convention relative aux droits des personnes handicapées et adoptée par l’Assemblée générale des Nations-Unies en 2006, qui décrit les personnes handicapées comme des individus présentant « des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables, dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres ». Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une personne handicapée est définie comme « toute personne dont l’intégrité physique ou mentale est passagèrement ou définitivement diminuée, soit congénitalement, soit sous l’effet de l’âge ou d’un accident, en sorte que son autonomie et son aptitude à fréquenter l’école ou à occuper un emploi s’en trouvent compromises ». La loi égyptienne n° 10 de 2018 relative aux droits des personnes handicapées définit, quant à elle, une personne handicapée comme « toute personne confrontée à un handicap physique, sensoriel, mental ou psychologique, temporaire ou permanent, l’empêchant de participer pleinement et efficacement à la vie sociale et économique ».

 Types de handicap

Les personnes handicapées sont classées selon le type de handicap et de déficience :

— Handicap moteur : cinq types, y compris la paralysie cérébrale, l’atrophie musculaire, les malformations congénitales ou génétiques et d’autres conditions pathologiques non causées.

— Handicap mental : Un état d’arrêt ou d’inachèvement du développement mental qui affecte le niveau général d’intelligence, les capacités cognitives, linguistiques, motrices et sociales. Le retard peut se produire avec ou sans autre trouble psychologique ou physique.

— Handicap visuel : Une déficience visuelle allant de la cécité totale à la cécité partielle.

— Handicap auditif : un état qui varie entre la surdité, la perte auditive sévère et la perte auditive légère. Les signes peuvent être apparents ou cachés, ce qui peut entraîner des problèmes dans la vie de l’enfant sans que la cause soit connue.

 Droits des personnes handicapées dans la Constitution égyptienne

La Constitution égyptienne de 2014 consacre huit articles aux personnes handicapées, ceux portant les numéros 53, 54, 55, 80, 81, 181, 214 et 244. Ces articles soulignent l’importance d’une protection renforcée des personnes handicapées par l’Etat. Par exemple, l’article 53 stipule que « les citoyens sont égaux devant la loi en droits, en libertés et en devoirs publics, sans discrimination ... La discrimination et l’incitation à la haine sont des crimes pénalisés par la loi ». L’article 81 précise que « l’Etat s’engage à garantir les droits des personnes handicapées et des nains, sur les plans sanitaire, économique, social, culturel, de loisirs, sportif, éducatif et d’emploi. Il leur réserve un quota d’emplois, adapte les infrastructures publiques et l’environnement les entourant et leur permet d’exercer tous leurs droits politiques, en veillant à leur intégration dans la société, conformément aux principes d’égalité, de justice et d’égalité des chances ».

Conventions internationales sur le handicap

La Déclaration universelle de 1969 sur le progrès et le développement dans le domaine social a appelé les Etats et les gouvernements à adopter des mesures appropriées pour la réadaptation des personnes handicapées afin de leur permettre de participer au processus de production et de développement dans leurs sociétés selon leurs capacités. La Déclaration des Nations-Unies sur les droits des personnes handicapées de 1975, considérée comme la première charte internationale relative aux droits des personnes handicapées, leur a donné le droit aux mesures visant à leur permettre d’atteindre le plus haut degré d’autonomie possible.

L’Egypte a ratifiée en 2004 la Convention n° 159 de 1983 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur la réadaptation professionnelle et l’emploi des personnes handicapées. Quant à la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989, elle a souligné la nécessité pour les Etats parties de reconnaître le droit de l’enfant handicapé, mental ou physique, à une vie pleine et décente dans des conditions qui garantissent sa dignité, renforcent son autonomie et facilitent sa participation effective à la société.

Droits des personnes handicapées dans la loi égyptienne

 La loi n° 39 de 1975 sur la réadaptation, modifiée par la loi n° 49 de 1982, a augmenté le quota d’emploi pour les travailleurs handicapés de 2 % à 5 %. La loi n° 10 de 2018 sur les droits des personnes handicapées interdit la discrimination fondée sur le handicap : interdiction de toute discrimination fondée sur le handicap, le type de handicap ou le sexe de la personne handicapée, suppression de tous les obstacles qui empêchent les personnes handicapées de jouir de leurs droits et réduction des heures de travail dans toutes les administrations publiques d’une heure par jour rémunérée pour les travailleurs handicapés.

 Répartition des personnes handicapées par gouvernorat

Le taux de personnes handicapées varie d’un gouvernorat à l’autre en Egypte. D’après l’enquête nationale sur le handicap réalisée par l’Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques (CAPMAS) en 2023, les personnes souffrant de handicap représentent 11,2 % de la population. La fréquence des handicapés est plus élevée dans les zones urbaines (12,7 %) que dans les zones rurales (9,7 %). Le gouvernorat de Charqiya arrive en première position, avec un taux de 7,5 % du nombre total de personnes handicapées dans le pays, suivi par celui de Damiette (7 %), puis Daqahliya (6,2 %), Alexandrie (5,5 %) et Béni-Soueif (5,3 %). Les gouvernorats avec les taux les plus faibles de personnes handicapées sont Assiout (2,9 %), Matrouh (2,6 %), la mer Rouge (2,1 %) et le Sud -Sinaï (1,8 %).

Répartition par sexe et par âge

D’après les résultats publiés par la CAPMAS, le taux de personnes souffrant d’un handicap « de grand à absolu » en Egypte a atteint 4,8 % de la population totale en 2022. Cette proportion est plus élevée dans les zones urbaines (5,1 %) que dans les zones rurales (4,7 %). Elle est également légèrement plus élevée chez les femmes (4,9 %) que chez les hommes (4,82 %).

 Répartition par type de handicap

Les statistiques indiquent que les difficultés de motricité inférieure (grande ou absolue) sont le type de handicap le plus répandu en Egypte (2,65 %), suivi par la difficulté visuelle (1,36 %), la difficulté à prendre soin de soi (1,41 %) et la difficulté de motricité supérieure (0,78 %). Les taux les plus bas concernent les troubles psychologiques (0,20 %) et les difficultés d’apprentissage (0,08 %).

 Niveau d’éducation et situation professionnelle

 Environ 49,9 % des personnes handicapées en Egypte sont analphabètes, tandis que la proportion de personnes qui savent lire et écrire est de 10,3 %. Environ 17,1 % ont terminé leurs études secondaires, alors que 5,2 % seulement ont obtenu un diplôme universitaire ou supérieur.

Concernant l’emploi et le statut professionnel des handicapés âgés de 15 à 64 ans, 72,4 % des personnes handicapées de degré grave à profond ne travaillent pas. Les femmes handicapées sont les plus touchées par le chômage, avec un taux de 90,4 %. Par ailleurs, selon les statistiques, environ 15,8 % des personnes handicapées de degré grave à profond ne souhaitent pas travailler en raison de l’absence de transports adaptés à leurs besoins. 41,8 % des personnes handicapées de degré grave à profond qui sont au chômage souhaitent travailler dans le domaine administratif, 23,5 % d’entre elles souhaitent travailler dans le secteur artisanal ou professionnel et 9,2 % souhaitent travailler dans le domaine commercial.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique