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Le nouvel essor du secteur de l’hôtellerie

Dalia Farouq , Mercredi, 24 janvier 2024

Le gouvernement s’apprête à dynamiser le secteur de l’hôtellerie, vital pour la promotion du tourisme en Egypte. Le plan comprend notamment la vente de certains établissements historiques et la rénovation des anciens hôtels. Explications.

Le nouvel essor du secteur de l’hôtellerie

14,9 millions de touristes ont visité l’Egypte en 2023. Ce chiffre record pour le secteur du tourisme en Egypte a été publié cette semaine par le ministère du Tourisme et des Antiquités. Cette croissance du secteur a incité les responsables du tourisme en Egypte à accorder plus d’importance à l’hôtellerie. Conscient de l’importance de ce secteur comme l’une des principales sources de revenus, le gouvernement égyptien tente par tous les moyens de stimuler cette industrie cruciale pour l’économie du pays. Partant de ce fait, il a lancé une nouvelle initiative visant à encourager les compagnies opérant dans le tourisme à étendre leurs investissements et leurs activités, notamment à travers la construction et l’exploitation de nouvelles chambres d’hôtels dans des régions touristiques comme Le Caire, Louqsor, Assouan, la mer Rouge et la Côte-Nord. L’initiative prévoit d’allouer 50 milliards de L.E. (environ 1,61 million de dollars) au secteur privé pour l’aider à augmenter la capacité hôtelière, à développer les hôtels existants et à rehausser leur efficacité opérationnelle.

Le Conseil des ministres a précisé dans un communiqué de presse que la création de 15 000 nouvelles chambres d’hôtels générerait environ 1 à 2 milliards de L.E. en TVA (taxe sur la valeur ajoutée) et contribuerait à la hausse des bénéfices économiques et industriels de 2 milliards de L.E. Une fois que ces chambres seraient entrées en service, elles généreraient près de 45 000 opportunités d’emploi direct et indirect.

Le ministre du Tourisme et des Antiquités, Ahmed Issa, s’est fixé l’objectif ambitieux d’atteindre 30 millions de touristes par an et 30 milliards de dollars de recettes touristiques d’ici 2028. Pour ce faire, de vastes investissements seraient nécessaires pour développer notamment les capacités hôtelières de l’Egypte encore restreintes. Le ministre estime qu’il serait nécessaire d’ajouter 300 000 nouvelles chambres. D’autres investissements seraient destinés à améliorer la qualité de l’offre, des infrastructures hôtelières et du service présenté afin d’améliorer l’expérience touristique. « La capacité limitée des hôtels en Egypte est l’une des entraves à la croissance du tourisme dans le pays. En 2019, la capacité hôtelière de l’Egypte s’élevait à 205 000 chambres. On a profité de la période des restrictions de voyage dans le monde à cause de la crise du Covid-19 pour ajouter près de 6 000 chambres. Celles-ci ont été mises en service une fois que les restrictions de voyage ont été levées en 2021. Le chiffre est passé à près de 220 000 chambres en 2023 », explique Abdel Fattah Al-Assi, ancien président du secteur des hôtels au ministère du Tourisme. Et d’ajouter que la capacité hôtelière actuelle en Egypte peut accueillir entre 15 et 16 millions de touristes. Pour atteindre l’objectif d’attirer 30 millions de touristes qui va de pair avec la Vision de l’Egypte 2030, une augmentation de 100 % de la capacité hôtelière est indispensable.

Coup de pouce au secteur privé

Selon Alaa Hassan, membre de la Chambre des hôtels, l’initiative nationale a pour objectif de dynamiser le secteur privé dans l’industrie touristique, d’augmenter les réserves en devises étrangères du gouvernement et de réduire le chômage. « Cette initiative vient au moment adéquat, puisque le tourisme égyptien commence à reprendre des couleurs et ses chiffres sont prometteurs », souligne Hassan. Et d’ajouter qu’à peine la crise du Covid-19 est terminée, le tourisme égyptien a souffert des répercussions de la guerre russo-ukrainienne et finalement de celles de la guerre à Gaza qui arrive à un moment où les arrivées touristiques en Egypte témoignent d’une croissance importante. « Raison pour laquelle les dettes des hôtels et des établissements touristiques se sont accumulées, ce qui a beaucoup influencé les infrastructures des établissements touristiques, la qualité des services offerts et le niveau du personnel travaillant dans le secteur », explique Hassan.

L’initiative gouvernementale entre en vigueur à partir du 1er janvier jusqu’au 31 décembre 2024. Elle permet d’offrir à chaque entreprise du secteur jusqu’à 1 milliard de L.E. de financement en fonction du volume des affaires de chacune d’elles. Chérif Amin, membre de la Chambre des hôtels, salue l’initiative qui aidera particulièrement les hôtels à renouveler leurs infrastructures et leurs équipements. Elle aidera aussi les entreprises de transport touristique à renouveler leurs flottes. « Cette initiative permettra d’augmenter la capacité hôtelière en Egypte afin de répondre à la demande croissante. En outre, elle donnera la chance aux hôtels d’obtenir des prêts, ce qui les aidera à rénover leurs infrastructures et à former le personnel du secteur. Et ce, afin de présenter un service de qualité qui sera certainement une valeur ajoutée au tourisme égyptien et qui permettra aux destinations touristiques égyptiennes de faire concurrence à celles de la région », poursuit-t-il.

Quant à Atef Abdel-Latif, membre des associations des investisseurs touristiques de Marsa Alam (mer Rouge) et du Sud-Sinaï, il explique que pour que le secteur puisse travailler avec toute sa capacité en 2024, tous les secteurs gouvernementaux doivent aider les investisseurs à profiter de l’initiative du Conseil des ministres, notamment le ministère du Tourisme et des Antiquités, celui des Finances et la Banque Centrale d’Egypte. « L’initiative actuelle est conforme à la stratégie touristique gouvernementale qui accorde un rôle central au secteur privé dans le développement du tourisme », reprend Abdel-Latif. Dans le même ordre d’idées, l’Etat prévoit de se retirer progressivement de ce secteur pour attirer les investisseurs locaux et étrangers et les soutenir dans le cadre du plan d’investissement annoncé en février 2023. « Les professionnels du tourisme aspirent à plus de facilités de crédit pour aider les entreprises et les hôtels à poursuivre leurs investissements et leur développement, afin de présenter une offre touristique digne du nom de l’Egypte », conclut Abdel-Latif.

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