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Lac Nasser : D’une pierre deux coups

May Atta , Mercredi, 17 janvier 2024

Formé après la construction du Haut-Barrage, le lac Nasser a permis à l’Egypte de faire une péréquation entre les années excédentaires et déficitaires de la crue du Nil et d’étendre la superficie de ses terrains agricoles. Focus.

Lac Nasser : D’une pierre deux coups

L’immense lac créé dans les années 1960 en Haute-Egypte a modifié la vie de millions d’Egyptiens en assurant la pérennité des systèmes de production agricole. Il s’agit du lac Nasser qui représente un immense réservoir d’eau douce formé par la construction du Haut-Barrage d’Assouan.

Le lac Nasser est l’un des plus grands lacs artificiels du monde. Il s’étend sur près de 500 km de long sur une superficie de 5 250 km² et avec une profondeur de 180 m. Le lac retient 162 milliards de m³ d’eau. Grâce à cette capacité de stockage, il est devenu possible depuis le début des années 1970 d’effectuer une péréquation entre années excédentaires et années déficitaires. Le lac Nasser a permis d’étendre les terrains irrigués. L’eau est désormais disponible toute l’année et l’irrigation pérenne est acquise. « Avant la création du lac, le paysan ne pouvait cultiver la terre qu’une seule fois par an. Mais, grâce au lac et au climat égyptien où il n’y a pas de contraintes thermiques, chaque parcelle peut porter deux ou trois récoltes par an. Les récoltes ont donc doublé. En outre, l’Egypte a augmenté la superficie agricole à travers la bonification des terres désertiques », assure l’expert hydraulique, Abbas Sharaky.

Selon Sharaky, l’Egypte cultivait entre 5,5 millions et 6 millions de feddans avant la formation du lac Nasser. Elle a perdu plus d’un demi-million de feddans de terres agricoles du Delta du Nil menacé par les constructions illégales durant les 50 dernières années. Mais le stockage de l’eau au lac Nasser a donné lieu à une politique de bonification qui a permis de développer le secteur agricole et de résoudre le problème de l’étroitesse de la Vallée du Nil au coeur d’un immense désert. Ainsi, l’Egypte a été en mesure d’augmenter la superficie des terrains agricoles qui s’élève aujourd’hui à 10 millions de feddans dont 80 % sont irrigués par l’eau du Nil.

« Après la formation du lac Nasser, l’Egypte a pu conquérir le désert en cultivant un million et demi de feddans dans les deux provinces de Noubariya et de Amériya à l’ouest du delta, le long de l’autoroute désertique Le Caire-Alexandrie et à l’est du delta à Charqiya, le long de l’autoroute désertique Le Caire-Suez. Un demi-million de feddans ont été bonifiés aussi grâce à la rivière de Tochka dont l’eau provient du lac Nasser », ajoute Sharaky.

Le lac Nasser n’a pas seulement permis de multiplier les superficies agricoles mais il a aussi protégé l’Egypte au cours de la période de sécheresse entre 1981 et 1987. Il est aussi l’un des meilleurs endroits au monde pour la pêche ; il abrite une trentaine d’espèces de poissons et sa production est estimée à environ 25 000 tonnes par an. Des milliers de pêcheurs y travaillent.

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