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Présidentielle 2024 : Une participation historique

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mercredi, 13 décembre 2023

L’élection présidentielle a été marquée par un taux de participation sans précédent. Un facteur qui reflète une prise de conscience quant aux principaux défis auxquels l’Egypte est confrontée.

Présidentielle 2024 : Une participation historique

« L’affluence massive à l’élection présidentielle est une première qui a dépassé toutes les attentes », a affirmé le directeur de l’organe exécutif de l’Autorité Nationale des Elections (ANE), Ahmed Bendari. Un taux de participation historique a été réalisé pendant les trois jours du scrutin présidentiel tenu les 10, 11 et 12 décembre.

« L’après-midi de la deuxième journée de vote, 45 % des électeurs avaient déjà voté à l’élection présidentielle, soit un total de 30 millions d’électeurs », a déclaré Bendari. Comparé aux taux de participation des précédents élections et référendums, ce chiffre est un record absolu. A rappeler que les élections de 2018 et de 2014 avaient enregistré des taux de 42 et de 47 % respectivement.

Lors d’une conférence de presse tenue le deuxième jour du scrutin, Bendari a affirmé que vu l’affluence massive des électeurs dans tous les gouvernorats, « le stock de bulletins de vote a été épuisé dans plusieurs bureaux de vote, avant que l’ANE ne leur en ait fourni d’autres ». Et d’ajouter : « En dépit de la forte affluence des électeurs, le processus électoral s’est déroulé normalement et de manière aisée. Les bureaux de vote n’ont fermé leurs portes qu’après le départ du dernier électeur ».

Tout au long des trois jours du scrutin, le centre des opérations de l’ANE a suivi par vidéoconférence le déroulement des élections dans tous les bureaux de vote. Au niveau de la République, le vote s’est déroulé dans 11 631 bureaux de vote, situés dans les écoles, les centres de jeunesse et les établissements de santé. Ils ont accueilli les 67 millions d’électeurs dans tout le pays.

Le candidat à la présidence Hazem Omar a affirmé à la presse, devant l’un des bureaux de vote, que selon lui, cette participation sans précédent montre qu’« il y a une concurrence réelle entre les candidats ».

Selon Khaled Okacha, directeur du Centre égyptien de la pensée et des études stratégiques, qui participe à la surveillance des élections, « cette participation sans précédent reflète la prise de conscience des électeurs égyptiens quant au fait que ces élections se déroulent dans un pluralisme politique avec des garanties d’intégrité. Elle reflète de même une prise de conscience quant à l’ampleur des défis auxquels l’Egypte est confrontée à l’intérieur et à l’extérieur ».

Un scrutin sous surveillance

L’ANE a affirmé que le processus électoral était surveillé par 14 organisations et 220 observateurs internationaux, ainsi que 62 organisations locales et 22 540 observateurs locaux.

Dans un communiqué, le président de l’Organisme Général de l’Information (OGI), Diaa Rashwan, a dit que la cellule opérationnelle de l’OGI a relevé, lors du deuxième jour de l’élection, un grand nombre de rapports publiés dans des centaines de médias européens, notamment francophones.

« Il existe presque un consensus dans les médias internationaux sur la participation massive des électeurs », a déclaré Rashwan dans un rapport de l’OGI sur le processus électoral. Et d’ajouter : « La cellule opérationnelle a suivi 24h/24 les 528 correspondants étrangers et résidents accrédités pour suivre les élections. Aucune plainte ayant trait à des violations ou des infractions à l’intérieur ou à l’extérieur des bureaux de vote n’a été signalée par les observateurs ».

La sécurité nationale, principal souci

Le taux de participation a été supérieur à celui de toutes les élections que l’Egypte avait connues dans son histoire. C’est ce qu’explique le vice-directeur du Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, le politologue Ayman Abdel-Wahab. Il explique que plusieurs facteurs ont donné lieu à cette scène sans précédent. Le premier facteur qui a été le moteur de cette participation massive de la population est son souci quant à la sécurité nationale. Pour Abdel-Wahab, les événements à Gaza et les interrogations sur la sécurité au Sinaï ont mené à cette mobilisation des Egyptiens qui ont décidé de soutenir en masse leur futur président pour faire face à ce défi. « Pour les Egyptiens, la participation à cette élection présidentielle est un devoir patriotique », affirme Abdel-Wahab. Et d’ajouter : « L’élection de 2024 peut facilement être comparée à celle de 2014, où la principale motivation du peuple égyptien était de se débarrasser des Frères musulmans. Aujourd’hui, avec la crise à Gaza, les Egyptiens veulent garantir la sécurité du pays ».

Un second facteur qui ne manque pas d’importance, selon Abdel-Wahab, concerne la gestion réussie du processus électoral. L’Autorité nationale des élections a déployé de grands efforts pour faciliter le vote pour les personnes qui ont des besoins spéciaux ou pour les personnes âgées. Les opérations de vote ont été fluides et il n’y a pas eu de problèmes. « Toutes ces facilités ont encouragé les électeurs à participer », explique-t-il.

Pour le politologue, le discours des quatre candidats a été équilibré et la propagande électorale s’est faite sans excès. « Cela a conduit à une sorte de discours adressé à toutes les catégories sociales, à toutes les générations, ce qui a permis d’attirer différents segments d’électeurs. Et cela s’est fortement reflété sur la scène électorale à laquelle les jeunes, les femmes, les personnes âgées et les handicapés ont massivement participé, réalisant cette participation sans précédent », conclut Abdel-Wahab.

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