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Affluence massive au Vieux-Caire

Nasma Réda , Mercredi, 13 décembre 2023

Les Egyptiens ont voté cette semaine à l’élection présidentielle des 10, 11 et 12 décembre. Que ce soit au Caire, à Alexandrie, ou dans les autres gouvernorats, le scrutin s’est déroulé sans encombre avec une affluence massive et une présence féminine remarquable. Bilan.

Affluence massive au Vieux-Caire
(Photo : Yasser Al-Ghoul)

Au centre-ville, de Sayéda Zeinab à Mounira en passant par Al-Qasr Al-Aïni et le Vieux-Caire, l’ambiance électorale est visible dans les rues.

A 9h, des hommes et des femmes font la queue devant les bureaux de vote de l’école primaire d’Al-Sayéda Zeinab, tout près de la place qui porte le même nom. Dans ce quartier populaire, à quelques kilomètres du centre-ville, haut-parleurs et DJ sont installés près du mur de l’école et diffusent des chansons patriotiques. L’ambiance est festive. Les deux files d’attente, une pour les hommes et une autre pour les femmes, sont très longues et bloquent la rue menant à la mosquée d’Al-Sayéda Zeinab.

De jeunes bénévoles de différentes associations sont là pour organiser les files d’attente et aider les personnes âgées en leur fournissant notamment des chaises pour se reposer sur le trottoir en attendant leur tour de voter. « Nous essayons d’aider les électeurs, notamment les personnes âgées, en leur fournissant toutes les facilités. Par exemple, nous leur avons fourni des moyens de transport gratuits pour se rendre dans les bureaux de vote », souligne Yasmine, jeune bénévole de l’association Misr Al-Hadarat wal Salam (l’Egypte des civilisations et de la paix).


(Photo : Yasser Al-Ghoul)

Devant l’école d’Al-Sayéda Zeinab, les gens font la queue depuis 7h du matin, soit deux heures avant l’ouverture des bureaux de vote. « Cette élection ne ressemble pas à celles qui l’ont précédée. Les gens ont conscience de l’importance de leur participation. Cette fois-ci, il y aura à mon avis une participation record », estime Yasmine.

En dépit de sa maladie, Nabawiya Hassan est venue pour « accomplir son devoir de citoyenne ». « J’ai l’habitude de venir aux élections, surtout la présidentielle bien que je sois malade », explique cette femme de 68 ans venue en compagnie de sa voisine Soraya Samir. « Malgré la crise économique et la hausse des prix, ce qui compte pour nous c’est la sécurité et la stabilité », assure-t-elle, carte d’identité en main et une petite feuille où est inscrit son numéro sur la liste des électeurs.

Sous la tente devant la porte d’entrée de l’école, trois jeunes du parti Mostaqbal Watan, majoritaire au Parlement, cherchent les noms des électeurs sur un ordinateur portable. Leur objectif : faciliter la tâche aux électeurs et éviter les encombrements à l’intérieur du bureau de vote.

Aya Sami, une jeune électrice, est venue avec sa fille de 10 ans à l’école d’Al-Sayéda Zeinab pour voter. « C’est la première fois que je vote. Il est essentiel pour moi de contribuer à un avenir meilleur pour mon enfant », explique-t-elle. Sa soeur aînée, Entissar Sami, l’accompagne : « Voter est pour moi un droit constitutionnel que je prends très au sérieux. La situation à Gaza me préoccupe, mais je suis fière de la réaction de l’Egypte face à ces événements. Aujourd’hui, je vote pour la stabilité et la sécurité et j’essaie d’apprendre à ma nièce que voter est une chose importante ».


Les Egyptiens ont afflué en surnombre dans les bureaux de vote pour accomplir ce qu’ils considèrent être un devoir patriotique. (Photo : Yasser Al-Ghoul)

Retrouver ses anciens amis

Il est midi. A quelques mètres de là, toujours dans le quartier d’Al-Sayéda Zeinab, dans la rue d’Al-Moptadayan, se trouve l’école secondaire militaire portant le nom du Khédive Ismaïl. Les portes de l’établissement sont peintes en marron et on voit immédiatement l’affiche « Présidentielle 2024 » avec un aigle doré, emblème de l’Egypte. Dans la cour de l’école, plusieurs centaines d’électeurs se bousculent. Les pancartes de sensibilisation sont partout devant le bureau de vote.

Les listes des noms des électeurs sont accrochées sur les trois portes d’entrée des bureaux de vote. « Près de 5 000 électeurs sont inscrits dans ce bureau de vote. A 9h tapantes toutes les portes ont été ouvertes et nous avons commencé à accueillir les électeurs », explique un membre du personnel judiciaire chargé de surveiller l’élection.

L’école est devenue un lieu de retrouvailles. Des amis d’enfance qui ne s’étaient plus revus depuis des années se retrouvent. « J’ai changé mon lieu de résidence, mais je n’ai pas changé d’adresse. Ma famille habite toujours dans ce quartier. Les élections ont été une bonne occasion de retrouver les amis et les anciens voisins », explique Ahmed Moussa.

Neama, 70 ans, se repose dans la cour de l’école. « La file d’attente était longue mais le vote n’a pris que quelques secondes. Je vote pour la première fois de ma vie. Les campagnes de sensibilisation télévisées m’ont beaucoup encouragée à venir, surtout que le pays passe par une période très délicate de son histoire au niveau sécuritaire », dit-elle.

En raison de l’encombrement, de petites disputes ont éclaté mais l’intervention rapide de la police a tout de suite rétabli le calme devant les bureaux de vote.

« A cause de cette foule, je n’ai pas pu voter. Je vais devoir rentrer à la maison et revenir dans l’après-midi ou demain. Mais je ne renoncerai pas à mon droit constitutionnel. Voter est un devoir envers l’Egypte, notre pays, et on doit l’accomplir », souligne Hala Fouad, femme au foyer de 40 ans.


(Photo : Yasser Al-Ghoul)

Au Vieux-Caire, les enfants portent des drapeaux de l’Egypte. Au bord du Nil, des femmes et des hommes attendent leur tour pour entrer au bureau de vote. Ils sont amenés à patienter parfois jusqu’au coucher du soleil et tuent le temps en bavardant sur la situation politique, économique et notamment sécuritaire. Les électeurs qui comptent voter pour des candidats différents expliquent et argumentent les raisons de leur choix, sans pour autant vouloir influencer les autres électeurs. Une vraie scène démocratique.

Si Asmaa Mounir, 50 ans, pense que ces élections sont l’occasion de donner la chance à de nouvelles figures de briguer le plus haut poste de l’Etat, Nagwa Yéhia, 63 ans, estime que le président actuel doit poursuivre les efforts de développement qu’il a commencés depuis des années. « Nous récolterons prochainement le fruit de ces efforts », estime-t-elle. Et de conclure : « Les crises auxquelles sont confrontés les pays qui nous entourent sont la preuve que l’Egypte se trouve sur la bonne voie ».

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