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Les fibres courtes gagnent en surface

Racha Darwich , Vendredi, 22 septembre 2023

Connue pour son coton à fibres longues, l’Egypte a entamé la culture du coton à courtes fibres destiné à couvrir les besoins de l’industrie locale.

Les fibres courtes gagnent en surface
La culture locale du coton à courtes fibres contribue à réduire de 20 à 25 % le coût de production du prêt-à-porter.

Pour la première fois depuis le début de la culture du coton en Egypte, le coton à courtes fibres a été planté à Tochka sur une superficie de 250 feddans de terres bonifiées, alors qu’il est planté depuis 4 ans sur une superficie de 1 250 feddans dans la région de Charq Al-Owaïnat. A l’encontre du coton à fibres longues qui nécessite beaucoup d’eau et des terres fertiles, le coton à courtes fibres peut être planté dans des terres moins fertiles comme celles bonifiées avec une irrigation modérée tout au long des mois de sa culture. Une autre raison pour laquelle il est planté loin de la vallée et du Delta est de s’assurer qu’il n’y aura aucun mélange avec le coton à longues fibres pour préserver sa pureté et sa réputation mondiale.

L’objectif est d’assurer les besoins des usines de l’industrie locale et réduire les importations de coton et de fil qui s’élèvent à deux milliards de dollars par an, selon les chiffres du Conseil des ministres.

« Les économies réalisées l’an dernier dans le coût d’un quintal par rapport à l’importation se sont élevées à 20 % », a déclaré le ministre du Secteur des affaires publiques, ajoutant que la productivité avait atteint 10 quintal/feddan l’année dernière grâce à la récolte par machine qui réalise une économie de quelque 8 000 L.E. par feddan par rapport à la récolte manuelle. Les quantités totales de coton à fibres courtes qui ont été transportées vers le gin d’Abou-Tig se sont élevées à environ 12 500 quintaux d’une valeur de 75 millions de L.E. avec le prix de 6 000 L.E. le quintal, en raison du prix élevé du coton à fibres courtes importé, réalisant ainsi des bénéfices d’environ 20 millions de L.E. En effet, la hausse de la demande mondiale sur les vêtements en coton a considérablement augmenté ses prix dernièrement.

Cela s’inscrit dans le cadre du Projet national de développement de l’industrie textile qui comprend la plantation de 600 000 feddans de coton à fibres courtes pour répondre aux besoins des usines de textile. « Le fait qui nécessite beaucoup de procédures et d’investissements pour la bonification des terres requises », explique le ministre du Secteur des affaires publiques en mettant l’accent sur l’importance de la coopération avec le ministère de l’Agriculture. En effet, celui-ci est chargé de la fourniture des semences et des dispositifs de récolte, ainsi que des analyses nécessaires du sol, de l’eau et du climat, afin d’atteindre la productivité la plus élevée, d’autant plus que les graines du coton sont utilisées dans l’extraction de l’huile et dans les fourrages.

L’industrie du prêt-à-porter

Le coton à fibres courtes est le plus utilisé dans l’industrie à l’échelle mondiale, représentant 98 % du coton planté dans le monde, selon les chiffres de la Fédération internationale des producteurs de textiles. Sa fibre mesure moins de 2,8 cm, tandis que la longueur de la fibre du coton égyptien à longues fibres atteint 3,6 cm. Le coton à fibres courtes est utilisé dans la fabrication des fils épais notamment utilisés dans l’industrie du prêt-à-porter et des jeans, alors que les cotons à longues fibres produisent des fils doux et minces destinés aux textiles de luxe. Selon des déclarations du Conseil des exportations pour l’industrie du prêt-à-porter, l’expérience de la culture du coton à fibres courtes arrive au bon moment à cause de la souffrance des usines locales en raison de la hausse des frais de fret et de son prix mondial à cause de l’augmentation de la demande après le retour des activités industrielles après la pandémie de Covid-19. « La culture du coton à fibres courtes est à même de renforcer l’industrie locale du prêt-à-porter, en particulier les t-shirts, qui sont les types de vêtements les plus exportés par l’Egypte. Elle contribue également à attirer de nouveaux investissements dans ce secteur par les entreprises internationales de vêtements, surtout que le prix du coton à fibres courtes localement produit sera compétitif par rapport à son prix importé pour les usines locales, quel que soit le coût de sa culture, notamment avec la hausse des prix de fret », précisent les déclarations du Conseil.

Par ailleurs, la culture locale du coton à courtes fibres contribue à réduire de 20 à 25 % le coût de production de prêt-à-porter. Ce qui permet d’ouvrir de nouveaux marchés d’exportation grâce à l’augmentation de la compétitivité des vêtements égyptiens dont les prix avaient considérablement augmenté au cours des dernières années, car les usines se trouvaient obligées d’utiliser le coton à longues fibres qui est plus coûteux ou le coton à courtes fibres importé.

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