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Nouvelles acquisitions en vue

Amani Gamal El Din , Mercredi, 04 janvier 2023

Les acquisitions des pays du Golfe dans des sociétés égyptiennes devraient s’accélérer en 2023. Ce qui augmenterait les ressources en devises étrangères.

Nouvelles acquisitions en vue
Les acquisitions prévues devraient bénécier de la manne pétrolière dans les pays du Golfe.

La croissance des acquisitions continuera en 2023 presque au même rythme qu’en 2022. C’est l’estimation faite par l’analyste financier au Centre égyptien de la pensée et des études stratégiques Ahmed Bayoumi, qui a déclaré à l’Hebdo que ces transactions seront une source importante de devises et un élément de croissance indéniable. En effet, le gouvernement vient d’approuver la dernière version du document de la propriété de l’Etat qui réglementera la relation avec le secteur privé. Une mesure qui non seulement fera croître les transactions avec le secteur privé, dont les acquisitions et les fusions, mais elle y mettra aussi de l’ordre.

L’agence Reuters avait rapporté plus tôt que la croissance des transactions d’acquisitions en Egypte en 2022 est allée à l’encontre de la tendance mondiale en cours marquée par un ralentissement évident. Les acquisitions dans le monde ont chuté de 37 %, passant de 5,8 trillions de dollars en 2021 à 3,66 trillions en 2022, à cause de la hausse des taux d’intérêt et les turbulences des marchés qui ont restreint le financement et porté atteinte aux évaluations des entreprises. En Egypte, en revanche, leur volume a doublé en 2022 par rapport à 2021, et est passé de 31 à 66 opérations.

Selon Mohamed Shadi, macro-analyste au Centre égyptien de la pensée et des études stratégiques, les acquisitions, notamment par les pays pétroliers du Golfe, seront sur une courbe ascendante, mais seront impactées par les taux d’intérêt globaux qui posent des restrictions à l’accès au financement. « Nous estimons que les investissements étrangers directs sous forme d’acquisitions atteindront 10 milliards de dollars en 2023 et cibleront les entreprises publiques dans les domaines des engrais, des produits pétrochimiques et des industries pétrolières. Les sociétés candidates sont Sidi Krir Container & Cargo Handling et Eastern Company », renchérit Bayoumi.

L’Egypte devrait collecter 9 milliards de dollars, dont les 3 milliards accordés par le FMI, en plus du financement supplémentaire de la part de partenaires multilatéraux et régionaux. Ce qui renforcera la position extérieure de l’Egypte. « Si nous ajoutons à ces chiffres les 10 milliards de dollars attendus des acquisitions prévues, un total de 22 milliards de dollars sera injecté dans le marché, ce qui allègera les pressions sur la livre », analyse Shadi.

Les bonnes perspectives sur les acquisitions par les pays pétroliers du Golfe sont basées sur les énormes bénéfices réalisés par ces derniers grâce à la hausse des cours consécutive à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. « Ces pays détiennent des sommes considérables en cashflow et s’intéressent à l’Egypte », explique Bayoumi. D’après lui, les acquisitions émiraties pourraient accélérer celles d’autres pays du Golfe. Les fonds souverains de ces derniers, comme l’Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït, semblent emboîter le pas aux Emirats arabes unis. Ceci a été remarqué par des actions multiples du Fonds souverain de l’Arabie saoudite, qui témoignent d’un engouement pour l’investissement dans l’énergie renouvelable et le pétrole en Egypte.

Un engouement arabe

En effet, cet appétit avait déjà commencé en 2022 et s’est manifesté dans l’intérêt croissant exprimé par l’Arabie saoudite et les Emirats, ainsi que leurs fonds souverains. Ils ont mis la main sur une quarantaine de transactions. Il y avait par contre une participation moindre de la part du Koweït et du Qatar. L’appétit des pays du Golfe s’est manifesté dans une multitude de secteurs, depuis les services bancaires, la fintech, jusqu’au secteur industriel. A noter que 4 transactions ont été conclues dans le secteur de l’énergie, dont 2 dans l’énergie renouvelable.

Les Fonds souverains de l’Arabie saoudite (Public Investment Fund, PIF) et des Emirats (ADQ) ont acquis des parts minoritaires dans de grandes entreprises cotées en Bourse. Le 22 mars dernier, ADQ a acquis des actions dans des entreprises à un montant de 2 milliards de dollars, dont 18 % des actions de CIB, la plus grande banque cotée en Bourse, ainsi que des actions de 4 autres compagnies, la plateforme de paiement électronique Fawry, Abu Qir Fertilizers, Mopco et Alexandria Container & Cargo Handling. ADQ a d’ailleurs conclu une acquisition de la compagnie pharmaceutique égyptienne Amoun pour un montant de 740 millions de dollars. ADQ et PIF possèdent 45 % des actions de Mopco et Abu Qir Fertilizers. Une autre transaction sera prochainement finalisée par le Fonds souverain saoudien, qui est celle de la banque Al-Masraf Al- Mottahed, d’un montant de 600 millions de dollars.

En dehors de cet appétit des pays arabes du Golfe, Vodacom, le géant de téléphonie basé en Afrique du Sud, a acquis l’année dernière 45 % des actions de la filiale égyptienne de Vodafone.

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