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Etudes technologiques, qu’en pensent les étudiants ?

Racha Darwich , Mercredi, 12 octobre 2022

Les étudiants des nouvelles filières technologiques dans les universités égyptiennes livrent leurs expériences et expriment leurs espoirs et leurs attentes.

Abdel-Rahmane Younès,

Abdel-Rahmane Younès, 4e année à la faculté des technologies de l’industrie et de l’énergie de l’Université technologique du Delta.

« J’ai décidé de tenter ma chance et je ne suis pas déçu »

J’ai toujours voulu étudier les mécatroniques. Mais comme je n’ai pas eu au bac un pourcentage me permettant de rejoindre la faculté d’ingénierie, je n’avais d’autre choix que de rejoindre un institut technique de deux ans. Mais quand j’avais lu dans la presse que cette université ouvrait ses portes pour la première fois, j’ai décidé de tenter ma chance. Au cours de la première année, j’ai été un peu déçu car les laboratoires n’étaient pas encore équipés mais aujourd’hui, nous disposons de laboratoires de très haut niveau qui ne se trouvent pas dans les facultés gouvernementales d’ingénierie.

Abdel-Rahmane Mohamed, 3e année à la faculté des sciences de l’Université de Aïn-Chams, programme des sciences et matières de la nanotechnologie.

« Je voulais un domaine où je peux innover »

Quand le bureau de coordination universitaire m’a assigné à la faculté des sciences, j’ai voulu choisir un domaine qui correspond à mon raisonnement et à mes talents. La nanotechnologie est une science nouvelle dans laquelle je peux innover car on découvre chaque jour des choses nouvelles dans ce domaine. Mes chances d’exceller sont alors beaucoup plus grandes que dans tout autre domaine traditionnel. De plus, la nanotechnologie n’est pas encore répandue. La première promotion de notre faculté a été diplômée cette année 2022 et cette science n’est enseignée ailleurs qu’à l’Université de Banha. Je sais que je ne trouverai peut-être pas facilement du travail en Egypte, mais je suis convaincu que c’est nous qui commencerons à introduire cette technologie. Je travaille actuellement sur un papier de recherche que je vais publier dans un périodique scientifique de renom. Parmi les huit étudiants de la 1re promotion diplômée cette année, quatre ont déjà publié des papiers. Par conséquent, nos chances de travailler dans le domaine académique et le domaine des recherches sont grandes, mais pas encore dans le domaine industriel car construire des usines dotées de la nanotechnologie requiert d’énormes investissements. Il n’y a que deux ou trois compagnies qui oeuvrent dans ce domaine. La faculté nous envoie en stage chaque année. Ce qui nous permet d’être formés sur les machines et les équipements de pointe.

Chéhab Hachem, 5e année à la faculté d’ingénierie de l’Université de Aïn-Chams, département de l’énergie et des énergies renouvelables.

« Nous sommes formés pour accéder directement au marché du travail »

J’ai toujours été passionné par tout ce qui a trait à l’énergie. Quand je suis entré à la faculté d’ingénierie, j’ai rejoint sans aucune hésitation ce département qui avait ouvert ses portes il y a quelques années seulement. L’avantage est que l’on y étudie un mélange de mécanique et d’électricité. Ce qui nous permet de connaître le cycle entier de transformation de l’énergie, du pétrole brut et de l’énergie solaire et éolienne jusqu’à l’électricité dans les domiciles ou les usines. Notre faculté offre aux étudiants des stages pratiques dans nos domaines d’études. C’est ainsi que j’ai suivi un stage dans une compagnie de raffinage de pétrole du secteur public égyptien où j’ai pu suivre tout le processus. En fait, le véritable avantage de ce département est qu’il nous forme pour accéder directement au marché du travail dans le domaine de l’énergie qui est en pleine expansion dans le monde entier.

Abdallah Zahrane, 4e année à la faculté des technologies de l’industrie et de l’énergie de l’Université technologique du Delta.

« Les nouvelles technologies, c’est l’avenir »

Après une année passée en secondaire général, j’ai décidé de rejoindre l’enseignement secondaire technique pour fuir l’étude des matières monotones comme l’histoire, la géographie et la biologie. Je voulais étudier quelque chose de pratique. Avec un peu de sérieux, j’ai réussi à être le premier de mon école au diplôme de fin d’études secondaires. J’avais alors le choix de rejoindre un institut technique de deux ans ou la faculté d’ingénierie après une homologation. Puis, j’ai découvert cette faculté qui ouvrait ses portes pour la première fois. J’ai décidé d’y présenter mon dossier car je voulais continuer dans des études où le pratique prévaut sur le théorique. Au cours de la première année, j’ai été un peu déçu à cause du manque d’enseignants et de laboratoires. En plus, le second semestre a été annulé à cause du Covid-19. Mais dès l’année suivante, les laboratoires ont été équipés. Je conseille à tous ceux qui veulent faire des études pratiques de rejoindre les nouvelles universités technologiques qui représentent l’avenir. Ils ne seront pas déçus.

Omar Yasser, 1re année à la faculté d’informatique et d’intelligence artificielle de l’Université de Damiette, section d’intelligence artificielle.

« L’intelligence artificielle est l’un des domaines les mieux rémunérés »

Depuis la 1re secondaire, je lisais beaucoup dans le domaine de la cybersécurité. Mais je pensais rejoindre la faculté d’ingénierie car je ne connaissais pas la faculté d’intelligence artificielle dont la première promotion sera diplômée cette année. Quand je m’y suis inscrit, j’ai découvert qu’elle correspondait à mes centres d’intérêt. J’aimerais me spécialiser dans les tests d’intrusion. Je sais que la faculté ne me donnera que 25 % de l’apprentissage que je souhaite dans ce domaine. Alors j’ai décidé de compter sur moi-même et de fréquenter des plateformes comme E-learn Security et SANS. D’ici trois mois, je pourrais commencer à faire de petits travaux en free-lance à partir de mon ordinateur à domicile. Si j’accumule une bonne expérience au cours des 4 années d’études, je pourrais obtenir plus facilement un job dans une grande compagnie informatique. L’intelligence artificielle représente aujourd’hui l’avenir et les emplois dans ce domaine sont les mieux rémunérés.

Mahmoud Samir, 1re année à la faculté d’intelligence artificielle de l’Université de Ménoufiya.

« Il est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de travail en ce moment, mais les perspectives d’avenir sont grandes »

J’ai beaucoup entendu parler de l’intelligence artificielle en tant que nouvelle spécialisation. Je n’ai pas rejoint cette faculté parce que j’ai raté la faculté d’ingénierie comme beaucoup d’étudiants. C’est ce que je voulais depuis le départ. Je suis particulièrement attiré par l’apprentissage automatique (Machine Learning) car il offre un large espace de créativité et d’innovation et nous permet de donner libre cours à notre imagination. Il est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de travail à l’heure actuelle dans ce domaine en Egypte, mais l’initiative L’Egypte digitale 2030 et la Nouvelle Capitale administrative permettent de prédire un avenir prometteur dans ce domaine en Egypte. Au cours de la journée d’accueil, nous avons eu l’occasion de faire un tour dans les locaux. Chaque étudiant dispose d’un ordinateur dans les laboratoires qui sont équipés d’appareils de pointe grâce à un partenariat avec une université allemande. De plus, la faculté a dernièrement accueilli une délégation de l’université japonaise Chiba qui a étudié le brouillon d’un accord d’échange estudiantin entre les deux universités. Je suis vraiment optimiste quant à l’avenir de cette faculté.

Khaled Maher, 5e année à la faculté des sciences de la navigation et de la technologie de l’espace de l’Université de Béni-Soueif.

« Les conditions des études se sont grandement améliorées »

Quand je suis entré à la faculté, je faisais partie de la première promotion. Le corps enseignant et les bâtiments suffisaient à peine à accueillir les étudiants. Les laboratoires aussi n’étaient pas encore équipés. Mais avec la croissance du nombre d’étudiants, des enseignants ont été mandatés d’autres universités et l’année prochaine, quand la première promotion sera diplômée, des assistants seront nommés parmi les diplômés eux-mêmes. De plus, un bâtiment annexe est maintenant en cours de construction pour assimiler un plus grand nombre d’étudiants, alors que les laboratoires ont été munis d’équipements de pointe grâce à des protocoles de coopération avec l’Agence spatiale égyptienne, l’Organisme de télédétection et la Maison égyptienne de la fatwa pour l’observation du croissant de la lune. Les conditions d’étude se sont grandement améliorées. Après la création de l’Agence spatiale égyptienne et le lancement de nombreux projets spatiaux à la Nouvelle Capitale administrative, les chances de travail sont énormes pour les étudiants de la faculté, surtout que nous avons la chance de suivre des stages pratiques fournis par l’Agence spatiale égyptienne qui finance également les projets distingués des étudiants. Soulignons aussi que des étudiants ont pu bénéficier de bourses d’études au Canada, en Russie et au Japon.

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