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Le ministère de la Santé réagit suite à l’affaire AstraZeneca

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mardi, 30 avril 2024

L'affaire AstraZeneca suscite un débat. Contrairement aux idées reçues, les risques de formation de caillots en cas d’infection par le coronavirus étaient 10 fois supérieurs aux risques de formation de caillots après avoir reçu la vaccination : Vacsera.

AstraZeneca
Le géant pharmaceutique anglo-suédois, AstraZeneca . Photo : AFP

À nouveau le Covid19 suscite la fureur dans le monde entier. C’est après l’annonce du géant pharmaceutique anglo-suédois, AstraZeneca reconnaissant pour la première fois dans des documents judiciaires que son vaccin « Covid pouvait provoquer un effet secondaire rare ». 

Autour du monde, plusieurs recours ont été portés contre ce Vaccin développé avec l'Université d'Oxford, qui aurait causé la mort de personnes, des maladies graves, et des effets secondaires ayant des effets dévastateurs dans des dizaines de cas.

Contacté par Ahraminfo, le directeur du Centre d’allergie et d’immunologie à l’institut de vaccination Vacsera, Amgad El Hadad, explique que le vaccin AstraZeneca était l'un des plus efficaces pour protéger des millions de personnes. « Il faut préciser qu’en comparant le nombre de personnes touchées par les effets secondaires du vaccin et le nombre de personnes que le vaccin a réussi à protéger, nous constaterons que le pourcentage est négligeable, et que ceux qui ont été confrontés à des complications sont l’exception à la règle », explique-t-il. Et d’ajouter, les risques de formation de caillots en cas d’infection par le coronavirus étaient 10 fois supérieurs aux risques de formation de caillots après avoir reçu la vaccination.

En outre, il a souligné qu’il ne s’agit pas d’une exception. Tous les vaccins, explique-t-il, peuvent entraîner des complications, mais qu'ils sont nécessaires pour faire face à toute épidémie, expliquant que "les vaccins ajoutent un pouvoir positif au système immunitaire et non l'inverse", et le rendent capable de former une barrière forte et contre les virus mortels.

El-Haddad a également insisté sur le fait que les déclarations du géant pharmaceutique ont été faites dans le cadre des recours portés contre la société et qu’il ne s’agit pas d’un communiqué de désaveu comme le prétendent certains médias.

Pour sa part, Moustafa Al-Mohammadi, directeur des vaccinations à l’institut de vaccination Vacsera, a confirmé dans une intervention sur la chaîne MBC Misr, dimanche 29 avril que « les vaccins en Égypte, en particulier AstraZeneca, étaient accordés sous autorisation d'urgence, ce qui signifie que toute personne ayant reçu le vaccin l’a obtenu à sa propre responsabilité après avoir signé un formulaire de consentement.

Le porte-parole du ministère de la Santé a publié mardi 30 avril un message sur la page officielle, selon lequel il informe que « le taux d’infection est de 3 cas par million de personnes vaccinées, tandis que le taux de la coagulation sans vaccination est à peu près le même parmi les groupes les plus à risque d’infection ». Le ministère explique dans son message que c’est « pour cette raison qu’aucune autorité sanitaire internationale ou locale n’a recommandé d’arrêter ou d’empêcher la vaccination. Les recommandations ont plutôt été en faveur de ne pas l’utiliser pour des groupes spécifiques ».

 

Débat dans le monde

Selon certains médias internationaux, AstraZeneca a admis, dans un document juridique soumis à la Haute Cour en février, que son vaccin Covid « peut, dans de très rares cas, provoquer un TTS », tout en ajoutant que « Le TTS peut également survenir en l’absence du vaccin AZ (ou de tout autre vaccin) » (Thrombose avec Thrombopénie Syndrome – provoque la formation de caillots sanguins et une faible numération plaquettaire).

L’affaire a commencé avec une plainte déposée par Jamie Scott, père de deux enfants, qui a subi une lésion cérébrale permanente après avoir développé un caillot sanguin et une hémorragie cérébrale qui l’a empêché de travailler après avoir reçu le vaccin en avril 2021.  Plus tard, cinquante et une autres affaires ont été déposées devant la Haute Cour, les victimes et leurs proches réclamant des dommages-intérêts estimés à 100 millions de livres sterling.

Des dizaines de pays occidentaux avaient en effet suspendu l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca au printemps 2021 craignant qu’il n’ait provoqué la formation de caillots sanguins chez certains patients. À l’époque, le responsable de la stratégie vaccinale de l’Agence européenne des médicaments (EMA), Marco Cavaleri, a annoncé qu’ « un lien évident existe entre la prise du vaccin AZ et les caillots sanguins dans le cerveau », mais il a souligné que « les bénéfices l’emportaient toujours sur les risques ».

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