Mercredi, 21 février 2024
Al-Ahram Hebdo > Visages >

Ismaïl Fouad Kassem : Vidéaste de la vie

May Sélim, Mardi, 15 janvier 2019

Entrepreneur, praticien en Programmation Neuro-Linguistique (PNL), Ismaïl Fouad Kassem est devenu en peu de temps l’un des plus célèbres coachs de vie, à la mode. Ses vidéos sont suivies par des centaines de milliers de personnes sur Youtube.

Ismail
Photo: Bassam Al-Zoghby

Tous les dimanches à 21h30, il a un rendez-vous en direct avec son audience sur Youtube. L’homme d’affaires, entrepreneur et expert en Programmation Neuro- Linguistique (PNL), Ismaïl Fouad Kassem poste chaque semaine une nouvelle vidéo, où il s’adresse à son public et aborde des sujets de tous les jours dans un langage simple. Sa chaîne sur Youtube compte plus de 300 000 abonnés, sa page Facebook a plus de 25 000 suiveurs et sa page sur lnstagram dépasse les 41 000 abonnés. En trois ans, Kassem a ciblé un public assez large qui ne cesse d’augmenter. Pourtant, il est loin de jouer les stars. Il apparaît dans ses vidéos derrière son bureau, au restaurant ou dans la vie de tous les jours.

« J’aime parler aux gens sur un ton familier, les côtoyer ... Je parle dans les vidéos comme je le fais dans la vie. Je ne prends jamais d'air sophistiqué. Tout simplement, je parle avec sincérité sur des choses qui nous intéressent tous », explique Ismaïl Fouad Kassem, qui ajoute en riant : « Au départ, je disais même de gros mots comme j’ai l’habitude de le faire dans la vie. Puis, des mères de famille m’ont envoyé des messages, me priant de faire attention car leurs enfants suivent mes vidéos. Elles m’ont poussé à repenser ma manière de parler, mais quand même quelques gros mots m’échappent de temps en temps. Je ne veux pas faire semblant d’être quelqu’un d’autre, ou de paraître peu crédible ».

Son public est bien varié. Il s’agit le plus souvent d’adolescents de plus 12 ans ou des jeunes âgés entre 20 et 30 ans, parfois même des adultes plus mûrs. Car Kassem est soucieux de répondre aux besoins des gens. Il étudie bien leurs commentaires, leurs questions et tente de leur présenter une réponse bien élaborée, à travers les vidéos en ligne. « C’est par pur hasard que j’ai commencé ce genre de vidéo. Ma première vidéo était juste une intervention anecdotique sur la lutte gréco-romaine. Je plaisantais. Je n’avais que 3 000 amis sur Facebook. Personne ne me connaissait. La vidéo était vue par mes amis et leurs commentaires m’ont impressionné. De plus, ils ont partagé la vidéo sur leurs pages et un large public a commencé à commenter. J’ai continué encore à plaisanter et à tourner des vidéos pour passer le temps, car bloqué sur la route à cause de la circulation ou dans les feux rouges. Petit à petit, les gens ont commencé à me poser des questions sur des sujets divers et je réagissais au fur et à mesure ».

Depuis, Kassem a voulu suivre des cours et des stages de formation en PNL, Time Line Therapy (thérapie de la ligne du temps, TLT), hypnose et reiki. Ainsi, il est devenu l’un des coachs de vie les plus en vue. « Je n’aime pas ce genre de classification. Le mot exact est PNL praticien. En Egypte, les gens aiment simplifier les termes.

Donc, on parle souvent de coach de vie, c’est plus fréquent », souligne l’expert qui essaye d’aider les autres à trouver leur chemin. Le coaching de vie est-il un besoin réel dans la société en ce moment, notamment au lendemain de la révolution de 2011 ? Ou s’agitil simplement d’un phénomène de mode, actuellement en plein essor ? « Ceux qui disent que c’est une mode sont plutôt de vieilles personnes qui n’arrivent pas à comprendre ce qui se passe autour d’elles. L’un des grands avantages de la révolution du 25 janvier a été Internet. Je ne vais ni parler de la barrière de la peur qui s’est effondrée, ni du courage des gens qui ont réclamé leurs droits. Deux ans après la révolution, tout le monde peut communiquer avec tout le monde grâce à Internet. Ce n’était pas le cas auparavant. Les réseaux sociaux sont un moyen de communication direct avec les gens. On parle de tout et de rien. Personne n’est isolé et personne ne peut isoler les autres. Tout le monde possède aujourd’hui des smartphones », affirme Kassem.

Après avoir obtenu son baccalauréat, il a choisi de plein gré d’étudier les sciences politiques et la psychologie à l’Université américaine du Caire. « Je suis issu d’une famille aisée et cultivée. Mon père nous parlait souvent de la morale. Ma mère nous emmenait, ma soeur et moi, pour voir des expositions, visiter des musées. Mes parents m’ont donné la liberté de faire ce que je veux et d’assumer la responsabilité de mes actes ».

Une fois diplômé de l’université, Kassem a voyagé un peu partout. Il a ignoré les conseils de famille lui demandant de chercher du travail et d’entamer une carrière stable en Egypte. « Pendant deux ans, j’ai décidé de vivre en dehors de l’Egypte et vivre différemment. J’ai passé du temps aux Etats-Unis et en Australie. Presque les deux destinations les plus lointaines du monde. J’ai pratiqué différents métiers : serveur de café, plongeur dans des restaurants, etc. Ces expériences m’ont appris que la vie n’est pas toujours merveilleuse et que pour arriver à quelque chose, il faut bien travailler ».

De retour en Egypte, Kassem a travaillé dans plusieurs entreprises internationales et a obtenu une maîtrise en business. Il a vite gravé les échelons au sein de plusieurs entreprises. Puis un jour, il a décidé de fonder sa propre boîte Amaze Projects, dans le domaine du design, de la planification des événements et de la gestion. « C’était un risque, mais dans la vie, il faut toujours prendre des risques afin d’atteindre ses objectifs. Au départ, j’ai eu des doutes, quelques moments de déception … Mais j’ai continué à travailler ».

L’un des projets les plus réussis mené par Amaze est la chaîne de restauration Adam’s Grill. Kassem, sa mère et son père aiment cuisiner des plats sains, d’où leur projet à succès. « Ce n’est pas de la malbouffe, mais des menus rapides et sains à préparer. Le restaurant porte le nom de mon fils Adam. Cuisiner est un art créatif. Toujours dans la maison, ma famille recevait souvent des amis et des proches. Tout le temps mes parents cuisinaient des plats atypiques ou non traditionnels. Avec eux, j’ai appris à aimer l’art culinaire ».

Dans le cadre d’Amaze Project, Kassem compte préparer des vidéos de marketing professionnel, afin d’encourager les entreprises débutantes à gérer leurs affaires. Ces vidéos doivent servir comme outil de communication entre les différentes compagnies. « Etre un homme que les gens suivent et lui accorder leur confiance n’est pas une tâche facile. Aidé par des collègues, j’ai pu faire deux choses : gérer mon business et poster mes vidéos gratuitement. La thérapie et PNL pour moi sont une tâche sacrée et noble. Aider les gens me donne de l’énergie et du plaisir. Je ne cherche pas à gagner ma vie grâce à ce genre de pratiques, mais je le fais plutôt en bénévole. Je crois que Dieu me soutient pour ce faire ».

Au mois d’octobre dernier, Ismaïl Fouad Kassem a signé son premier ouvrage Earafi Raglek wa Allémi Aleih (bien connaître son homme et le marquer). Le livre qui porte un titre assez familier évoque les relations entre les hommes et les femmes. Kassem offre quelques astuces aux femmes, afin de leur permettre de mieux comprendre la mentalité des hommes.

« Publier un ouvrage était l’un de mes anciens rêves d’enfance. Les messages et les questions que je reçois régulièrement m’ont incité à écrire ce livre. Mes vidéos, réalisées en arabe, touchent la plupart du monde arabe. Je maîtrise parfaitement l’anglais, du coup, je peux cibler également un public international. Cependant, sur le plan international, il y a des milliers de praticiens en PNL et plusieurs sujets assez sensibles sont débattus. Dans le monde arabe, les choses sont très différentes. Les femmes et les jeunes filles s’interrogent souvent sur les attitudes et les comportements des hommes. Plusieurs d’entre elles n’arrivent pas à dépasser les belles images et masques que portent les hommes au début d’une relation.

J’ai voulu donc leur offrir une sorte de guide pratique pour traiter avec les hommes ».

En fait, ce sont les messages et les questions du public qui aident Kassem à choisir ses sujets toutes les semaines. Il ne prétend pas avoir toujours la bonne réponse, mais il précise : « Aucun coach de vie ne peut avoir les réponses à toutes les questions. C’est du n’importe quoi. Il s’entraîne plutôt à éliminer les idées qui vous empêchent d’avancer. Il vous permet de tout mettre en question, de douter de vos idées préétablies et de voir une situation donnée, selon d’autres points de vue. Les techniques de PNL nous permettent de fouiller profondément dans l’âme humaine, afin de dévoiler les situations complexes qui ont inconsciemment influencé la vie d’une personne. Aucun coach de vie ne possède de solution magique pour vos problèmes. Cela doit émaner de vous-mêmes », conclut Kassem.

Mots clés:
Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique