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Amr Al-Kadi : L’inauguration de l’Allée des béliers aura un impact très positif sur le tourisme

Propos recueillis par Dalia Farouq, Lundi, 29 novembre 2021

Amr Al-Kadi, nouveau président exécutif de l’Organisme de la promotion touristique, revient sur l’inauguration de l’Allée des béliers et le développement du tourisme en Egypte.

l’ancienne civilisation égyptienne et nous les invitons à venir voir ces programmes sur le terrain.
l’ancienne civilisation égyptienne et nous les invitons à venir voir ces programmes sur le terrain.

Al-Ahram Hebdo : Quelles seront, d’après vous, les retombées touristiques de l’inauguration de l’Allée des béliers à Louqsor ?

Amr Al-Kadi : D’abord, il faut dire que cette cérémonie n’était pas uniquement pour inaugurer l’Allée des béliers mais aussi pour célébrer Louqsor dans son ensemble comme étant le plus grand musée à ciel ouvert au monde avec tous ses atouts touristiques. On a besoin de réanimer la ville et la remettre sur la carte du tourisme culturel international pour qu’elle retrouve sa place de première destination du tourisme culturel au monde. Les gens ont été éblouis par la grandeur de la civilisation égyptienne, ainsi que par la bonne organisation de l’événement. Tout le monde en parle et l’Egypte est à la une des médias internationaux. J’estime que cet événement aura un impact très positif sur le tourisme en Egypte, surtout que les touristes seront curieux de venir découvrir les joyaux de Louqsor et se balader dans l’Allée des béliers.

— Cette célébration a sans doute revivifié le tourisme à Louqsor. Mais quel est votre plan pour commercialiser la ville dans la période à venir ?

— Nous avons un plan de marketing complet qui parle de l’Egypte dans son ensemble et qui met en évidence toutes les différentes destinations touristiques, à savoir Louqsor, Assouan, Charm Al-Cheikh, Hurghada, Siwa, Le Caire, Guiza, Alexandrie et autres. En ce qui concerne Louqsor, nous discutons actuellement avec les entreprises touristiques pour l’ajouter dans leurs programmes touristiques. On sait que ceux intéressés par le tourisme culturel sont généralement des personnes âgées qui ont les capacités financières les plus élevées, tandis que les jeunes préfèrent le tourisme balnéaire et celui de l’aventure. Nous proposons donc aux agences un forfait pour les jeunes touristes afin d’intégrer Louqsor dans leurs programmes, soit à travers ce qu’on appelle « overday » ou en faisant des programmes spéciaux pour Louqsor. Par exemple, au lieu des hôtels 5 étoiles, on leur propose des hôtels 3 étoiles et des vols low cost afin d’atténuer les frais du voyage. Et ce, pour que cela leur convienne davantage. Ainsi, le produit sera plus accessible et plus adapté aux besoins des jeunes qui apprécieront ces programmes.

l’ancienne civilisation égyptienne et nous les invitons à venir voir ces programmes sur le terrain.

Au cours de l’une de mes visites à Louqsor pour suivre les préparatifs de la célébration de l’Allée des béliers, j’ai trouvé un groupe d’élèves allemands en visite à Karnak, nous encourageons cette tendance car les enfants dans les écoles du monde entier étudient l’ancienne civilisation égyptienne et nous les invitons à venir voir ces programmes sur le terrain.

— C’est donc cette visite d’écoliers qui a attiré votre attention sur ce type de voyage ?

— En effet, oui. Et nous introduisons cet objectif dans notre plan, car cet enfant, une fois de retour dans son pays, mettra ses photos et son expérience sur sa page personnelle sur les sites des réseaux sociaux et ses camarades les verront. Cet enfant est également le futur touriste qui reviendra plus tard pour répéter son expérience.

— Quel était le rôle de l’Organisme de la promotion touristique dans la tenue de cet événement ?

— En fait, l’Organisme de la promotion touristique est l’organe responsable du marketing au ministère du Tourisme et des Antiquités. Nous avons coopéré avec le ministère et la société organisatrice pour tenir la cérémonie. En outre, nous avons contacté nos ambassades à l’étranger pour diffuser en direct la cérémonie sur leurs écrans. Juste après la cérémonie, des scènes ont été diffusées sur les réseaux sociaux. Les échos et les commentaires étaient très satisfaisants. Nous voulons mettre à profit cette cérémonie dans notre prochaine campagne publicitaire sur le tourisme égyptien.

— Quels sont vos plans pour développer le tourisme en Egypte ?

— Nous travaillons avec nos partenaires internationaux, qu’il s’agisse d’agences de voyages, de compagnies aériennes ou d’organisations touristiques internationales. Notre plan repose sur trois axes principaux. Le premier est de participer à des expositions internationales en Angleterre, en France, en Russie, en Italie, en Ukraine, à Dubaï et autres. Nous nous préparons à 15 nouvelles participations jusqu’au 30 juin 2022. Le deuxième axe de notre plan consiste à préparer des convois sur les marchés pourvoyeurs de touristes pour l’Egypte afin que les responsables du ministère, de l’ETA, des entreprises touristiques et des hôtels rencontrent leurs partenaires dans différents pays après une étude de ces marchés, surtout que la crise du Covid-19 a rendu la décision de voyager difficile. Le troisième axe concerne l’organisation d’ateliers en ligne pour les agences de voyages et les tour-opérateurs afin de les mettre au courant du développement du marché du tourisme égyptien après le coronavirus. Nous n’attendons pas qu’ils viennent nous demander des informations mais nous nous dirigeons vers eux pour les informer sur les nouveautés du tourisme en Egypte. Par exemple, nous offrons un nouveau produit liant le balnéaire au culturel avec une ligne aérienne entre Charm Al-Cheikh et Louqsor.

— Qu’en est-il du tourisme interne ?

— La promotion du tourisme interne est d’une grande importance pour accroître la conscience touristique des Egyptiens. Votre connaissance du patrimoine de votre pays et de ses grands sites touristiques et votre expérience vous feront aimer davantage votre pays et c’est ce que nous voulons. En outre, c’est une bonne alternative au moment des crises lorsque le nombre des touristes internationaux diminue. Les touristes égyptiens peuvent compenser une partie des pertes.

— Comment évaluez-vous la situation du tourisme après le Covid ?

— A l’heure actuelle, le tourisme dans le monde, comme en Egypte, est en période de rétablissement après une agonie qui a duré presque deux ans. En Egypte, le mouvement du tourisme est en hausse. La saison d’été a été plutôt bonne et on s’attend à une saison hivernale fructueuse. En fait, les gens sont stressés et veulent voyager. En outre, nous avons eu le temps, pendant la crise du Covid-19, d’étudier les différents marchés et d’élaborer une nouvelle stratégie de promotion touristique adaptée à l’après-Covid.

— Qu’en est-il de cette nouvelle stratégie de promotion ?

— Notre nouvelle stratégie de promotion repose sur le « brand positioning » de l’Egypte en tant que destination touristique, et ce, à travers des idées créatives. Nous travaillons pour mettre en avant la diversité du produit touristique. Cette stratégie a été mise en place après une étude approfondie menée par une société anglo-canadienne qui a créé une nouvelle personnalité de l’Egypte en tant que destination touristique internationale. Cette société est spécialisée dans le marketing et possède une expérience dans plusieurs pays. Elle a fait une étude approfondie sur 12000 touristes de 12 pays différents. Ces pays sont les principaux pourvoyeurs de touristes sur le marché égyptien, dont l’Allemagne, l’Angleterre, la France, l’Italie, l’Espagne, la Russie, l’Ukraine, les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et le Kazakhstan. On a demandé à ces touristes leurs préférences, ce qui fait qu’ils choisissent un pays et renoncent à un autre. La société a fait un monitoring, pendant 7 mois, de tout ce qui a été écrit ou publié sur l’Egypte dans les médias ou sur les réseaux sociaux. Elle a analysé plus de 50 millions de postes pour connaître les préférences de ces gens. En fait, les plateformes électroniques et les réseaux sociaux sont un outil important de promotion à l’heure actuelle.

— Quel était le but de cette étude ?

— Le but de cette étude était de connaître les changements survenus après le coronavirus, connaître l’opinion des gens, leurs idées et l’image mentale qu’ils ont de l’Egypte. On a déduit que l’Egypte n’est pas seulement des plages et des monuments aux yeux de ces gens mais il y a aussi l’esprit de sa population qui se caractérise par une grande vivacité, d’où l’idée d’« Egypt Alive ». Cet esprit va se traduire par un agenda riche en célébrations et en festivités.

— Quels sont les défis face au tourisme égyptien actuellement ?

— Il y a plusieurs défis, le plus important est de retrouver la confiance et la satisfaction du touriste depuis son arrivée à l’aéroport jusqu’à son départ. Le deuxième défi porte sur les mesures d’hygiène et leur application dans les établissements touristiques en Egypte. Quant au troisième défi c’est celui de la concurrence avec les autres pays de la région. Nous devons exister avec force sur les marchés traditionnels du tourisme égyptien mais aussi conquérir de nouveaux marchés prometteurs comme le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Pakistan, l’Amérique latine, notamment le Brésil, en plus des marchés africains comme l’Afrique du Sud et le Kenya .

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