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Jihad Al-Harazeen : Israël veut prouver qu’il est le seul pays capable de faire face à l’Iran

Osman Fekri, Mardi, 10 septembre 2019

Leader au Fatah et professeur de sciences politiques à l’Université d’Al-Qods, Jihad Al-Harazeen analyse la situation dans la région suite aux récentes tensions entre le Hezbollah et Israël.

Jihad Al-Harazeen

Al-Hhram Hebdo : Les récents accro­chages entre le Hezbollah et Israël interviennent dans un contexte régional particulier: tensions avec l’Iran, élections israéliennes, complications de la situation au Yémen. Ce n’est certainement pas for­tuit …

Jihad Al-Harazeen: Ces derniers temps, Israël veut envoyer un message clair à tous les pays de la région et au monde entier selon lequel il est le seul pays capable de faire face à l’Iran et à ses alliés régionaux, notamment en Syrie, en Iraq et au Liban. Et le Hezbollah est l’un d’eux. L’Etat hébreu veut lui rappeler qu’en cas d’embrasement, il n’aura pas le soutien des pays arabes ou autres. Israël veut aussi détourner l’attention de ses agissements dans les Territoires occupés. Enfin, sur le plan interne— et on est en période préélecto­rale—, c’est un message aux Israéliens que Netanyahu est maître de la situation et qu’il est le garant de leur sécurité. Netanyahu veut soudoyer les électeurs.

— Justement en ce timing précis, le pre­mier ministre israélien peut-il aller plus loin avec le Hezbollah ou encore avec le Hamas ?

— Le premier ministre israélien veut sim­plement infliger de petites frappes sans entrer dans un conflit plus long, car il est conscient que toute confrontation prolongée avec l’un ou l’autre a un lourd prix dont il sera tenu pour responsable, ce qui peut lui coûter son avenir politique. Et ce n’est certainement pas ce qu’il cherche d’autant plus qu’il n’a pas de choix : ou remporter les prochaines législatives ou se retrouver en prison à cause des affaires de corruption dans lesquelles il est impliqué.

— Et qu’en est-il du Hezbollah, peut-il opter pour l’escalade pour redorer son bla­son ?

— Non, je ne pense pas. Comme Israël, le Hezbollah ne veut pas que les choses dégénè­rent, autrement le prix à payer sera cher. Il ne peut pas courir un tel risque. Un nouveau front dans la région à la frontière libano-israélienne, avec tout ce qui se passe dans les Territoires occupés, en Syrie, en Iraq, en Iran, aurait été trop risqué, d’autant plus qu’Israël a récemment aussi frappé en Iraq et en Syrie. C’est pour cela que la situation s’est vite calmée. En outre, le Hezbollah sait que de nombreuses parties liba­naises ne le soutiendront pas s’il entre dans une nouvelle guerre. Car les différentes forces poli­tiques ne veulent pas d’une paralysie au Liban.

— Le Hezbollah n’a-t-il pas perdu de ses capacités? N’est-il pas en manque de finan­cement ou de soutien alors que son princi­pal allié, l’Iran, est occupé par ses propres affaires ?

— Certainement, l’Iran est sérieusement affaibli à cause des sanctions qu’il subit depuis le retrait américain de l’accord sur le nucléaire. En plus du contrôle strict sur les transferts de capitaux qui a sûrement affecté les aides financières qu’il accordait à ses alliés régionaux. Cela dit, le Hezbollah reste puis­sant et détient d’importantes armes, mais il a opté pour la désescalade pour de nombreuses raisons.

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