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Mortada Mansour : Les arbitres n’ont le droit ni de boycotter un club, ni de refuser d’arbitrer ses matchs

Amr Moheb, Mardi, 26 juillet 2016

Le président du club Zamalek, Mortada Mansour, donne en détail à l’Hebdo sa version des faits sur ses différends avec le Comité des arbitres de la Fédération égyptienne de football (EFA).

Mortada Mansour
Mortada Mansour, président du club Zamalek.

Al-Ahram Hebdo : Vos démêlées avec le Comité des arbitres de l’EFA occupe la une des journaux sportifs en Egypte. Pourquoi tant de bruit ?

Mortada Mansour : Des responsables d’une grande compagnie de téléphonie portable ont versé d’importantes sommes d’argent en pots-de-vin pour que Zamalek ne remporte pas le championnat. J’ai les preuves et je possède les enregistrements d’un appel téléphonique qui prouve que le président du Comité des arbitres a rendu visite à un responsable de cette compagnie à son domicile. Il a empoché un million de L.E. de pot-de-vin comme première tranche d’une bagatelle de 2 millions de L.E. déboursées par ladite compagnie, dans le but d’empêcher Zamalek de remporter le championnat.

— Est-ce pour cela que vous avez accusé les arbitres égyptiens d’être corrompus ?

— Tout ce que je veux dire c’est que cette affaire n’éclabousse certainement pas tous les arbitres. C’est une affaire qui mouille seulement les personnes qui y sont impliquées. Il y a des enregistrements vocaux qui le prouvent que nous avons envoyés au tribunal et au Tribunal arbitral du sport (CAS). Cela ne veut pas dire que nous accusons tous les arbitres. Mais il n’est pas acceptable que le président du Comité des arbitres Gamal Al-Ghandour prenne une décision d’interdire à tous les arbitres d'officier les matchs de Zamalek. Il n’a pas le droit de prendre une telle décision. Le Comité des arbitres ne lui appartient pas. Je vous donne un exemple : je suis le président de Zamalek, mais je n’ai pas le droit d’interdire une personne d’entrer dans le club, même si j’ai un problème personnel avec lui. Comme le club Zamalek ne m’appartient pas, bien que je sois son président, le Comité des arbitres n’appartient non plus à Al-Ghandour, il est seulement son président. Alors, Al-Ghandour n’a pas le droit de prendre une position avec les arbitres contre Zamalek parce qu’il a un problème avec moi. Nous n’allons pas laisser passer ce que Gamal Al-Ghandour a fait.

— Et qu’en est-il du vice-président du Comité des arbitres que vous avez critiqué ?

— Cette personne est également accusée d’avoir empoché un dessous-de-table et il fait face actuellement à des enquêtes au tribunal du Nord de Guiza à ce propos. Il est inacceptable qu’une personne soit virée du Comité des arbitres pour avoir été accusé de corruption, et plus tard Gamal Al-Ghandour le nomme vice-président du Comité des arbitres. Nous ne fermerons pas les yeux sur ce laisser-aller du Comité des arbitres. En ce moment, nous sommes concentrés sur les matchs qui nous restent à jouer en Coupe d’Egypte. Après quoi, nous nous concentrerons sur les dérives de ce comité.

Que comptez-vous faire … ?

— Après la Coupe, nous porterons plainte auprès de la FIFA, car les arbitres n’ont le droit ni de boycotter un club, ni de refuser d’arbitrer ses matchs, pour soutenir leur président. Cela ne peut jamais avoir lieu ni en Egypte, ni ailleurs dans le monde. Nous n’accusons qu’un seul membre du Comité des arbitres et possédons des preuves tangibles, cela ne veut en aucun cas dire que nous accusons tous les arbitres pour qu’ils refusent d’arbitrer nos matchs.

Nous ne voulons pas perturber notre concentration pour le reste de nos matchs en Coupe d’Egypte, mais dès que nous serons arrivés à la fin, nous allons nous atteler sur le laxisme du Comité des arbitres de l’EFA. Lorsqu’une personne qui est accusée de corruption est nommée par le Comité des arbitres comme son vice-président, cela montre que ledit comité ne s’intéresse pas aux intérêts des clubs égyptiens.

Malgré notre victoire 2-1 contre Ittihad d’Alexandrie en Coupe d’Egypte et notre qualification pour le tour suivant, le niveau de l’arbitre Mohamad Al-Hanafi qui a arbitré ce match n’était pas à la hauteur. Bien que je le respecte, mais il a pris beaucoup de décisions contradictoires tout au long du match.

— Et que dites-vous de la fiabilité des enregistrements TV des matchs ?

— Comme je l’ai toujours dit, j’espère que la Fédération égyptienne de football acceptera d’avoir recours aux enregistrements TV des matchs pour prendre des décisions. Ce système est appliqué en Europe, mais il ne l’est pas en Egypte. En Egypte, on prend seulement en considération le rapport de l’arbitre pour prendre les décisions qui ne décrivent pas parfois ce qui s’est réellement passé lors d’un match. Par exemple, nous voyons parfois à la télé un joueur qui donne à l’arbitre un coup de poing au ventre, et lorsque nous demandons au comité des compétitions de la Fédération égyptienne de football pourquoi ce joueur n’a pas été suspendu, il nous répond que l’arbitre n’a pas mentionné cela dans son rapport du match.

Si l’Europe prend en considération l’enregistrement TV des matchs, nous devons en Egypte faire comme eux. C’est très important, surtout que nous sommes au seuil d’une période très difficile. Aujourd’hui, le président du Comité des arbitres, Gamal Al-Ghandour, se dispute avec le président d’un club. Il nomme aussi des arbitres pour nos matchs, ce qui joue contre nous.

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