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Le coin des hommes de la mer

Hanaa Al-Mekkawi , Dimanche, 23 juillet 2023

Il y a 50 ans, le premier club international des marins ouvrait ses portes à Alexandrie. Un endroit qui rassemble les marins du monde de passage dans la ville. Aujourd’hui, il fait peau neuve pour s’adapter à la situation actuelle.

Le coin des hommes de la mer
Ce n’est pas un club comme les autres, mais un club qui rassemble des marins du monde entier. (Photo : Ahmad Abdel-Kérim)

« Club international des marins ». Le nom est inscrit sur un panneau suspendu sous la fenêtre d’un vieux bâtiment surplombant la mer, sur la place de Mahattet Al-Raml, à Alexandrie. Une vieille enseigne usée par le temps qui indique le plus vieux club de marins d’Egypte. Au premier étage du bâtiment se trouve le siège du club, un grand appartement composé d’une immense salle qui sert de cafétéria et de restaurant où se déroulent les différentes activités du club, et qui est entourée de plusieurs salons et d’une bibliothèque. L’endroit est simple et le décor rudimentaire. Les murs sont ornés de photos en noir et blanc témoignant d’un passé glorieux.

Ce n’est pas un club social au sens conventionnel, organisant des activités sportives et sociales, mais un endroit bien particulier. Comme son nom l’indique, il est réservé aux marins des quatre coins du monde. Le club a été créé il y a presque 50 ans, plus précisément en 1974, lorsque la ville d’Alexandrie avait été choisie pour installer le siège du premier club international de marins en raison de la situation géographique de l’Egypte, et ce, en présence de Margaret Dreier, représentante de l’Union internationale des marins, dont le siège se trouve à New York. L’idée, à cette époque, était de créer des centres pour servir les marins dans différents pays, les aider à découvrir le monde durant leur court séjour et bénéficier d’un lieu de détente.

De là, et pour les mêmes raisons, un club pour les marins a été fondé en Egypte. Le but de sa création à l’époque, selon les déclarations du capitaine Farouq Al-Sayed, vice-président du conseil d’administration de la Société internationale de la mer, était de fournir des services aux marins étrangers qui arrivaient au port d’Alexandrie, afin de leur éviter certains désagréments lors de leur court séjour. « Ces marins risquaient de se faire arnaqués par certains commerçants véreux, et ce, par manque de connaissance des marchés ou des restaurants appropriés. Ils pouvaient aussi ne pas savoir où aller manger, se détendre, ou acheter des souvenirs », dit Hani Chérif, vice-président du club. Il explique que lui et d’autres employés faisant partie du personnel se rendaient quotidiennement au port pour rencontrer les équipages des navires qui sont arrivés. Ils les emmenaient au club en utilisant leurs propres voitures, ou leur expliquaient son emplacement et les services qu’il offre.


(Photo : Ahmad Abdel-Kérim)

Certains préféraient se promener dans la ville, alors on leur conseillait les meilleurs endroits où manger, acheter des cadeaux et passer leurs soirées. On leur indiquait les informations nécessaires, les hôpitaux les plus proches, les commerces où éviter les arnaques, etc. D’autres préféraient passer du temps au club qui leur fournissait des plats internationaux à des prix modiques, un coin pour acheter des souvenirs, une table de billard, une bibliothèque renfermant des livres précieux. Le club était l’endroit le plus sûr permettant aux marins de passer d’agréables moments en papotant avec des marins d’autres nationalités dans une ambiance conviviale et même d’assister à des fêtes d’anniversaire. En plus des services de santé et de tourisme pour visiter les sites touristiques les plus importants de la ville, le club organisait une cérémonie annuelle pour les consuls et représentants des pays étrangers à Alexandrie en présence des dirigeants et des responsables de la ville.

Autres temps, autres habitudes

« Le club a été fondé sous la supervision du ministère des Affaires sociales, puis il a été agréé par le ministère du Transport maritime, et à cette époque-là, une décision a été prise au sein du ministère imposant pour chaque navire battant pavillon étranger qui arrivait au port d’Alexandrie de s’acquitter de certaines redevances en échange des services fournis à ses marins, quelle que soit leur nationalité. C’était la source de revenus du club gérée par l’Autorité portuaire qui, malheureusement, a cessé de couler », dit Hani Chérif, en ajoutant que ces services étaient précieux et très appréciés en ce temps-là.


(Photo : Ahmad Abdel-Kérim)

Actuellement, la situation a changé, précisément depuis le transfert du siège du club qui était installé dans une grande villa avec un jardin privé au quartier Al-Attarine. Ce déménagement a coïncidé avec la fermeture de la plupart des consulats étrangers se trouvant dans la ville, alors les occasions de célébration spéciales ont du coup cessé. A présent, avec le développement d’Internet et des réseaux sociaux, tout le monde est au courant et bien informé, dit Hani Chérif. De nombreux services, tels que les adresses des restaurants et des magasins et les lieux d’attraction, sont facilement disponibles.

Un esprit cosmopolite toujours présent

Cependant, le club continue de fournir ses services et d’accueillir les marins du monde entier. Et certains d’entre eux se sentent familiers du lieu. Mais au fil des ans, leur nombre a baissé. Alors, cherchant de nouvelles sources de financement, la direction du club a récemment décidé d’ouvrir, cette année, le club aux citoyens pour faire connaître son histoire ancienne et faire profiter les gens de son restaurant qui sert des repas cinq étoiles et à des prix corrects. En effet, il existe plusieurs autres clubs de marins en Egypte, au Port-Saïd et à Suez, mais celui d’Alexandrie est le plus grand et le plus ancien.


(Photo : Ahmad Abdel-Kérim)

Le Club international des marins à Alexandrie reflète l’esprit cosmopolite de la ville d’Alexandrie. Une ville où cohabitaient différentes communautés étrangères. Ce club a témoigné des mêmes changements que la ville. Actuellement, il lutte pour préserver son identité après avoir accueilli des marins étrangers durant 50 ans, au point que le local ne pouvait parfois pas contenir leur nombre, et s’efforce de retrouver son lustre d’antan.

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