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Halte au mariage précoce

Dina Bakr , Mercredi, 12 octobre 2022

Le ministère de la Solidarité sociale a lancé une campagne pour lutter contre le mariage précoce des jeunes filles. Explications.

Halte au mariage précoce

« Le mariage avant 18 ans fait perdre à la jeune fille sa vie ». C'est le titre de la campagne lancée en mai 2022 par le ministère de la Solidarité sociale pour combattre le mariage précoce des jeunes filles. « Cette campagne a réussi, en une courte période de temps, à sensibiliser 1,6 million de personnes au problème du mariage précoce, et ce, à travers une série de conférences et de rencontres au niveau des gouvernorats. Nous avons organisé aussi des visites à domicile et 25 pièces de théâtre qui ont présenté les inconvénients du mariage avant l’âge de 18 ans », affirme Nivine El-Kabbag, ministre de la Solidarité sociale. Et d'expliquer que 19 millions de personnes ont suivi la campagne sur Facebook. 9 millions de personnes ont en outre vu les films documentaires qui mettent en avant les inconvénients du mariage précoce. Le monde a célébré, le 10 octobre, la Journée mondiale des jeunes filles. Arriver à l’âge de la puberté ou avoir un corps avec des traits féminins ne signifie pas que la jeune fille est prête au mariage. Le ministère vient d'instaurer de nouvelles règles pour limiter le mariage précoce. Toute famille souhaitant accéder à l'aide sociale Takafol et Karama ne doit pas avoir de filles mariées avant l'âge de 18 ans. « De nombreuses campagnes sont restées de longues années et n’ont pas changé la culture des gens, mais en liant les aides sociales au problème du mariage précoce, nous avons réussi à alerter les gens à l’importance d’éviter aux filles des expériences difficiles comme le mariage avant 18 ans », commente Viviane Fouad, conseillère du programme Waïe (conscience) pour le développement social au ministère de la Solidarité sociale.

Un crime abominable

L'éradication du mariage précoce va résoudre d’autres problèmes, comme la non-scolarisation des filles. L’Unicef classe en 2 catégories d’âge les filles mariées : celles qui ont moins de 15 ans (14 %) et celles qui ont entre 15 et 18 ans (11 %). « Le mariage avant 18 ans est un crime abominable, car la jeune fille peut perdre sa vie ou la vie de ses enfants à cause de l'insuffisante maturité de ses organes reproducteurs. On aura alors affaire à une population faible incapable de mener une vie saine », indique El-Kabbag.

Selon la Convention internationale des droits de l’enfant, toute personne ayant moins de 18 ans est un enfant. « Les familles qui marient leurs filles à un âge précoce commettent un crime à leur encontre. Car en cas de divorce ou de décès du mari, elles perdent leurs droits à l’héritage, aux pensions de retraite et aux services sociaux, car leur mariage n'est pas reconnu », souligne Magdi Helmi, conseiller au programme Waïe pour le développement social au ministère de la Solidarité sociale.

Le ministère de la Solidarité sociale entend poursuivre sa campagne jusqu'à l'éradication de ce phénomène nocif.

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