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Une CAN bien terne

Karim Farouk, Mardi, 27 janvier 2015

A l'issue de la phase de poule, la 30e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) n’a pas offert jusque-là de beaux spectacles, que ce soit au niveau collectif ou individuel.

CAN
(Photo : Reuters)

Perçue comme la compétition de l’élite africaine, La CAN de l’édition 2015 en Guinée équatoriale laisse beaucoup à désirer. Avec moins de buts en moyenne par match lors du premier tour, le spectacle est presque ennuyant pour les observateurs qui souhaitent un changement dans les phases suivantes. Certes, la compétitivité est là, parfois même avec du suspense, mais le jeu et la technique, attendus à ce niveau-là, notamment de la part des grandes puissances africaines, font défaut. Les poids lourds tels que l’Algérie, le Cameroun, le Ghana, la Côte d’Ivoire et la Tunisie n’ont pas pu étaler leurs talents. Tous ont dû jouer jusqu’à la dernière minute des qualifications (ndlr: Les résultats des matchs de la dernière journée de la phase de poule n’ont pas été communiqués). « Nous nous sommes améliorés en comparaison à notre premier match contre l’Afrique du Sud. Nous étions plus solides en défense, mais nous n’arrivons pas encore à prendre le rythme en raison de l’état de la pelouse et des conditions climatiques », explique Christian Gourcuff, sélectionneur algérien, qui a négligé de parler des lacunes de son équipe qui était arrivée en Guinée équatoriale en favorite pour le titre. Le Belge, Georges Leekens, entraîneur de la Tunisie, était beaucoup plus réaliste en parlant des difficultés de son équipe. « Apparemment, nous ne sommes pas la meilleure équipe du tournoi. Nous n’avons ni Ronaldo ni Messi pour faire la différence. Mais nous avons une équipe avec un énorme caractère et une grande puissance mentale qui nous a permis de surmonter nos problèmes et de revenir à des moments très critiques », a-t-il dit.

Les stars en éclipse

L’une des raisons de cette baisse de niveau est que les vedettes du football africain n’ont pas confirmé leur réputation. Jonathan Pitroipa, meilleur joueur de la CAN 2013, n’a pas pu aider le Burkina Faso, finaliste en 2013, à franchir le premier tour en concédant 2 défaites et un match nul. Pierre Emerick Aubameyang, ailier de Dortmund (Allemagne) et deuxième meilleur joueur d’Afrique en 2014, a subi le même sort avec le Gabon, après avoir concédé 2 défaites aussi. Le milieu ivoirien, Yaya Touré, meilleur joueur d’Afrique pour les 4 dernières années, n’est que l’ombre de l’élément inspirateur de Manchester City, qui est considéré comme l’un des meilleurs joueurs de la Premier League anglaise. De même pour son coéquipier et la machine de but, Wilfried Bony, devenu le plus cher joueur de l’histoire de l’Afrique, après son transfert à City et qui n’a pas encore marqué en Guinée. Sans compter que l’ailier des Eléphants, Gervinho, a été expulsé lors de la première rencontre. Il est suspendu pour deux matchs après une agression contre un adversaire guinéen. « Nous avons commis des maladresses au début de la partie, mais on s’en est remis. J’admets qu’on n’était pas au niveau, à commencer par moi-même. Je suis toujours optimiste, car ce groupe possède beaucoup de qualités et de nombreux éléments capables de faire la différence, même à des moments très critiques », dit Touré.

Au Ghana aussi, André Ayew et Asamoah Gyan ont marqué pour maintenir les Black Stars, dans la compétition, mais ils n’étaient pas à la hauteur. « Il y a une grande pression, le public attend beaucoup de nous et on doit être au niveau des expectations. Beaucoup de joueurs sont épuisés et d’autres pas à 100%, comme Gyan et moi, de retour de blessures, mais nous allons évoluer afin de réjouir nos fans », explique le capitaine des Black Stars après la victoire à l’arraché face à l’Algérie par un but à la 92e minute de Gyan.

Un groupe compliqué

Qualifié de groupe de la mort, le groupe D, comprenant la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Mali et la Guinée, n’a pas encore révélé ses secrets. En prévision de la 3e et dernière journée décisive qui opposera la Côte d’Ivoire au Cameroun et la Guinée au Mali ce mercredi, les quatre rivaux sont à égalité. En effet, les quatre rencontres disputées jusque-là dans ce groupe D se sont terminées sur le score identique de 1-1. Selon l’article 74 du règlement, en cas d’égalité entre deux ou plusieurs équipes, elles seront départagées par leur tête-à-tête, ensuite le calcul de buts et finalement un tirage au sort. On pourra ainsi assister à un tirage au sort, pour départager les équipes au cas où les deux derniers matchs se termineraient par un nul ou en cas d’une victoire et un nul. La CAN a eu recours au tirage au sort lors de deux précédentes éditions. La première était en 1972, où le Congo s’était qualifié aux demi-finales aux dépens du Maroc, pour ensuite remporter son unique titre continental. La deuxième fois était en 1988 où l’Algérie était favorite sur la Côte d’Ivoire lors de la phase de poule. Les Eléphants ivoiriens se déploieront au maximum, ce mercredi, afin d’éviter une autre déconfiture dramatique.

Le Congo et Le Roy retracent leur histoire

Le Congo et Le Roy retracent leur histoire
(Photo : AP)

De retour après 15 ans d’absence, le Congo est la plus grande révélation de la 30e édition de la CAN. Les Congolais se sont qualifiés en quarts de finale pour la première fois depuis 1992. Les champions de 1972 ont concédé un nul 1-1, en match d’ouverture contre la Guinée avant de battre le Gabon de Pierre Emerick Aubameyang 1-0. Enfin, ils se sont imposés 2-1, contre le Burkina Faso pour terminer en tête du groupe A. Un exploit dû au maestro Claude Le Roy, directeur technique français de l’équipe. « C’est incroyable. Je suis plein d’émotions et une joie incroyable. Ces gars sont incroyables. Avant le match, nous avons dit que nous devions terminer tête du groupe et ainsi il fallait gagner et c’est ce qu’on a fait », a-t-il dit en larmes sur Canal+. Ce technicien expérimenté, surnommé le sorcier d’Afrique, a lui aussi un record à son nom. Il a atteint les quarts de finale 9 fois avec 5 différentes sélections, à savoir le Congo, la RD Congo, le Ghana, le Cameroun et le Sénégal. « C’est le fruit de longues années de travail et d’expérience. J’ai le football dans mon coeur et je mets tout mon esprit dans mon boulot », a-t-il déclaré. « Nous avions éliminé le Nigeria, champion en titre, lors des qualifications, et maintenant, nous avons battu le Burkina Faso, finaliste de la dernière édition. Tout ce qui arrivera à partir de maintenant sera un bonus », a-t-il ajouté, fier de son exploit.

Mais ce n’est pas le seul exploit qui s’est réalisé cette soirée-là: La Guinée équatoriale, pays hôte, a atteint les quarts de finale, aussi pour la deuxième fois de son histoire en autant de participations (ndlr: La première était en 2012, lorsqu’elle a accueilli la compétition avec le Gabon). Les hôtes ont terminé deuxièmes du groupe A, derrière le Congo, pour poursuivre leur rêve. En effet, cette équipe était disqualifiée lors des qualifications pour avoir fait participer un joueur sanctionné. Mais après le forfait du Maroc, à cause de l’épidémie Ebola, la Guinée équatoriale a été désignée pour accueillir cette édition et réserver sa place dans la phase finale. Attendons pour voir la fin de cette aventure.

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