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Haltérophilie : Ihab, la star qui monte

Doaa Badr, Mardi, 02 décembre 2014

Avec deux médailles d'argent et une de bronze acquises aux derniers Mondiaux, Mohamad Ihab est l'un des porte-drapeaux de la nouvelle génération d’haltérophilie. Portrait.

Haltérophilie
Aujourd'hui, Ihab rêve d'une médaille olympique. (Photo : iwf.net)

A 24 ANS, Mohamad Ihab (69 kg) a réalisé un exploit en remportant deux médailles d’argent et une de bronze lors des Championnats du monde d’haltérophilie qui se sont achevés il y a une semaine à Almaty (Kazakhstan). Décrocher trois médailles aux Mondiaux est une première dans l’histoire de l’haltérophilie égyptienne. Ihab devient ainsi la star de l’équipe égyptienne.

Il était en concurrence avec 2 stars très connues : le Chinois Lio Hui et le Nord- Coréen Kim Hyong Hyok. Mais le jeune Egyptien était à la hauteur de la compétition et a décroché deux médailles d’argent à l’épaulé jeté avec 182 kg, et au total avec 334 kg et une médaille de bronze à l’arraché avec un levé de 152 kg. Au total, c’est le Chinois qui a décroché la médaille d’or avec 359 kg, en laissant les deux autres marches du podium à l’Egyptien et au Coréen.

« Je suis très fier de ma performance. J’ai vécu les meilleurs moments de ma vie en montant sur le podium et en voyant le drapeau égyptien », déclare le jeune homme qui ajoute que « la concurrence était très serrée. Tous les meilleurs haltérophiles étaient présents. Ce qui m’a beaucoup aidé aux Mondiaux c’est que j’étais un inconnu parmi les grandes stars de la discipline. Personne ne pensait que je pouvais remporter une médaille car je ne suis pas classé mondialement. Mais à la grande surprise de tout le monde, j’ai arraché des médailles ».

Les médailles remportées par Ihab étaient une surprise pour les Egyptiens eux-mêmes. Ce jeune homme, qui a été suspendu pendant 2 ans, n’a disputé aucune compétition durant les 2 dernières années. Il n’a intégré la sélection nationale que le 15 septembre dernier. En 2012, 3 mois avant les Jeux olympiques de Londres, Ihab a effectué un test antidopage, malheureusement, le résultat était positif. « Au début, j’ai mal vécu cet épisode de ma vie mais grâce au soutien de mon entraîneur au sein du club Fayoum, Mohamad Eweis, je suis retourné à l’entraînement en 2013 », se souvient-il. Pendant plus d’un an, Ihab s’est entrainé seul avec son entraineur dans sa ville natale, Fayoum. Après avoir réalisé de bons records et un niveau convenable, il a intégré le club de l’Institut militaire à Ismaïliya. « Avec l’entraîneur Amr Ramadan, j’ai commencé une nouvelle ère. Il m’a affirmé que je devrais réaliser un exploit international pour oublier le passé », ajoute-t-il. Ainsi, le jeune homme a commencé à s’entraîner d’une manière professionnelle avec l’intention de réaliser une prouesse. Il a travaillé sur ses records personnels pour les améliorer grâce à un programme bien établi, tout en mettant devant lui les records mondiaux. Et pour retourner au jeu, il était obligé d’effectuer 3 tests antidopage auprès de la Fédération égyptienne pendant les mois de mars, avril et mai. La suspension a été levée en août dernier après les résultats négatifs. Le 3 septembre, Ihab a disputé sa première compétition après la suspension en participant au Championnat des entreprises. Pendant ce tournoi, il a battu les records des haltérophiles de la sélection nationale. Après avoir remporté la première place, il a intégré de nouveau la sélection nationale. « Mon but n’était pas de réintégrer la sélection et disputer les Mondiaux, mais de monter sur le podium mondial. Pendant un mois et demi je n’ai fait que m’entraîner. J’ai fermé mon portable et mon laptop. J’ai travaillé sur mes records », précise-t-il. Ainsi, grâce à son âme de fer et sa volonté de vaincre, il a pu réaliser son but.

Mohamad Ihab
Aujourd'hui, Ihab rêve d'une médaille olympique. (Photo : iwf.net)

Les débuts de ce champion remontent à son enfance. Il était habitué à se rendre à la salle d’haltérophilie depuis l’âge de 3 ans. « Mon père était un champion d’haltérophilie, il m’a habitué à l’atmosphère de l’entraînement depuis mon enfance puisque je l’accompagnais. Un jour, l’entraîneur Galal Eweiss m’a vu avec lui au club de Fayoum. Il a insisté pour que je m’entraîne alors que je n’avais que 8 ans », se souvient-il. Lorsqu’il a eu 14 ans, il a intégré l’école des athlètes talentueux. Dès ses débuts, il était champion d’Egypte de son âge. A l’âge de 16 ans, il a intégré la sélection égyptienne junior avec laquelle il a disputé les Championnats du monde juniors en 2007, où il a terminé 5e pour annoncer la naissance d’un nouveau champion. A 20 ans, il a disputé les Jeux panarabes en 2007. Il a décroché 3 médailles de bronze. En 2008, il a commencé à récolter les médailles internationales juniors en remportant 2 médailles de bronze et une d’argent aux Mondiaux juniors, puis une médaille de bronze aux Mondiaux juniors 2009. A la même période, il a pu remporter des médailles aux Championnats d’Afrique seniors.

Aujourd’hui, les rêves de notre champion sont plus élevés. « J’aspire à monter une autre fois sur le podium mondial en 2015. Mon rêve le plus précieux est de remporter une médaille aux JO 2016 ». Afin de le réaliser, Ihab réclame plus d’attention et un entraînement professionnel avec un entraîneur personnel. « Pour m’améliorer, j’ai besoin d’être dans un milieu qui me stimule et d’avoir un plan à long terme », conclut-il.

Une génération prometteuse

Cette discipline phare de l’Egypte n’a remporté aucune médaille aux Mondiaux depuis des années, notamment depuis la retraite de l’ancienne génération telle que la star Nahla Ramadan, ancienne championne du monde. Aujourd’hui, l’équipe égyptienne est composée d’une majorité de jeunes haltérophiles tels que Ragab Abdel-Hay, Magued Emad, Mohamad Ihab et Ibrahim Ramadan qui ont décroché des médailles aux Mondiaux juniors. Tandis que chez les dames, il y a Sara Samir, Chaïmaa Khalaf et Esraa Al-Sayed qui sont toutes des médaillées aux Mondiaux juniors. L’équipe ne compte que 2 athlètes expérimentés, Tareq Yéhia, médaillé de bronze aux Mondiaux 2010 chez les seniors, actuellement blessé, et Mohamad Ehsan Attiya, le plus âgé, médaillé de bronze à ces Mondiaux. Grâce à la performance d’Ihab, la médaille d’Ehsan et les bons classements des jeunes, l’équipe hommes s’est classée à la 6e place au classement final pour la qualification olympique. Tandis que l’équipe dames s’est classée 11e. Le classement est d’autant plus important qu’il compte pour la qualification olympique qui se fait à travers les deux Mondiaux 2014 et 2015. Les 6 premiers pays au classement final des 2 Mondiaux seront représentés dans les Jeux Olympiques (JO) de Rio de Janeiro en 2016 avec une équipe complète de 6 haltérophiles chez les hommes. Ce qui indique l’importance des médailles d’Ihab, puisque l’Egypte ne pouvait pas atteindre un tel classement sans ses médailles.

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