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La fin de l’ère Bradley

Karim Farouk, Mardi, 26 novembre 2013

Le mandat du technicien américain Bob Bradley est venu à terme avec les Pharaons après son échec dans sa principale mission : qualifier l’Egypte à la Coupe du monde 2014. Parcours d’un entraîneur.

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(Photo : Reuters)

Un seul match a mis en poussière le rêve de l’Egypte de se qualifier à la Coupe du monde 2014. L’humiliante défaite à Kumasi 6-1, en octobre dernier, a été fatale pour les Pharaons, qui n’ont réalisé qu’une simple victoire de 2-1 au Caire le 19 novembre dernier, au retour du barrage pour le Mondial. Le sélectionneur des Pharaons, Bob Bradley, a failli à sa principale mission de mettre fin à la longue traversée du désert depuis le Mondial d’Italie en 1990. « Je voulais rendre les Egyptiens heureux, mais je n’ai pas pu. Je m’excuse encore une fois. Nous avions peut-être besoin de plus de chance à de nombreuses occasions. Nous avons remporté 7 de nos 8 matchs de qualifications, mais ce n’était pas assez. C’est le foot », s’est exprimé Bradley dans ses derniers propos adressés aux Egyptiens avant de quitter le pays.

Embauché en novembre 2011, le technicien américain a succédé à Hassan Chéhata, l’entraîneur le plus glorieux de l’histoire des Pharaons, avec 3 titres de Coupe d’Afrique des Nations (CAN) (2006, 2008 et 2010), mais sans succès en Coupe du monde. Bradley avait un seul objectif : décrocher le billet pour le Brésil. C’est pour cela qu’il a conservé son poste malgré la non-qualification de l’Egypte à la CAN 2013 pour la 2e fois consécutive. En dépit des troubles que traverse le pays, il a réalisé un parcours sans faute lors de la phase de poule, pour terminer à la tête du groupe G avec un maximum de 18 points. Les Egyptiens vivaient déjà le rêve d’aller au Brésil avant de se réveiller sur le cauchemar de Kumasi. « C’était un jour étrange. Il y avait de tout : émotions, nerfs, terrain, arbitre, etc. Les joueurs étaient très nerveux avant le match. Il y avait une énorme pression sur eux pas seulement pour atteindre la Coupe du monde, mais aussi pour les circonstances que l’Egypte vivait. Je sais que c’était ma faute, mais c’est trop demander d’un match de foot », explique l’ancien sélectionneur des Pharaons.

Deux années exceptionnelles

Ce dernier n’était pas le plus chanceux des entraîneurs, vu son séjour complètement perturbé. L’instabilité politique et les troubles quotidiens ont provoqué l’annulation des compétitions locales lors des 2 dernières saisons. Le football égyptien a été suspendu depuis février 2012 après la catastrophe de Port-Saïd où 74 personnes ont péri dans des heurts entre le public de Masri et Ahli, à l’occasion d’un match de championnat. A peine les compétitions ont-elles repris en février 2013 que la saison fut annulée après le 30 juin. « Nous travaillons plus comme un cadre technique d’un club et pas d’une sélection. On devait préparer les joueurs physiquement et techniquement pour les matchs, vu la suspension des compétitions », avait dit Diaa Al-Sayed, entraîneur adjoint.

Avec un noyau essentiel basé sur des joueurs locaux, la sélection a été gravement affectée par la chute du niveau des joueurs. Le staff n’avait que les matchs amicaux pour préparer les joueurs. Il était devenu de plus en plus difficile de s’offrir des adversaires de renom en raison des circonstances politiques. Le onze national n’a trouvé que l’Ouganda pour faire sa répétition générale avant le voyage de Kumasi. Bradley a été privé de nombreux éléments de calibre pendant de longues périodes, tels que Mohamad Zidan et Amr Zaki pour chute de niveau, Hosni Abd-Rabbou, Hossam Ghali, Ahmad Hégazi et Emad Metaeb en raison de blessures. L’Américain a testé 80 joueurs lors des 2 dernières années, afin d’élargir ses choix et de permettre au plus grand nombre possible de joueurs de se préparer aux compétitions. Il a reformulé la stratégie des Pharaons de la classique 3-5-2 à un schéma de 4-3-3 et 4-2-3-1 en introduisant de nombreuses nouvelles figures qui ont fait leurs preuves. L’ailier de FC Basel (Suisse), Mohamad Salah, est devenu la nouvelle vedette de l’équipe, son coéquipier Mohamad Al-Nenni s’est aussi situé dans le groupe. Le défenseur Ahmad Hégazi, actuellement blessé, semble être le successeur légitime de Waël Gomaa dans l’axe de défense, Ahmad Al-Chennawi a montré de grandes qualités en tant que portier de l’Egypte. Aussi, le défenseur Rami Rabia et le latéral Hazem Emam ont confirmé leurs performances au niveau international. « Je suis fier de mes 2 ans passés en Egypte. Je remercie tous les Egyptiens pour nous avoir chaleureusement reçus et accueillis. Je remercie aussi tout le cadre et les joueurs pour m’avoir supporté durant ces 2 dernières années. J’ai été honoré de travailler avec un tel groupe si dévoué à son pays », avait dit Bradley, dans une longue conférence de presse d’adieu avant le match retour du Ghana. Mais avant de partir, il a donné un dernier conseil. « Si vous voulez bâtir quelque chose pour le futur, vous devez avoir la vision et les personnes capables pour la réaliser. Si vous voulez avoir une bonne équipe, vous devez laisser les joueurs évoluer en Europe pour jouer dans de grandes équipes. Regardez Mohamad Salah à Basel qui joue en Ligue d’Europe. Cela change la mentalité des joueurs », conclut-il. La Fédération égyptienne est actuellement concentrée sur le choix du successeur de Bradley, qui sera probablement national. Et pourtant, ses derniers propos doivent être pris au sérieux, afin de hisser la sélection à un tout autre niveau comme le Ghana, quart de finaliste du Mondial 2010, et la Côte d’Ivoire, qui visent beaucoup plus qu’une simple participation à la Coupe du monde.

Bradley avec les Pharaons

1re sélection : Egypte — Brésil 0-2 (amical), 14 novembre 2011.

Dernière sélection : Egypte — Ghana 2-1 (qualification du Mondial), 19 novembre 2013.

Compétitions :

Eliminé des qualifications de la CAN 2013.

Eliminé des qualifications de la Coupe du monde 2014.

Bilan : 37 matchs, 23 victoires, 6 nuls, 8 défaites, 80 buts marqués, 40 concédés.

Plus grande victoire : Egypte — Swaziland 10-0 (amical), 22 mars 2013.

Plus lourde défaite : Ghana — Egypte 6-1 (qualification du Mondial), 15 octobre 2013.

Joueurs : 80 joueurs utilisés.

Joueurs les plus utilisés : Ahmad Temsah, Mohamad Al-Nenni et Mohamad Salah (lors de 25 matchs).

Meilleur buteur : Mohamad Salah (16 buts).

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