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Ehsan Eid Abdelmalek : J’aimerais remporter la Ligue cette saison avec OGC Nice Côte d’Azur et terminer ma carrière à Ahli

Amr Moheb , Samedi, 14 octobre 2023

Ehsan Eid Abdelmalek, star du handball féminin égyptien et meilleure joueuse et butteuse de la Ligue française, revient sur son parcours et le handball féminin en Egypte.

Ehsan Eid Abdelmalek

Al-Ahram Hebdo : Vous avez deux prénoms qui sont utilisés dans les médias, Ehsan et Marwa, lequel préférez-vous ?

Ehsan Eid Abdelmalek : Je m’appelle Ehsan, mais les gens m’appellent Marwa depuis que j’étais toute petite. Alors, vous pouvez m’appeler Ehsan ou Marwa.

— Comment avez-vous commencé votre carrière sportive de joueuse ?

— Durant mon enfance, j’aimais beaucoup le sport. J’aimais tellement le sport que je jouais au football avec les garçons dans la rue dans mon quartier de Sayéda Zeinab au Caire. Bien que je n’aie que 8 ans, j’ai attiré l’attention de tout le monde car je jouais très bien au football. Un jour, l’un des entraîneurs des juniors de handball au Centre des jeunes de Zeinhom — qui s’appelle Magdi Abdel-Salam — m’a vue jouer dans la rue. Il a remarqué que j’avais une bonne technique. Il a senti que je pouvais devenir une bonne handballeuse. Il m’a prise pour jouer avec les cadets de handball au Centre des jeunes de Zeinhom. Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour que je devienne la vedette de mon équipe, j’ai tellement attiré l’attention que le club Ahli m’a achetée à l’âge de 9 ans. Le transfert a eu lieu sans la moindre compensation financière, mais Ahli a donné au Centre de Zeinhom des ballons, des équipements de handball et des tenues sportives. L’un de mes plus grands rêves était d’évoluer sous les couleurs d’Ahli. Après ma première saison avec l’équipe à l’âge de 10 ans (saison 1995-1996), j’ai réussi à attirer l’attention et je suis devenue l’une des meilleures joueuses du club toutes catégories confondues. A l’âge de 14 ans, l’administration du club a décidé de me faire jouer avec l’équipe A.

— Vous êtes alors la plus jeune fille de l’histoire du club à rejoindre l’équipe A en handball féminin ?

— Pas seulement du club, mais aussi de l’histoire du handball féminin en Egypte. J’ai participé à l’âge de 14 ans avec l’équipe A des Rouges à la Coupe d’Afrique des clubs champions féminins (ndlr : le nom du championnat a changé quelques années plus tard pour devenir la Ligue des champions d’Afrique féminine de handball). Je n’ai perdu que deux ou trois matchs tout au long des 14 ans que j’ai passés avec le club. Je dois beaucoup à mes entraîneurs qui m’ont appris à devenir une bonne joueuse, tels Moustafa Abbas, Ayman Eweis, Tamer Adel, et surtout Achraf Chokri. Grâce à ces entraîneurs, je suis devenue la meilleure joueuse d’Egypte.

J’ai fait ma première apparition avec l’équipe nationale égyptienne A en 2003. J’ai remporté avec les Pharaonnes le Championnat d’Afrique en 2004, au cours duquel j’ai remporté le titre de meilleure buteuse du tournoi et la meilleure ailière gauche d’Afrique.

J’ai aussi une grande passion pour le football, alors tout en jouant au handball, j’ai joué au foot avec le club Wadi Degla de 2007 à 2010. J’ai gagné avec le club tous les championnats de ces 4 années, J’étais la meilleure joueuse et la meilleur butteuse du championnat durant ces années.

Mais je voulais partir jouer au handball en Europe. En 2010, j’ai signé pour le club Aunis Handball qui évoluait à cette époque en 3e Division du Championnat français. Franchement, le championnat de handball féminin en France est complètement différent de celui de l’Egypte. J’ai pris un peu de temps pour m’adapter au handball français et à apprendre la langue française pour que je puisse communiquer avec les joueurs et le staff de l’équipe. J’ai contribué à la promotion de l’équipe qui est montée en 2e Division, puis j’ai réussi un parcours exceptionnel avec le club. Au bout de 5 ans, j’étais meilleure butteuse de la 2e Division de la saison 2013-2014 avec 249 buts en 19 matchs, puis en 2014-2015 avec 195 buts en 19 matchs. J’ai eu alors des propositions de plusieurs clubs de 1re division et j’ai signé pour OGC Nice Côte d’Azur Handball, l’un des plus grands clubs du handball féminin en France. Avec « les Aiglonnes » de Nice, j’ai réussi un parcours exceptionnel et j’ai participé à la Ligue européenne (EHF). La saison dernière, j’ai remporté les titres de la meilleure joueuse de la saison et la meilleure butteuse avec 143 buts.

— Vous avez dit que le championnat de handball féminin en France est complètement différent du Championnat égyptien, pouvez-vous nous parler de cette différence ?

— La Ligue française de handball féminin est l’une des plus grandes d’Europe. Malheureusement, les différences sont énormes entre les championnats de handball féminin en France et en Egypte. Le niveau technique de la 1re Division en Egypte équivaut à la 3e Division en France. Il y a beaucoup de critères pour qu’un club puisse s’inscrire à la Fédération française de handball et jouer en 1re Division. Il doit avoir un grand budget et avoir un certain nombre de joueuses étrangères. En France, les municipalités financent les clubs des régions et les supporters remplissent les tribunes à presque tous les matchs du championnat féminin, ce qui n’existe pas en Egypte.

— Contrairement à l’équipe masculine, la sélection féminine de handball est loin de la concurrence internationale. D’après vous, quelles sont les causes de ce grand écart entre le handball masculin et féminin en Egypte ?

— La Fédération égyptienne de handball accorde une grande importance aux équipes masculines, que ce soit dans la préparation, les stages et les matchs amicaux, mais on ne fait pas la même chose avec les équipes féminines. Il y a beaucoup de handballeuses égyptiennes de haut niveau mais elles n’ont pas le soutien des responsables du handball. Il suffit de mettre en place un plan de préparation à long terme, de recruter un bon technicien européen pour entraîner les handballeuses égyptiennes et d’organiser des matchs amicaux contre les grands pays du handball comme on fait avec les hommes. Si les handballeuses égyptiennes reçoivent le même traitement que les hommes, elles seront parmi les meilleures au monde.

— Vous venez d’une famille sportive, vos soeurs sont aussi handballeuses …

— (Rires) C’est vrai, ma soeur aînée Hanane était la capitaine de l’équipe de handball d’Ahli, puis maintenant, elle est entraîneure de handball au club ; moi, avant de partir en France, j’étais la capitaine d’Ahli, et maintenant, c’est ma petite soeur Nasra qui est devenue la capitaine de l’équipe.

— Quels sont vos objectifs d’avenir ?

— J’aimerais remporter la « Ligue Butagaz Energie » cette saison avec mon club l’OGC Nice Côte d’Azur Handball. Nous avons déjà joué 7 journées et je suis actuellement parmi les 3 meilleures butteuses de la Ligue, j’espère que je serai meilleure butteuse et meilleure joueuse cette saison. J’aimerais pouvoir continuer à jouer le plus longtemps possible puis de rentrer en Egypte et terminer ma carrière de joueuse sous les couleurs de mon club de coeur Ahli.

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