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L'argent ne fait pas le bonheur à Pyramids

Karim Farouk, Mercredi, 30 janvier 2019

En dépit de ses moyens importants, le club Pyramids FC peine à obtenir des résultats. Après un match nul contre Zamalek jeudi dernier, l’entraîneur de l’équipe, Hossam Hassan, le 3e en 6 mois, a été remercié. Les investisseurs cherchent toujours la formule magique.

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L'attaquant syrien Omar Kharbin, meilleur joueur asiatique en 2017, a été la grande vedette du mercato hivernal. (Photo: Mohamad Adel)

Le nouveau ténor financier du football égyptien, Pyramids FC, a du mal àconvertir ses millions en succès. Malgréses recrues hivernales, Pyramids FC n’a pas pu faire plier Zamalek, le solide leader du Championnat, dans une rencontre qui a régaléles spectateurs, mais qui s’est soldée par un match nul 3-3, jeudi 24 janvier.

Emmenépar un trio de taille, achetéen janvier, composépar Omar Kharbin, le meilleur joueur asiatique en 2017, l’attaquant équatorien Jhon Cifuente, le milieu péruvien Cristian Benavente et l’ailier brésilien Keno, Pyramids FC n’a pas pu faire douter les Blancs qui ont su conserver leurs trois points d’avance en tête du classement, alors qu’ils comptent trois matchs de moins. Un nul au goût amer qui fait de l’ombre aux ambitions du propriétaire saoudien du club, Turki al-Sheikh, directeur de l’autoritégénérale pour le divertissement saoudien.

«J’ai vu beaucoup d’enthousiasme, mais je n’ai pas vu une bonne technique. Je ne comprends pas pourquoi des joueurs qui nous ont coûté des millions de dollars sont restés sur la touche. Si on avait une bonne gestion technique de ce groupe, aucune équipe ne pourrait nous faire face. J’en discuterai avec l’entraîneur Hossam Hassan pour savoir les raisons de ces contre-performances.

Maintenant je dois admettre que nos chances pour le titre de cette saison sont réduites », s’est expriméal-Sheikh après le match. Impatient de voir les fruits de son énorme investissement, al-Sheikh cherche toujours la meilleure formule pour rencontrer le succès avec cette équipe, même si cela veut dire faire valser ses entraîneurs. Le ministre saoudien a décidéde remercier Hossam Hassan quelques heures seulement après le match et a nomméle technicien argentin Ramon Diaz àsa succession. Diaz (59 ans) est le quatrième entraîneur qui arrive àla barre de Pyramids FC, en moins de six mois, suite au Brésilien Alberto Valentim, l’Argentin Ricardo La Volpe et Hassan.

L’ancien entraîneur du River Plate et du Paraguay, qui a passéla grande majoritéde sa carrière en Amérique latine, a une bonne expérience dans la région. Après avoir menéle ténor saoudien Al-Hilal (2016-2018) au doublélocal en 2017, il a entraînéune courte période Ittihad Jeddah en 2018.

Plus de 1 milliard investis

«Nous avions l’objectif de placer l’équipe dans le carré d’or lors de notre première saison et d’essayer de nous qualifier à l’une des deux compétitions africaines. C’est une nouvelle expérience et on savait que l’on aurait besoin de temps pour créer une harmonie au sein du groupe. Mais avec le grand support du propriétaire du club et les grandes arrivées, nos ambitions ont grandi, on a pu se situer parmi les grands du Championnat. Mais il faut être réaliste et l’on sait qu’on ne peut pas concrétiser tous nos rêves dès la première saison », a déclaréAhmad Hassan, ancienne gloire des Pharaons et porte-parole du club.

Achetél’étédernier, Pyramids FC a étaléses gros muscles financiers sur le marchédes transferts en s’offrant 29 joueurs lors des deux mercatos, dont 13 étrangers, pour une somme qui a dépasséla barre de 1 milliard de L.E. (55 millions de dollars). Un recrutement qui a donnéune nouvelle dimension aux transferts en Egypte, que ce soit au niveau des prix ou de la qualité. Même si cet élan n’a pas entièrement étéau niveau des expectatives, on notera le flamboyant ailier brésilien Keno embauchéde Palmeiras (Brésil) en août dernier pour une somme aux alentours de 8,5 millions de dollars. Keno (28 ans) a exploséen Championnat et étalétoutes les qualités dignes d’une vedette brésilienne, faisant jongler tous les défenseurs adverses.

Le talentueux attaquant a étél’arme fatale de son équipe après avoir marqué7 buts et signé7 passes décisives en 19 rencontres. L’attaquant syrien Omar Kharbin a eu un début de rêve en marquant le but d’égalitéface àZamalek deux jours seulement après avoir étéembauchéd’Al-Hilal, sous forme de prêt jusqu’àla fin de la saison. L’ancien meneur d’Ahli et de la sélection d’Egypte Abdallah Al- Saïd a connu un véritable succès depuis son arrivée en début janvier, en marquant 2 buts et signant 5 passes décisives en l’espace de 5 rencontres. Recrutéen janvier aussi, le serial buteur équatorien Jhon Cifuente est encore transparent, tandis que le meneur péruvien Benavente n’a eu que 20 minutes de jeu pour s’exprimer face àZamalek.

Mais face àces exemples prometteurs, de nombreux autres ont fait naufrage tels que Dani Schahin, Rodriguinho, Carlos Eduardo, Arthur et Okechukzu Azubuike qui ont coûtédes millions de dollars.

Largent nachète ni lexpérience ni le statut dun champion. Pyramids FC, malgréses ambitions folles et sa puissance financière, doit garder les pieds sur terre. Le nouveau-néa grandi vite et est devenu une source dattraction dans le football égyptien, mais a besoin de patience pour mûrir et compléter son projet.

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