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Ossama Nabih : La personnalité de Cuper a joué un grand rôle dans la qualification des Pharaons

Amr Moheb, Mardi, 10 octobre 2017

Ossama Nabih, entraîneur général de l’équipe nationale d’Egypte, revient sur la qualification des Pharaons pour la Coupe du monde après 27 ans d’absence.

Ossama Nabih
Ossama Nabih, entraîneur général de l’équipe nationale d’Egypte.

Al-Ahram Hebdo : Votre staff tech­nique a réussi à qualifier l’Egypte pour le Mondial après 27 ans d’absence …

Ossama Nabih : C’est le fruit du travail sérieux du coach argentin Hector Cuper et des membres du staff technique et adminis­tratif. Les joueurs étaient bien concentrés et ne pensaient qu’à la qualification. Nous nous sommes donnés tous jusqu’au bout. Nous avons tous travaillé pour réaliser notre objec­tif ou plutôt notre grand rêve de se qualifier pour la Coupe du monde 2018. Au départ, nous savions très bien que notre mission ne serait pas facile et que la qualification au Mondial ne serait pas donnée. Nous savions que pour se qualifier pour la Coupe du monde, nous devions être à la hauteur. Au début des éliminatoires, la sélection égyp­tienne était mal placée dans le classement de la FIFA, et nous n’étions même pas capables de nous qualifier pour la Coupe d’Afrique.

— Et alors qu’est-ce que vous avez fait ?

— Nous avons choisi un bon groupe de joueurs, une sélection de joueurs locaux et d’autres évoluant à l’étranger. Après avoir choisi le groupe que nous estimions capable d’interpréter nos plans de jeu, nous avons travaillé avec ces joueurs sur le plan psycho­logique et moral ainsi que sur le plan tech­nique et tactique. Car si les joueurs n’avaient pas confiance en eux-mêmes, personne n’au­rait confiance en eux. Nous avons tous oublié le passé et les mauvais résultats des années précédentes et nous avons décidé de commencer une nouvelle phase. Nous avions tous les atouts pour réussir : une bonne géné­ration de joueurs doués et motivés, des mil­liers de supporters qui remplissent les gra­dins durant les matchs à domicile et un excellent coach comme l’Argentin Hector Cuper.

— Vous trouvez que Cuper est un excel­lent entraîneur. Il a pourtant été critiqué par les médias et les experts du football ...

— Je le répète, Hector Cuper est un excel­lent coach, l’un des meilleurs au monde sur le plan technique, mais aussi sur le plan per­sonnel. C’est vraiment un grand monsieur. Il sait comment préparer ses joueurs technique­ment et psychologiquement. Moi personnel­lement, j’ai eu la chance de travailler avec lui. La personnalité de l’excellent Hector Cuper a joué un grand rôle dans la qualifica­tion des Pharaons. Il a d’abord mis les joueurs à l’écart des critiques, que ce soit dans les médias ou dans les réseaux sociaux. Il leur disait qu’il était normal que les gens parlent et qu’ils devaient répondre à ces accusations sur le terrain avec des victoires. Puis il a appliqué une méthode scientifique pour préparer la sélection. Les plans qu’il a mis en place depuis son arrivée à la tête du staff technique se sont presque réalisés. Il a mis en place une stratégie et une feuille de route pour que l’équipe se qualifie pour la Coupe du monde en Russie. Pour la première fois, l’Egypte gagne ses deux premiers matchs aux éliminatoires du Mondial. Nous avons aussi réussi à nous qualifier à la Coupe d’Afrique des nations 2017 au Gabon après 7 ans d’absence, et la qualification n’était pas donnée puisque nous avons arra­ché le billet de la qualification au Nigeria, une des meilleures équipes du continent. En partant au Gabon avec une équipe toute jeune, les médias se demandaient si nous étions capables de nous qualifier pour le deuxième tour. L’équipe a réalisé un très bon parcours, et a terminé deuxième après le Cameroun. Après la CAN, les Egyptiens ont constaté le grand effort de Cuper et ils ont constaté qu’il a créé une nouvelle équipe prometteuse, digne de défendre les couleurs de l’Egypte et capable de se qualifier pour la Coupe du monde.

— Beaucoup de journalistes et de spé­cialistes de football n’ont pas été satisfaits du niveau technique de l’équipe nationale égyptienne au Gabon, bien qu’elle se soit classée à la deuxième place. Pour eux, c’est plutôt la chance qui a joué …

— (Il sourit) Etre finaliste de la Coupe d’Afrique et en plus se qualifier pour la Coupe du monde se serait donc ainsi fait par chance ?! Je ne suis pas d’accord avec eux. Si tu gagnes un match par chance, tu ne peux ni gagner tous les matchs par chance ni te qualifier à la Coupe du monde par chance. Le football est devenu une science dont nous appliquons les théories et nous faisons des calculs, comme l’a fait Hector Cuper. Après la CAN, les Egyptiens ont constaté qu’ils possédaient une nouvelle équipe composée de très bons joueurs. Ils se sont rendu compte qu’ils ont une jeune équipe qui peut se qualifier pour la Coupe du monde.

— Se qualifier pour la Coupe du monde avant la fin des matchs des éliminatoires comme vous aviez souhaité lors de votre dernier entretien avec Al-Ahram Hebdo

— Tout à fait. Comme je vous l’avais dit dans mon entretien il y a plusieurs mois, nous nous sommes qualifiés même avant de jouer le dernier match des qualifications. Je rêvais toujours des manchettes des journaux disant que l’Egypte est parmi les premiers pays à se qualifier au Mondial. Mon rêve s’est réalisé et nous nous sommes qualifiés à la Coupe du monde sans attendre le résultat de notre dernier match contre le Ghana le 14 novembre. J’étais sûr que la qualification viendrait à la fin de notre match contre le Congo en Egypte. Durant le match, les membres du staff technique et moi, nous étions sûrs que c’était le match de notre qua­lification pour le Mondial, et en même temps nous étions prêts à tout autre scénario, soit une défaite ou un match nul. Mais je vous assure, nous étions presque sûrs que nous allions gagner.

Quel a été votre sentiment après que le Congo eut égalisé le score à quelques minutes de la fin du match ?

— C’était l'un des moments difficiles pour nous, mais j’avais toujours la certitude que nous allions gagner. Dieu récompense ceux qui travaillent et nous avons bien travaillé, et j’étais sûr que Dieu allait nous récompenser pour les efforts que nous avions déployés. J’étais sûr que nous allions marquer le but de la qualification à l’arrêt de jeu et cela a été grâce au penalty marqué par Mohamad Salah.

— Justement n’avez-vous pas le senti­ment que Mohamad Salah a été une pièce maîtresse de cette qualification ?

— Sans doute Mohamad Salah est un grand joueur et a joué un grand rôle dans la qualification de l’Egypte au Mondial. Salah est l’as du football égyptien en ce moment. Il a un style de jeu très technique et rapide. Il est à la fois buteur et meneur de jeu. Son niveau évolue d’une saison à l’autre. Il est l’une des vedettes du club Liverpool en Angleterre et je vois qu’il est l’un des meilleurs joueurs en Europe. Il a joué un grand rôle dans la qualification de l’Egypte. Mais nous ne devons pas non plus oublier les efforts de ses coéquipiers. Sans les efforts des joueurs comme Mahmoud Trezeguet, Ramadan Sobhi, Mohamad Al-Nenni, Abdallah Al-Saïd, Ahmad Fathi, Ahmad Hégazi, et le gardien expérimenté Essam Al-Hadari, l’Egypte n’allait pas se qualifier au Mondial. C’est vrai que Salah est le meilleur joueur égyptien en ce moment sans concurrent, mais il n’y a pas une équipe de football au monde qui peut gagner avec les efforts d’un seul joueur sans le reste. Une équipe de football est composée de 11 joueurs et non pas d’un seul.

— Concernant le gardien Essam Al-Hadari qui a 45 ans en ce moment, est-ce qu’il aura l’occasion de garder les filets des Pharaons l’année prochaine en Russie 2018 ?

— Oui, tout est possible. Al-Hadari a une grande chance d’être titulaire en Coupe du monde s’il garde son haut niveau jusqu’à l’année prochaine, et le joueur qui veut être titulaire dans l’équipe de son pays doit être le meilleur à son poste. Tous les joueurs égyptiens sans exception peuvent être sélec­tionnés et peuvent participer à la Coupe du monde s’ils ont le niveau. Comme je le dis toujours, chaque période a ses outils et ses joueurs. Par exemple le déroulement des matchs du championnat avait un rôle positif dans la préparation physique des joueurs au début des matchs des éliminatoires, puis il avait un rôle négatif aux trois derniers matchs car quelques joueurs étaient très fati­gués, surtout ceux du club Ahli qui jouent à la fois les matchs du championnat et ceux de la Ligue d’Afrique des champions, ce qui a abouti à l’absence de Abdallah Al-Saïd, une des vedettes de l’équipe. Le déroulement des matchs aura de nouveau un rôle positif à la prochaine période, car il nous permettra de bien suivre les joueurs des clubs pour sélec­tionner les meilleurs. C’est pourquoi je ne suis pas d’accord avec la proposition faite par les médias que la Fédération égyptienne de football arrête le championnat cette sai­son pour que la sélection nationale se pré­pare au Mondial. Je suis contre cette propo­sition.

— En parlant de la Fédération égyp­tienne de football, quel était son rôle dans la qualification de l’équipe nationale au Mondial ?

— La Fédération égyptienne de football nous a fourni tous nos besoins surtout lors des camps de préparation. Le président de la fédération, Hani Abou-Rida, était toujours avec nous, il surveillait lui-même l’équipe et a joué un grand rôle dans la bonne prépara­tion des Pharaons. Nos camps de prépara­tion, les matchs amicaux, les voyages de l’équipe, etc. Tout était bien en ordre et tout était très bien organisé. Il nous a fourni une très bonne préparation pour la CAN et pour les éliminatoires de la Coupe du monde.

— Juste après la qualification, les jour­naux ont dit que des responsables du club de Zamalek veulent que vous soyez le coach de leur équipe à la place de Neboja Jovovi. Allez-vous accepter cette offre ?

— Personne ne m’en a parlé à Zamalek. Je pense que Zamalek a en ce moment un bon staff technique sous la direction de Jovovi et il n’a pas besoin de le changer.

— Vous êtes un jeune entraîneur, vous n’avez que 42 ans et vous êtes plus jeune que le joueur de l’équipe Essam Al-Hadari. Quel est votre rêve dans le domaine de l’entraînement ?

— Mon rêve dans le domaine de l’entraî­nement a été déjà réalisé avec cette qualifi­cation pour la Coupe du monde après 27 ans d’absence. C’est mon grand rêve et le rêve de plus de 100 millions d’Egyptiens. J’ai l’honneur de faire partie du staff technique qui a réalisé cet exploit. Nous avons rencon­tré le président de la République, Abdel-Fattah Al-Sissi, qui nous a remerciés d’avoir réalisé cet exploit et de rendre tout le peuple égyptien heureux. C’est un beau rêve qui se réalise pour moi. Aujourd’hui notre objectif, les membres du staff technique et adminis­tratif de l’équipe et moi, c'est que l’équipe réalise de bons résultats en Russie 2018, passe le premier tour et ne soit pas éliminée au premier tour comme cela est arrivé lors de nos deux participations passées en 1934 et 1990. Je rêve aussi que le complexe de la Coupe du monde soit terminé, et que l’Egypte puisse s’y qualifier au cours des prochaines éditions sans problème.

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