Samedi, 13 juillet 2024
Al-Ahram Hebdo > Sports >

Tamer Zein Al-Abidine: « Je ferai de mon mieux pour accorder à Alaa Aboul-Qassem l’attention qu’il mérite »

Mirande Youssef, Lundi, 25 février 2013

Tamer Zein Al-Abidine, le nouveau président de la Fédération, fait part de sa stratégie visant à développer la discipline et rééditer l’exploit olympique de Londres 2012. Entretien.

Tamer Zein Al-Abidine
Tamer Zein Al-Abidine

AL-AHRAM HEBDO : Après votre élection à la tête de la Fédération égyptienne d’escrime et l’exploit olympique de Londres 2012, quelles sont vos dispositions pour l’avenir?

Tamer Zein Al-Abidine : Il faut dire avant tout que l’escrime est une discipline qui n’est ni connue, ni répandue en Egypte où on ne s’intéresse qu’au football. Le nombre de pratiquants est minime et ne dépasse pas les 500. C’est à la suite de l’exploit réalisé à Londres que l’escrime a commencé à attirer l’attention, grâce à l’escrimeur Alaaeddine Aboul-Qassem qui a réalisé une première dans l’histoire de la discipline, en décrochant une médaille d’argent au fleuret. Par conséquent, cette médaille olympique a accordé à l’escrime une nouvelle impulsion en Egypte.

Mon élection à la tête de la Fédération après cette victoire représente certainement pour moi une responsabilité, voire un défi. Autrement dit, cette victoire m’incite à faire de mon mieux pour répandre cette discipline et réaliser plus d’exploits.

 Alaa Aboul-Qassem
Blessé à l'épaule, Alaa Aboul-Qassem doit suivre un traitement médical.

— Alaa Aboul-Qassem est l’Egyptien qui a enregistré la première victoire olympique pour l’escrime égyptienne. Avezvous un plan particulier pour ce jeune champion olympique ?

— Habituellement, en Egypte, les champions olympiques ne bénéficient pas de l’intérêt qu’ils méritent. Voilà pourquoi ils sont désespérés, car leur pays n’accorde pas l’intérêt qu’il faut à leurs talents. Je ne veux pas agir ainsi. Etant un ancien escrimeur international, je peux comprendre la déception d’un athlète qui n’est pas honoré dans son pays. Voilà pourquoi je ferai de mon mieux pour accorder à Alaa l’attention qu’il mérite. Ce champion est encore très jeune. Il a 22 ans et possède un vrai talent pour réaliser des prouesses. Mais Alaa souffre d’une blessure aux épaules qu’il a eue il y a deux ans et qui s’est aggravée à Londres en 2012. Il doit être bien soigné pour que cette blessure n’entrave pas son parcours. En fait, un plan de réhabilitation est mis en oeuvre pour son traitement. Son dossier médical a été envoyé à un spécialiste aux Etats-Unis en octobre dernier. Il devait commencer son traitement au mois de janvier dernier, mais le budget n’a pas été débloqué à temps. Il voyage le 1er mars aux Etats-Unis pour subir un traitement qui va durer un mois. Puis il a une saison très riche en compétitions africaines et internationales. Il disputera les Championnats d’Afrique et les Jeux méditerranéens en juin prochain. En août, il disputera les Championnats du monde et le tournoi du Grand Prix.

— Comment s’entraîne Aboul- Qassem en ce moment ?

— Il faut noter que Alaa est un athlète qui possède un palmarès prestigieux. Après avoir intégré la sélection nationale en 2005, il a remporté plusieurs médailles internationales. En 2009, il a remporté une médaille de bronze aux Mondiaux juniors. En 2010, il était le champion du monde junior aux Mondiaux. Aux Mondiaux seniors 2012, il a réalisé une bonne performance avec une 5e place, et avant les JO, son classement mondial était 8e. Donc, on parle d’un champion talentueux et prometteur qui a une technique de haut niveau et qui a remporté des matchs face à des adversaires très solides. Alaa s’entraînait depuis 2008 sous la houlette du Polonais Pawel Kantorski. Mais son contrat a pris fin en octobre dernier. Le nouveau conseil a voulu recruter un nouvel entraîneur hongrois, mais il a refusé de venir en Egypte à cause des incidents violents qui s’y sont produits. La Fédération étudie encore ce dossier. Actuellement, Alaa s’entraîne avec la sélection nationale sous la houlette de l’entraîneur Sameh Ibrahim.

— Comment évaluez-vous le niveau de la sélection senior ? Avez-vous un projet pour son développement ?

— Je pense que la sélection possède actuellement des escrimeurs talentueux qui peuvent rééditer l’exploit d’Aboul-Qassem. Mais, bien sûr, ils ont besoin d’un plan de formation pour acquérir plus d’expérience. Citons par exemple Ayman Fayez, vice-champion du monde junior 2011 en épée, et le champion d’Afrique 2012. Il est 23e au classement mondial. On a également une sélection féminine très prometteuse qui peut réaliser de très bonnes performances dans la période à venir, mais elle a besoin d’une très grande attention pour progresser. Citons par exemple Mona Abdel-Aziz qui a remporté deux médailles d’or dans les épreuves de sabre et d’épée aux Championnats d’Afrique 2011. La nouveauté pour la sélection, c’est le recrutement d’un psychologue afin d’améliorer la technique de concentration. En fait, l’escrime est une discipline qui exige une forte concentration et non seulement une force physique. De même, la concentration doit aller de pair avec la grande vitesse. Cette réhabilitation psychologique contribuera à améliorer le niveau de la sélection.

— Les juniors bénéficieront-ils d’une part de votre plan ?

— Bien sûr. Les juniors constituent une base essentielle pour la sélection nationale. Donc, je vais accorder plus d’intérêt aux jeunes afin qu’ils aient une base variée, ce qui aidera au développement de la discipline et par la suite de la sélection nationale. Il est à noter qu’il faut débuter par la base pour avoir de bons athlètes au sommet. En fait, la sélection est divisée en deux équipes -17 ans et -20 ans. Mais le problème est que le nombre des athlètes est très limité. Car la discipline n’est pas largement pratiquée au niveau des clubs. Il s’agit de 6 clubs sportifs au niveau de la République qui pratiquent ce sport, à savoir Al-Guézira, Al-Maadi, Al-Seid, Ittihad Al-Chorta, Sporting et Al-Selah Al-Sakandari. Mon plan vise à promouvoir ce sport, afin d’attirer les jeunes.

Ainsi, on organisera des exhibitions dans les différents clubs pour que les jeunes aient plus d’informations sur cette discipline qui doit être pratiquée à partir de 10 ans. N’oublions pas que la médaille olympique remportée à Londres nous aidera beaucoup dans notre campagne de sensibilisation. Nous sommes en train de négocier avec la Fédération africaine d’escrime pour que l’Egypte accueille les Championnats d’Afrique juniors en 2014.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique