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L’écriture c’est Damas

Dina Kabil, Mardi, 13 juin 2017

Un nouveau livre de l'écrivaine syrienne Ghada Samman, sur la ville de Damas, vient de paraître en anglais. Une autobiographie romancée qui réécrit la ville du jasmin en lettres de lumière.

L’écriture c’est Damas

A 75 ans, la Syrienne Ghada Samman continue à faire la une des rubriques culturelles de la presse arabe. Elle vient de publier, en anglais, et pour la 7e fois, un roman intitulé Farewell Damascus (Ya Demachq Wadaan). Déesse des lettres romantiques au milieu de l’intelligentsia arabe, Samman a été cette année au centre d’un grand débat, lorsqu’elle a publié ses lettres amoureuses avec le poète libanais Ounsy Al-Hajj. C’est surtout parce qu’elle a révélé cette « affaire personnelle » deux ans après la mort du grand poète que le débat a surgi sur le fait de savoir s’il faut révéler ce qu’un écrivain a voulu taire de son vivant.

Dans son nouveau roman, elle continue à écrire sur sa ville chère, en proie à la guerre effrayante qui s’y déroule actuellement. Elle avoue ne pas posséder d’immunité « contre la nostalgie » parce que Damas restera toujours à ses yeux « un vaccin contre l’oubli ». L’auteure part sur les traces de sa propre vie, dans une autobiographie romancée, qui revisite les mêmes endroits et le même parcours. Elle rappelle les rues de Damas des années 1960, l’étouffement de la société conservatrice suite à un avortement qu’elle a dû subir, puis le départ pour Beyrouth où elle tombe amoureuse, sur un coup de foudre, d’un Palestinien, qui n’est pas loin de la personnalité véridique de l’écrivain palestinien Ghassan Kanafani dont elle avait publié les lettres d’amour. Tout au long du roman, c’est le règlement de compte qu’elle fait d’une manière poétique entre son parcours personnel et celui de Damas vivant à l’ombre des coups d’Etat successifs.

Samman réécrit la ville de damas avec des lettres de lumière, tel qu’elle l’a fait dans un précédent livre (traduction d’Eric Gautier) : « Lorsque j’écris sur Damas, la langue qui était là inerte et immobile s’illumine de fertilité et de lumière. Elle reprend vie et les mots se transforment en une tribu d’enfants aux yeux curieux. Ils se pressent vers la cour de la feuille, sautent par-dessus les lignes, murmurent contre moi dans le coin de la page comme les petits diables d’une crèche quand ils découvrent que leur maîtresse est amoureuse » l

Farewell Damascus, de Ghada Samman (Ya Demachq Wadaan), Darf Publishers, Londres, 2017

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