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Bien plus qu’une langue

Samar Zarée, Dimanche, 18 mars 2018

A l'occasion de la Journée mondiale de la Francophonie, le 20 mars, un colloque intitulé La Pluralité de la langue française a été organisé les 14 et 15 mars à la Bibliotheca Alexandrina.Un panel de personnalités égyptiennes et étrangères francophones y était présent.

Bien plus qu’une langue
Selon Mohamed Bouabdallah, directeur de l'Institut Français d'Egypte, le français est aujourd'hui très présent dans le monde des entreprises

« La Francophonie n’est pas simplement une langue, c’est plutôt des valeurs à transmettre, comme la solidarité, la diversité culturelle et la démocratie ». C’est par ces mots qu’a commencé Fatma El Zahraa Etman, ambassadrice et représentante person­nelle du président de l’Egypte auprès de l’Orga­nisation Internationale de la Francophonie (OIF), son discours lors du colloque intitulé La Pluralité de la langue française, tenu à la Bibliotheca Alexandrina les 14 et 15 mars et co-organisé par le Centre d’activités Francophones de la Bibliotheca Alexandrina, l’Université Senghor d’Alexandrie et l’Agence universitaire de la Francophonie. Pour étayer sa thèse, Fatma El Zahraa Etman a ajouté que la Francophonie est une tentative de s’affirmer, une fenêtre sur l’ex­térieur aux actions bien claires. Pour preuve, dit-elle, les rendez-vous francophones vont bien au-delà de l’usage de la langue française. Ainsi, chaque sommet de la Francophonie se penche sur une question d’actualité: à Dakar en 2014, il avait pour thème Femme et jeunes convecteurs de paix et acteurs de développement, et à Paris en 2015, le sommet était axé sur la Lutte contre le terrorisme et l’intolérance.

C’est donc cela la pluralité de la langue fran­çaise. Chaque année, quelque 275 millions de francophones à travers le monde fêtent, le 20 mars, la Journée internationale de la Francophonie. Naturel donc de tenir ce col­loque sous le signe de la pluralité. Tous les participants ont insisté sur la valeur de la Francophonie, comme outil d’échange, de culture, de découvertes et bien plus. Cha Mansour, professeur de littérature française à l’Université d’Alexandrie, a assuré qu’adopter le français comme langue de communication, c’est une porte ouverte sur le monde entier. « La langue est indissociable de la culture, ce sont deux facettes d’une même médaille qui aident à découvrir et soi-même et l’autre. La Francophonie est un levier, un trait d’union pour agir, penser, découvrir, entreprendre et encore inventer. Et, à mon avis, les mots Francophonie, francophones et France sont des mots qui apportent toujours avec eux un souffle de liberté, une vaste culture. Ces mots ont pu durant plusieurs années, véhiculer des valeurs humanistes immenses et ont pu également ouvrir la voie au dialogue, et c’est sous ce contexte que nous sommes réunis ici aujourd’hui », précise-t-elle.

2,8 millions de francophones en Egypte

La Francophonie a donc bel et bien sa place en Egypte. C’est en effet ce qu’a rappelé Mohamed Bouabdallah, directeur de l’Institut français d’Egypte : « Laissez-moi tout d’abord répondre à ceux qui disent que la Francophonie est en perte de vitesse. Au contraire, la Francophonie se porte très bien et connaît une forte dynamique puisque, selon l’OIF, il y a en Egypte 2,8 millions de francophones. Et, selon nos propres statis­tiques, il y avait, en 2015, 18000 personnes qui apprenaient le français dans les différentes branches de l’institut. Aujourd’hui, le chiffre est passé à 20000 et on espère qu’il atteindra 25 000 en 2019 ». Une demande qui va grandis­sant, et pour y répondre, « l’Institut français va ouvrir dès septembre 2018 de nouvelles branches au Nouveau Caire, à Cheikh Zayed (6 Octobre), une deuxième à Alexandrie et aussi un centre à Louqsor », affirme Mohamed Bouabdallah. Qui plus est, en Egypte, ajoute Bouabdallah, le fran­çais n’est plus seulement une langue de commu­nication, il est devenu une langue très présente dans le monde des entreprises.

Loin des frontières de l’Egypte, le fran­çais reste la langue de la connaissance, une connaissance multiple. C’est en tout cas sur quoi a insisté Imma Tor-Faus, conseillère de langue française et de la diversité linguistique au cabinet de la secrétaire générale de l’OIF. Celle-ci a expliqué comment la Francophonie est un trait d’union, « puisqu’elle agit fortement pour refuser de céder à cette idée qui réserve à l’anglais les domaines de la technologie, de la science et de la recherche ». Imma Tor-Faus a également passé en revue l’évolution de la Francophonie. « La Francophonie n’a jamais cessé d’être cette agence de coo­pération culturelle et technique voulue il y a plus de 50 ans par les pères fonda­teurs. Au fil des années, la langue fran­çaise s’est affirmée bien au-delà de l’OIF. C'est la langue de la gouvernance démo­cratique, de la coopération juridique et judiciaire, de la promotion des droits humains et de la paix », a conclu Imma Tor-Faus .

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