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Dalal Abdel-Aziz: Le naturel, avant tout

Yasser Moheb, Lundi, 11 mai 2020

43 ans de carrière ont valu à la comédienne Dalal Abdel-Aziz le respect et l’admiration de tous. Elle ne cesse de surprendre de par ses rôles très diversifiés. C’est le cas des deux personnages qu’elle incarne dans deux nouveaux feuilletons diffusés durant ce Ramadan.

Cela fait des mois qu’elle était enfermée dans les studios cairotes, en train de tourner dans deux feuilletons, malgré la fureur géné­rale du coronavirus. Ceux-ci sont diffusés durant le Ramadan. Du coup, ses fans la suivent actuelle­ment dans la peau de deux person­nages bien différents. Dans le feuilleton Gamea Salem (au plu­riel), elle joue le rôle de Hagar, la mère coquette d’une jeune chirur­gienne, soulevant les problèmes des enfants adoptifs. Et dans Valentino, elle campe devant Adel Imam le personnage d’une épouse autoritaire et avare, aux apparences négligées. « Une expérience assez dure. J’étais obligée de tourner en parallèle, dans les deux feuilletons, jouant des rôles tout à fait diffé­rents », avoue la comédienne. Pari gagné! Car les deux rôles s’avè­rent une réussite. « J’ai tout de suite vu que les deux personnages avaient du potentiel. J’ai donc cédé à l’aventure ».

Dalal Abdel-Aziz est une comé­dienne à la simplicité ravageuse, au naturel charismatique. Née au vil­lage Ferghan, aux alentours de Zagazig, dans le gouvernorat de Charqiya, son père travaillait comme sous-secrétaire du minis­tère de l’Education et de l’Ensei­gnement. Elle était la cadette et a passé son enfance et les premières années de sa jeunesse dans son village, avant de faire des études en agronomie à l’Université de Zagazig. « Une enfance simple mais inoubliable par sa richesse culturelle et son aspect humain », se souvient-elle.

Son amour pour l’art et surtout l’interprétation datait de son plus jeune âge. La fibre artistique, elle l’a héritée de son père, un ancien professeur de dessin, devenu un expert en pédagogie. Après le lycée, elle a dû intégrer la faculté d’agronomie pour avoir un diplôme universitaire en poche avant d’en­tamer une carrière artistique.

« En 1977, j’ai demandé à un ami de la famille qui travaillait à la télévision égyp­tienne de m’accompa­gner au travail, afin de réaliser mon rêve d’enfance et de voir les artistes en vrai », se souvient-elle. C’est au cours de cette pre­mière visite qu’elle rencontre le réalisa­teur Nour Al-Démerdach, au Studio no 10, où il tournait une télésérie intitulée Bent Al-Ayam (la fille des jours). Il était à la recherche d’une jeune actrice pour l’un des petits rôles du feuilleton. Dalal, trop fas­cinée par ce monde, a sauté sur l’occasion et a décidé d’accepter la proposition du réalisateur.

Après la diffusion de cette pre­mière oeuvre, elle commence à avoir d’autres offres. Nour Al-Démerdach et sa femme, la grande comédienne Karima Mokhtar, étaient du même avis que la famille de Dalal: « Ils voyaient tous que je ne devais travailler qu’après avoir terminé mes études. Mama Karima Mokhtar m’a passé son numéro de téléphone, et m’a demandé de l’appe­ler une fois mes études achevées. Chose faite. Et la grande comédienne a tenu ses promesses et a proposé mon nom pour participer au feuilleton Assila qu’elle tournait à l’époque avec Nour Al-Démerdach et Georges Sidhom ».

Puisqu’une bonne chance ne vient pas seule, la ren­contre de ce dernier va marquer le reste de sa vie. Car le comédien qui faisait partie du célèbre trio Soulassi Adwä Al-Masrah lui pro­pose à son tour de la présenter au metteur en scène Hassan Abdel-Salam. Ce dernier préparait une nouvelle pièce pour la troupe, Ahlan Ya Doctor (salut docteur), où elle décroche le rôle de l’infirmière Esmat.

Le coup de foudre. Elle rencontre Samir Ghanem, un grand comédien qui avait quelque 20 ans plus qu’elle. La comédienne débutante s’est sentie attirée par lui et a dû le pourchasser pendant quatre ans jusqu’au mariage! « J’ai tout fait pour attirer l’attention de Samir et me marier avec lui. Mais il était beaucoup plus expérimenté, et mes plans étaient voués à l’échec, mais moi, je persistais: l’amour n’a pas d’âge», affirme-t-elle, sur un ton de joie, celui du vainqueur.

Assidue et têtue, elle a réussi sa mis­sion et a pu conquérir le coeur de son bien-aimé. Leurs deux filles Donia et Amal (connue sous le sobri­quet d’Emmy) sont les fruits de cette belle histoire d’amour. Elles sont toutes les deux deve­nues stars de cinéma, et la famille est entièrement enga­gée sur la voie de l’art, et surtout de la comédie.

Il faut dire aussi que Dalal porte bien son prénom. Elle a toujours aimé être chouchoutée, dorlotée, comme si son prénom qui signifie « la choyée » la prédestinait à cette vie. En même temps, c’est une mère de famille classique, à l’image de celles des provinces.

Sa volonté de devenir bonne comédienne l’a aidée à décrocher quelques petits rôles, suivis d’autres grands succès ensuite de rôles phare. Cependant, elle devait attendre quelques années avant de partager la vedette avec le grand Fouad Al-Mohandès dans la pièce de théâtre Hala Habebti (Hala, ma chérie).

Ce qu’il y a de bouleversant dans sa personnalité, c’est qu’elle n’a absolument rien d’artificiel. On a l’impression qu’elle se jette toute entière et de toutes ses forces, dans la peau du personnage. D’où une liste d’oeuvres aussi riches que variées. Citons-en: les pièces Farès Bani Khayban (Farès, fils d’infortunés), Akhouya Hayès Wana Layès (un frère dans la joie, l’autre en désarroi) et Le Roi Lear ; et les films Mabrouk et Bolbol, Al-Nom fil Assal (un sommeil pro­fond), Asrar Al-Banate (secrets des jeunes filles), Assef Ala Al-Izaag (désolé pour le dérangement), La Taragoa Wala Esteslam (pas de recul ni de renoncement), Al-Badla (le costume), etc.

Ce bon cocktail de rôles a fait d’elle aujourd’hui une comédienne admirée et respectée de tous, y compris de ses collègues devenues des amies proches, telles Naglaa Fathi, Mervat Amin, Poussi, Yosra et Leïla Elwi.

En bavardant avec Dalal, on découvre à chaque instant une femme vive, amusante, d’une timi­dité décente, tantôt fraîche, tantôt sereine et émouvante, d’une incroyable simplicité et d'une liber­té de ton bien saisissante.

Portant toujours en main un cha­pelet aux perles rouges, elle est du genre qui aime maintenir ses habi­tudes. « C’est un porte-bonheur. Je m’attache aux objets et y tiens beau­coup ». Elle s’attache aux personnes aussi et maintient ses amitiés. C’est le cas de sa relation avec ses amies proches, appartenant à de diverses générations. A savoir les comé­diennes Mervat Amin et Ragaa Al-Guiddawi, ainsi que la chanteuse Ghada Ragab. Avec ces dernières, elle « passe un temps agréable et des moments de qualité ».

Dans la vie de tous les jours, elles sont toujours là, en côte à côte avec les membres de sa famille. Dalal Abdel-Aziz porte autour du cou un pendentif sur lequel est imprimée sa photo avec Samir et les filles. « J’aime rester chez moi, pas­ser des moments sympas en famille, surtout avec Kaïla, ma petite-fille, jusqu’à ce que Donia, sa mère, ter­mine son travail et vienne la chercher. Cette petite est la joie de ma vie », dit la comédienne, qui ne cesse de rêver pour mieux travailler.

Ses nouvelles oeuvres témoignent d’un talent en constante évolution. La comédienne à l’ambition inta­rissable effectue de nouvelles études de temps en temps pour approfondir ses connaissances générales et acquérir une vaste culture. C’est sa façon de limer son talent .

Jalons

17 janvier … : Naissance au gouvernorat de Charqiya, dans le Delta.

1977 : Première apparition sur le petit écran dans le feuilleton Bent Al-Ayam (la fille des jours).

1984 : Mariage avec le comédien Samir Ghanem.

1998 : Prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de la télé­vision.

2011 : Co-présentatrice d’un programme télévisé intitulé Massä Al-Gamal maa Mervat wa Dalal (bonsoir avec Mervat et Dalal), avec son amie la star Mervat Amin.

2018 : Succès de son film Souq Al-Gomaa (le marché du vendredi).

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