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Anouar Magued Eichqi : Il n’y a aucun différend autour des postes suprêmes en Arabie saoudite.

Osman Fekri, Mardi, 13 janvier 2015

Anouar Magued Eichqi, président du Centre du Moyen-Orient pour les études politiques et stratégiques à Djeddah, estime que la succession à la tête du pouvoir en Arabie saoudite est régie par des règles très fermes.

Anouar Magued Eichqi
Anouar Magued Eichqi

Al-Ahram Hebdo : Peut-il y avoir une crise en Arabie saoudite en cas de vacance du pou­voir ?

Anouar Magued Eichqi: La passation du pou­voir en Arabie saoudite est régie par des lois et des règles. Le roi Abdallah est en bonne santé et il y a un prince héritier. Il existe un conseil d’al­légeance formé des fils du roi Abdel-Aziz. Ce conseil est chargé de désigner le futur roi et le prince héritier. Il existe également le conseil de la famille royale qui se charge de la résolution des différends et conflits. Mais il n’existe actuel­lement aucun différend ni aucune crainte concer­nant les postes suprêmes en Arabie saoudite.

— Mais ce mécanisme n’a jamais été testé...

— L’article cinq du système fondamental du pouvoir stipule que: « Le régime en Arabie saoudite est un régime royal. Se chargent du pouvoir les fils du roi fondateur Abdel-Aziz bin Abdel-Rahmane Al-Fayçal Al S aoud et leur progéniture. Le plus apte prête allégeance, la main sur le Coran et la sunna du prophète. Le roi choisit son prince héritier et le nomme par décret royal. Le prince héritier se donne entièrement à son poste et aux travaux que lui demande le roi. Le prince héritier se charge des pou­voirs du roi après son décès, jusqu’à ce qu’on lui prête allégeance ». Il n’existe aucun problème dans la pas­sation du pouvoir en Arabie saoudite. Conformément à cet article, le conseil de la famille royale qui regroupe les grands princes se réunira pour prê­ter allégeance au nouveau souverain et nommer son prince héritier. Il est à noter que la famille royale se trouve à la tête du système politique du Royaume. Le nombre des membres de la famille royale a largement augmenté depuis 1932. Ses membres occupent les postes importants dans les différents ministères, ainsi que dans les prin­cipales villes et régions. Mais il est à noter aussi que les membres de la famille royale n’ont pas d’emprise sur certaines institutions de l’Etat comme le Conseil consultatif.

Quel bilan faites-vous du règne du roi Abdallah ?

— L’Arabie saoudite pos­sède le plus ancien régime royal stable dans le monde arabe. L’Etat saoudien contemporain est passé par trois étapes. La première phase, entre 1746 et 1818, a vu se succéder quatre rois fondateurs. La seconde, de 1823 à 1891, a vu la nais­sance de neuf princes de la famille Al Saoud. Quant à la troisième phase, qui a commencé en 1891 et qui se prolonge jusqu’à nos jours, elle a été marquée par le règne de six souverains dont le dernier fut le roi Fahd bin Abdel-Aziz. Ce dernier a accédé au pouvoir en 1982 et a suivi les pas de son père sur le chemin de la construction de l’Etat. C’est sous son règne que sont nées les instances qui gèrent le pouvoir, comme le Conseil consultatif. La charia islamique a toujours été le principal pilier de l’Etat. Sous le roi Fahd, la loyauté n’était plus due à la personne du souverain, mais plutôt à l’Etat. Puis, est venu le roi Abdallah qui a ouvert la porte au dialogue pour tous et qui a consolidé les principes de dévoue­ment à la nation ainsi que la citoyenneté. Le peuple a alors commencé à participer au pou­voir à travers le Conseil consultatif. C’est ainsi que l’unité nationale a été achevée. Le Royaume saoudien avance à pas sûrs sur la bonne voie et assimile les changements.

Peut-il y avoir un changement de poli­tique étrangère au Royaume en cas de chan­gement à la tête de l’Etat ?

— Je ne pense pas, car la politique étrangère de l’Arabie saoudite est basée sur trois constantes. Il n’est permis à aucune force étran­gère de s’ingérer dans les affaires religieuses du Royaume. Il n’est permis à personne de s’ingé­rer dans les affaires sécuritaires du Royaume. Et, il n’est permis à personne de s’ingérer dans la politique interne du Royaume.

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