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Ayman Al-Rakb : Chiffrer la reconstruction de Gaza est un appel à la communauté internationale d’assumer sa responsabilité

Osman Fekri et Gamila Abdel-Sattar, Lundi, 13 octobre 2014

Entretien avec le leader du mouvement Fatah et professeur de sciences politiques à l'Université de Jérusalem, Ayman Al-Rakb, à l'occasion de la tenue au Caire de la conférence sur la reconstruction de Gaza

Ayman Al-Rakb,

Al-Ahram Hebdo : Que pensez-vous de la conférence sur la reconstruction de Gaza tenue en présence de représentants de plusieurs dizaines de pays et inaugurée par les présidents Al-Sissi et Abou-Mazen ?

Ayman Al-Rakb: La conférence sur la reconstruction accueillie par l’Egypte a été une importante manifestation politique grâce à la participation de plus de 70 pays et organisations internationales. L’inauguration de la conférence par le président égyptien, Abdel-Fattah Al-Sissi, et le président palestinien, Mahmoud Abbas, lui a donné un grand poids. Leurs allocutions ont donné un large aperçu de la conjoncture politique et ont présenté des solutions face à la communauté internationale. Solutions qui consistent en la fin de l’occupation, l’instauration de deux Etats vivant en paix et la création de l’Etat palestinien indépendant avec Jérusalem comme capitale.

— Qu’attend le gouvernement palestinien de la communauté internationale et des participants à la conférence sur la reconstruction de Gaza ?

— Le gouvernement palestinien a présenté à la conférence son plan de reconstruction qui comprend la vision palestinienne de la construction de ce que les forces d’occupation ont détruit dans le secteur, en plus de la réhabilitation du secteur des services, afin d’alléger les souffrances du peuple palestinien. Les maisons, l’infrastructure, les réseaux d’électricité et les routes ayant été complètement détruites, le plan de reconstruction nécessitera pas moins de 4 milliards de dollars. Chiffrer la valeur de la reconstruction de Gaza est pour le gouvernement palestinien une invitation à la communauté internationale d’assumer sa responsabilité envers le peuple palestinien et envers les crimes qui ont été commis contre lui.

— Comment évaluez-vous le rôle des pays arabes, notamment les pays du Golfe, dans le processus de reconstruction et dans l’aide apportée au gouvernement d’entente nationale dans la réalisation de ses objectifs, en matière de levée du blocus et de reconstruction ?

— Tous les pays arabes se sont dressés aux côtés du peuple palestinien et ont soutenu la cause palestinienne. La forte affluence à la conférence sur la reconstruction de Gaza démontre bien l’existence d’une vision arabe unanime, d’une volonté commune de soutenir l’Autorité palestinienne et d’avorter les plans sionistes qui tentent de détruire notre combat et notre unité pour la cause palestinienne. Dans ce contexte, il est indispensable de reconnaître le soutien politique et financier apporté au gouvernement palestinien par les pays arabes dans la réalisation de ses objectifs. C’est tout à leur honneur de défendre la cause et le gouvernement palestiniens.

— Il existe un accord entre l’Autorité palestinienne et les Nations-Unies stipulant le contrôle des matériaux de construction qui entreront dans les zones de reconstruction. Quels sont les détails de cet accord ?

— Il existe un accord destiné à faciliter l’entrée des matériaux de construction et qui permettra de réfuter les prétextes absurdes utilisés par les forces d’occupation pour maintenir le blocus. Cet accord oblige les forces d’occupation de permettre l’entrée des matériaux de construction; et c’est d’ailleurs ce qu’ont réclamé les pays donateurs et les Nations-Unies. Il ne s’agit pas d’imposer de nouveau blocus.

— Cet accord contribuera-t-il à ancrer l’idée du blocus mais d’une autre manière ?

— Les efforts déployés par l’Egypte grâce auxquels elle a réussi à parvenir à un cessez-le-feu, l’allocution du président Al-Sissi au siège des Nations-Unies au cours de laquelle il a déclaré que la cause palestinienne restera toujours à la tête des priorités égyptiennes, la reconnaissance imminente par la Suède de l’Etat palestinien, et aujourd’hui la conférence de la reconstruction de Gaza qui a réussi à collecter plus de 4,5 milliards de dollars, rendent impossible la poursuite du blocus de Gaza. Que l’Autorité palestinienne supervise le processus de reconstruction de Gaza est très important, car cela empêcherait Israël d’imposer de nouveau le blocus sous une autre forme. La tenue de la réunion du gouvernement de réconciliation nationale dans la maison d’Abou-Mazen à Gaza, en début de semaine, en est la preuve la plus évidente.

— Quel rôle joueront les Nations-Unies et l’Unrwa dans le processus de la reconstruction ?

— Les Nations-Unies joueront le rôle d’observateur du processus de reconstruction avec la participation du gouvernement d’entente nationale qui assumera entièrement la responsabilité de la reconstruction. Ceci assurera une utilisation transparente des fonds alloués à la reconstruction et permettra de rassurer les pays donateurs.

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