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Al-Sayed Al-Badawi : Pourquoi prendrions-nous le chemin le plus difficile  ?

Samar Al-Gamal, Mardi, 09 septembre 2014

Al-Sayed Al-Badawi, président du néo-Wafd qui dirige une coalition de plusieurs partis en prélude aux élections législatives, affirme qu’il ne se rapprochera ni du nassérien Hamdine Sabahi, ni des salafistes d’Al-Nour.

Al-Sayed Al-Badawi
Al-Sayed Al-Badawi, président du néo-Wafd.

Al-Ahram Hebdo : Depuis plusieurs mois, les partis négocient des coalitions qui ont du mal à se consolider. Pourquoi selon vous ?

Al-Sayed Al-Badawi : Nous avons formé notre coalition et allons ouvrir un compte ban­caire pour les donations de la campagne électorale, et nous accueillons tout autre parti qui accepterait de se joindre à nous sous la houlette de « la coali­tion du Wafd» et qui signerait le document établi par le cher­cheur Amr ElShobaki comme code politique, ainsi que le document organisationnel sur le travail, plus tard au Parlement, en tant que bloc parlementaire uni.

— Mais vous étiez en négociation avec d’autres partis. Quel en a été le résultat ?

— Jusqu’à présent, nous ne sommes pas parve­nus à des résultats positifs, mais au moins, on a obtenu une coordination dans les circonscriptions uninominales avec Al-Masréyine Al-Ahrar et on examine la même chose avec le Front égyptien. Les consultations se poursuivent aussi avec Al-Dostour, Al-Tahalof et Al-Karama.

— Dans le passé, vous avez dit être opposé à une coalition avec le Courant populaire de Hamdine Sabahi, alors qu’il est le fondateur d’Al-Karama ...

— Sabahi est un partenaire et nous avons loué son patriotisme et son courage de faire la course présidentielle contre Sissi. Mais nous ne ferons pas de coalition électorale avec lui. Le Courant popu­laire n’est pas un parti politique mais un rassem­blement de jeunes, et nous ne partageons pas les mêmes visions avec les Nassériens. C’est une force de contestation, et nous voulons surpasser la contestation de la rue pour la construction de l’Etat et de ses institutions. Aux yeux des électeurs, le Courant populaire était contre le président Sissi et nous n’allons pas passer notre temps à défendre son patrio­tisme en pleine campagne élec­torale, dans un pays avec un important taux d’analphabé­tisme et des médias qui pour­raient se retourner contre nous. Je voudrais épargner notre coa­lition la perte de sièges. Pourquoi prendrions-nous le chemin le plus difficile ?

— Est-ce ce sont les mêmes calculs qui avaient fait avor­ter la mission de Moussa de créer une grande coalition?

— Amr Moussa avait invité différentes forces de tous bords. Il y avait 70 à 80 partis et mouvements et cela rendrait la coordination impossible. C’est pourquoi la coalition de La Nation égyptienne s’est vite écroulée. Mais Moussa poursuit une certaine coor­dination. Il doit jouer un rôle lors de la période à venir.

— De quel rôle parlez-vous ?

— D’un rôle au Parlement. Il entrera dans la course présidentielle probablement sur la liste du Wafd. Mais il est à la recherche d’une liste de consensus national qui ne fait pas face à une concurrence ou une opposition d’importantes forces.

— Kamal Al-Ganzouri semble avoir pris la relève de Moussa dans les négociations, et le quotidien Al-Ahram a déjà publié une liste pré­liminaire née de ces discussions ...

— Dire que Ganzouri a élaboré des listes en collaboration avec les services de sécurité est grave. Après la révolution, on aurait dû en finir avec ces procédures. Personnellement, je crois qu’il s’agit d’une manoeuvre électorale pour don­ner l’impression que c’est la liste soutenue par le président. Et ce n’est pas vrai. Je le sais. Le prési­dent a affirmé qu’il n’interviendra pas dans les élections et il n’a pas besoin d’assise au Parlement puisqu’il dispose de la plus importante assise populaire. C’est une initiative personnelle de Ganzouri et il n’y a eu ni coordination, ni contact avec lui, et il n’y en aura pas.

— Qu’en est-il des islamistes, vous qui avez loué les efforts du parti salafiste Al-Nour ?

Al-Nour a soutenu nos demandes depuis la déclaration constitutionnelle de Morsi, puis dans notre face-à-face avec les Frères, et lors de la rédaction de la nouvelle Constitution. Il a joué un rôle national. Mais ceci ne signifie pas que nous sommes d’accord avec ses idées ou qu’il y aura une coalition entre Al-Wafd et Al-Nour. C’est impossible. Aucun contact n’a eu lieu depuis le comité des 50 de la Constitution.

— Avez-vous alors préparé vos candidats et vos listes ?

— Nous attendons la loi sur la division des cir­conscriptions et nous ne savons pas si elle attendra la nouvelle répartition des gouvernorats. Les pre­mières fuites de ce projet de loi avaient soulevé la colère de tous, et je crois qu’il a besoin d’un dialo­gue national auquel participeraient les partis, les anciens députés et les politologues. L’idée n’est pas d’achever la feuille de route le plus vite pos­sible. Mais le mieux possible. C’est pourquoi, j’appelle le régime à reporter les législatives, non pas un an ou deux mais juste quelques mois pour réexaminer la loi électorale et celle des circons­criptions. Depuis 2011, à part quelques mois d’in­tervalle en 2012, nous sommes presque sans Parlement, et le pays ne s’est pas écroulé.

— Le report des élections à février est-il donc à l’ordre du jour ?

— Décembre ou février, ce n’est pas une grande différence. Toutes les décisions prises aujourd’hui par le président peuvent ultérieurement être revues par le Parlement qui aura le droit de les annuler. Et donc quelqu’un de responsable comme lui ne pro­mulguera pas de lois dictatoriales qui diviseront le Parlement plus tard.

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