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Tareq Radwan: La présidence égyptienne a été unanimement saluée

Ola Hamdi, Mardi, 28 janvier 2020

Tareq Radwan, président de la commission des affaires africaines au par­lement, revient sur les efforts de l’Egypte pour soutenir le continent noir.

Tareq Radwan

Al-Ahram Hebdo : L’Egypte se prépare à passer le flambeau de l’Union Africaine (UA) à l’Afrique du Sud. Quelles sont, selon vous, les réalisations les plus marquantes de l’UA sous la présidence de l’Egypte ?

Tareq Radwan: Pour sa présidence de l’UA, l’Egypte s’est fixé plusieurs objectifs. Parmi ceux-ci, la promotion de l’intégration écono­mique sur le continent, en mettant l’accent sur les projets transfrontaliers d’infrastructure, comme moyen de réaliser le développement du continent, et ce, en accord avec l’Agenda 2063. L’Egypte a oeuvré en faveur du développement économique et social dans les pays africains, à travers notamment l’agriculture et l’industrie sans oublier la paix et la sécurité, la reconstruc­tion et le développement post-conflit. Il ne faut pas également oublier l’encouragement du sec­teur privé à contribuer aux projets continentaux et le renforcement de la coo­pération avec les partenaires internationaux, en se basant sur les principes du respect mutuel. L’Egypte a représenté l’UA sur la scène internatio­nale de manière profession­nelle, et cette représentation a été saluée unanimement.

— Comment la diplomatie parlementaire a-t-elle soute­nu les actions de l’Egypte pendant sa présidence de l’UA ?

— La diplomatie parlemen­taire a joué un rôle important pour soutenir la vision de l’Egypte et remplacer la diplo­matie de libération nationale que l’Egypte a menée dans les années 1950 et 1960 par une diplomatie du développement. Dans ce contexte, le parlement égyptien a effectué plusieurs visites dans les pays africains. Il y a eu des échanges de visites avec 9 pays (Burundi, Tanzanie, Kenya, Rwanda, Soudan du Sud, Nigeria, Djibouti, Ghana, Ouganda). La commission des affaires africaines s’est rendue en Ethiopie, au Nigeria et en Afrique du Sud. Le parlement a de même accueilli plusieurs présidents de parlements africains, que ce soit dans le cadre des réunions bilatérales ou multilatérales. A cela s’ajoute la tenue de plusieurs réunions au niveau internatio­nal, notamment dans le cadre de l’Union inter­parlementaire, du parlement panafricain.

— Comment entendez-vous soutenir les relations égypto-africaines après la fin de la présidence égyptienne de l’UA? Y a-t-il une quelconque coordination avec le gouverne­ment à ce sujet ?

— Nos efforts sont incessants. Au cours de la période écoulée, la commis­sion s’est penchée sur l’élabo­ration d’une stratégie globale pour les relations égypto-afri­caines, afin qu’elles ne se limitent pas seulement au niveau officiel. Nous avons organisé des réunions avec les ministères de l’Immigration, des Affaires étrangères et de l’Education, ainsi qu’avec des représentants d’Al-Azhar, afin de soutenir le rôle égyptien sur le continent africain, surtout après la fin de la présidence égyptienne de l’UA. Nous voulons que la présence de l’Egypte sur la scène africaine soit continue et permanente.

— Pensez-vous qu’il soit nécessaire d’utili­ser le soft power pour renforcer la présence de l’Egypte en Afrique ?

— Bien sûr, le soft power est une nécessité. C’est pour cela que nous avons rencontré des penseurs, des écrivains et des hommes de médias pour écouter leurs points de vue. Ces experts ont présenté une vision médiatique glo­bale pour traiter avec le continent africain et soutenir l’Egypte sur la scène africaine. Ils sont tous d’avis que le soft power est nécessaire pour atteindre les pays et les peuples africains, à com­mencer par le domaine du football. D’où le lancement de deux chaînes, l’une en français et l’autre en anglais, pour atteindre les capitales africaines. Une publication dédiée à l’Afrique sera par ailleurs distribuée aux ambassades et dans les grandes villes africaines.

— Quelles ont été selon vous les initiatives les plus marquantes lancées par la commis­sion lors de la présidence égyptienne de l’UA ?

— La commission des affaires africaines a lancé plusieurs initiatives. Elle a oeuvré en vue de transmettre l’expérience égyptienne aux cadres africains par le biais de l’Agence égyp­tienne de développement qui relève du minis­tère des Affaires étrangères. Il y a actuellement une coordination et un travail conjoint entre la commission et le ministère des Affaires étran­gères pour maximiser le rôle de l’agence en Afrique et augmenter son budget afin d’élargir la portée de son travail. La commission s’ef­force également de fournir une aide humanitaire aux frères africains en coordination avec le gou­vernement. Le parlement a dispensé plusieurs formations aux membres des parlements afri­cains par le biais de l’Institut de formation du parlement égyptien. Le parlement a également lancé l’initiative de créer le parlement des pays du bassin du Nil, après l’approbation de la plu­part des pays concernés. La commission s’est par ailleurs réunie avec tous les ambassadeurs africains, dans le but de renforcer la coopération conjointe, d’éliminer les obstacles auxquels sont confrontés les citoyens africains lors de leurs visites en Egypte, de fournir des bourses d’études.

— Qu’en est-il du 33e sommet africain qui se tiendra les 9 et 10 février? Quels sont les principaux dossiers de ce sommet ?

— L’initiative de faire taire les armes en 2020 est l’un des dossiers les plus importants du som­met, qui vise à éliminer les conflits en préparant des cadres exécutifs s’attaquant aux racines de ces conflits. Je pense que cette initiative est l’une des plus grandes réussites sur les plans sécuritaire et politique de la présidence égyp­tienne de l’UA.

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