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Diaa Rachwan : Grâce à notre unité, nous pourrons surmonter les défis

May Atta, Mardi, 19 mars 2019

Le nouveau président du syndicat des Journalistes, Diaa Rachwan, révèle à Al-Ahram Hebdo son plan destiné à relever le métier de ses crises et améliorer les conditions de travail des journalistes.

Grâce à notre unité, nous pourrons surmonter les défis
(Photo : Moustapha Emeira)

Al-Ahram Hebdo : Vous venez de remporter les élections du syndicat des Journalistes. Quel est votre premier message ?

Diaa Rachwan : Je remercie l’assemblée générale qui a exprimé sa confiance en ma personne. Je m’engage devant les journalistes en tant que nouveau président du syndicat à ne pas économiser d’efforts en vue de leur garantir des meilleures conditions de travail et une ombrelle de protection syndicale.

— C’est à un moment où la presse écrite fait face à plusieurs crises que vous avez décidé de briguer ce poste. Pourquoi ?

— Vu ma carrière journalistique et syndicale, j’ai trouvé que je pourrais contribuer, via ce poste, à trouver des issues aux crises économiques et professionnelles pesantes auxquelles est confrontée la presse. J’étais candidat pour ce poste en 2009, et je l’ai occupé entre 2013 et 2015. Or, je n’ai jamais ressenti l’ampleur des défis comme cette fois. La presse écrite est confrontée à des crises substantielles menaçant son sort. Ce qui nécessite de resserrer les rangs des journalistes et d’avoir un syndicat fort apte à défendre leurs intérêts et négocier sérieusement avec le gouvernement les moyens de surmonter ces crises. C’est par notre unité que nous pourrons relever les défis de la presse et renforcer le rôle de notre syndicat, le plus ancien syndicat professionnel en Egypte.

— Et quels sont les défis les plus importants ?

— En tête des défis figure certainement la crise économique frappant les fondations de la presse officielle comme privée. Une crise due à la hausse du prix du papier et de l’encre, et ceci, alors que la distribution et les publicités sont en baisse. Ce qui s’est répercuté directement sur le statut salarial des journalistes. La crise est telle que certains journaux risquent de fermer, ce qui menace de voir des journalistes licenciés.

— Face à une telle situation, quel rôle pourra jouer le syndicat pour améliorer le statut salarial des journalistes ?

— Le syndicat à lui seul n’est pas en mesure de résoudre les difficultés économiques des fondations de presse. Or, le syndicat contribue à améliorer relativement le statut salarial des journalistes en augmentant les primes mensuelles que leur paye le syndicat. Cette prime sera augmentée, mais pour avoir une augmentation apte à garantir un niveau digne pour les journalistes, le syndicat devra oeuvrer à augmenter ses ressources qui ne dépassent pas, jusqu’à présent,1,32 million de L.E. par an. A cet égard, j’ai plusieurs idées dont le remboursement du syndicat de 5 % des recettes publicitaires des entreprises de presse, ce qui pourra enrichir la caisse du syndicat d’environ 1,8 million de L.E. par an. Il est aussi envisageable de mieux investir les locaux du syndicat, dont deux des étages sont vacants. Je chercherai à les louer pour profiter de leur revenu pour augmenter les primes et améliorer la qualité des services offerts aux journalistes.

— Et qu’en est-il de la question des licenciements ?

— Le nombre de journalistes licenciés arbitrairement s’accroît et le syndicat essaie par tous les moyens de faire respecter leurs droits. Ce sont les journalistes des journaux privés qui sont les plus touchés par cette question. La loi, qui organise le travail dans les entreprises de presse, n’interdit pas que le patron d’une entreprise de presse ferme un journal, surtout au cas où il ne réaliserait pas de bénéfices. En vertu de la loi du syndicat des Journalistes, le patron doit déposer 400 000 L.E. au syndicat, une somme utilisée pour verser des compensations aux journalistes licenciés. Je compte augmenter ce montant à un million de L.E.

— Qu’entendez-vous faire au niveau de la formation professionnelle ?

— L’amélioration du niveau de la formation professionnelle des jeunes journalistes occupe une place importante sur mon agenda. Je suis convaincu que le développement des ressources humaines n’est pas moins important que le développement des ressources financières. Pour pouvoir concurrencer la presse numérique plus rapide et répandue, il est important que la presse en papier change de peau au niveau du fond et de la forme.

— N’est-il pas aussi important de faire respecter la charte de déontologie pour ne pas perdre la crédibilité de la presse ?

— Certainement. J’envisage de créer une hotline pour recevoir les plaintes des lecteurs, surtout ceux qui ont été influencés négativement par la publication de fausses informations. Pour chaque complainte, le syndicat va ouvrir une investigation, et si le journaliste est coupable, il sera puni. En revanche, il existera une hotline pour les plaintes des journalistes affrontant des problèmes lors de l’exercice de leur métier. Dans tous les cas, il incombe au syndicat d’appliquer la charte de déontologie.

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