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Sami Mahmoud : De nouveaux pays ont montré un certain intérêt pour l’Egypte

Dalia Farouk, Lundi, 08 août 2016

Sami Mahmoud, président de l’Organisme de la promotion du tourisme en Egypte, évoque les répercussions de la crise en Turquie et les mesures prises pour relancer le tourisme en Egypte.

Sami Mahmoud
Sami Mahmoud, président de l’Organisme de la promotion du tourisme en Egypte.

Al-Ahram Hebdo : L’Egypte peut-elle atti­rer une partie des touristes qui ont renoncé à se rendre en Turquie à la suite du coup d’Etat manqué ?

Sami Mahmoud : Pour le moment, je pense que l’Egypte ne pourra pas attirer ces touristes, initialement à destination de la Turquie, pour la simple raison qu’une grande partie de ceux-là, soit plus de 3 millions, sont des Russes et que la Russie suspend toujours ses vols à destina­tion de l’Egypte. En outre, la haute saison du tourisme en Egypte est en hiver, en raison du climat modéré, tandis que la haute saison en Turquie est l’été. Cela dit, les touristes qui renonceront à la Turquie chercheront un pays dont le climat est similaire. En revanche, je pense qu’en hiver, nous pourrons attirer une partie de ces touristes. On travaille dès mainte­nant sur plusieurs marchés afin d’inciter les touristes à opter pour l’Egypte pour y passer leurs vacances hivernales.

— Quels sont ces marchés que vous ciblez ?

— Le premier est le marché arabe. C’est le seul qui a enregistré une hausse de 10 % dans les arrivées touristiques vers l’Egypte au cours du premier semestre de l’année courante en comparaison avec la même période de l’année dernière. Puis l’Allemagne, qui maintient de bonnes relations touristiques avec nous. A ceci s’ajoutent l’Ukraine, la Pologne, la Hongrie, le Brésil et le Kazakhstan. Ce sont en fait des pays émergents en matière du tou­risme et vers lesquels on s’est dirigé avec force pour la promotion du tourisme égyptien depuis la dernière crise, qui a eu lieu à la suite du crash de l’avion russe dans le Sinaï à la fin du mois d’octobre dernier. Ce sont de nou­veaux pays qui ont montré un certain intérêt pour l’Egypte.

— D’après vous, quels sont les pays gagnants de la crise en Turquie ?

— L’Espagne est le grand gagnant de la crise. Elle a attiré des milliers de touristes au cours de ces quelques dernières semaines. Les îles Canaries, Dubaï, la Tunisie, le Maroc et la Bulgarie ont aussi obtenu une part du gâteau du mouvement du tourisme qui a renoncé à se rendre en Turquie à cause de l’instabilité poli­tique.

— Comment se porte le tourisme actuel­lement en Egypte, notamment avec l’ab­sence des Russes ?

— Le tourisme égyptien traverse une crise sans précédent à cause de la chute du nombre de réservations suite au crash de l’avion russe. En fait, cet accident a eu de fortes répercus­sions sur le secteur du tourisme, surtout après la décision de la Grande-Bretagne d’arrêter ses vols à destination de Charm Al-Cheikh et celle de la Russie de suspendre ses vols vers l’Egypte. Le mouvement du tourisme vers l’Egypte a baissé de 50 % au cours du premier semestre de cette année en comparaison avec la même période de l’année dernière. L’Egypte a accueilli au cours de cette période environ 3 millions de touristes contre presque 6 millions de touristes au cours de la même période de 2015.

— Quelles sont les pertes dues à cette chute dans le nombre de touristes ?

— Les revenus du secteur du tourisme ont baissé de 60 % au cours des six premiers mois de 2016 en comparaison avec la même période de 2015. Plus grave aussi, le secteur du tou­risme en Egypte perd environ 2 milliards de L.E. chaque mois depuis la crise, surtout que les marchés russe et britannique constituent 45 % du mouvement du tourisme égyptien. Ce n’est pas tout. Ces pertes renferment aussi des dizaines d’hôtels et d’établissements tou­ristiques qui ont dû fermer leurs portes à cause des problèmes de financement engen­drant le licenciement de cadres bien formés.

— Quelle est la feuille de route adoptée par l’organisme pour surmonter cette crise ?

— Tout de suite après le crash de l’avion russe, on a commencé à travailler sur deux axes principaux. Le premier est le renforce­ment des mesures de sécurité dans les aéro­ports égyptiens. Et, pour plus de transparence et dans le but de rassurer tout le monde, l’Egypte a eu recours à une entreprise interna­tionale spécialisée dans la sécurité pour ins­pecter les nouvelles mesures appliquées sur le terrain. Ce dossier est achevé, et nos aéro­ports sont au même niveau des grands aéro­ports internationaux du point de vue sécurité et sûreté. On a aussi reçu des audits pour les aéroports de la part de plusieurs pays, notam­ment la Russie, l’Angleterre, l’Italie et l’Alle­magne qui ont pu mesurer le renforcement de ces mesures. Le second axe est qu’on travaille avec une compagnie de publicité internatio­nale et une autre de relations publiques afin de redorer l’image de l’Egypte en tant que destination touristique sûre et regagner la confiance de notre clientèle. En outre, nous avons un plan pour promouvoir de nouvelles formes de tourisme comme le tourisme reli­gieux, celui des conférences et le tourisme sportif. La conversion à l’énergie verte et le respect des normes écologiques dans les éta­blissements hôteliers sont aussi un objectif pour le ministère du Tourisme à l’heure actuelle, surtout que cela assure la compétiti­vité du tourisme égyptien à long terme et assure un développement durable pour le sec­teur.

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