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Mohamad Abou-Treika : Ma relation avec le club Ahli ne dépend pas d’une position ou d’un poste

Alaa Ezzat, Mardi, 19 janvier 2016

Première exclusivité avec Mohamad Abou-Treika, ancienne vedette de la sélection nationale égyptienne et du club Ahli à l'occasion du 25ème anniversaire du quotidien Al-Ahram Al-Massaï. Il s’épanche sur les faits sportifs tout en évitant la politique.

Mohamad Abou-Treika
Mohamad Abou-Treika. (Photo : Reuters)

Al-Ahram Hebdo : Plus de deux ans depuis votre retraite, où êtes-vous actuellement par rapport à Ahli ?

Mohamad Abou-Treika : (Sourire) Je suis retourné à mes jours d’enfance ... Je suis redevenu un supporter des gradins de troisième classe ... Cela me convient et j’en suis heureux.

— De temps en temps, les médias laissent entendre que vous avez reçu de nombreuses offres pour rejoindre le staff administratif d’Ahli ...

— Je n’ai pas reçu d’offre formelle de la direction du club pour occuper un poste.

— Et si jamais il y a cette proposition, l’accepteriez-vous ?

— Non. Je ne l’accepterais pas. Je ne suis pas encore prêt pour occuper un poste administratif ou technique.

— Et n’avez-vous pas reçu des offres pour jouer à nouveau ?

— Il y a deux mois j’ai reçu une offre pour la Ligue américaine, mais je l’ai rejetée. Tout comme j’avais rejeté des offres européennes à l’annonce de ma retraite.

— Comment suivez-vous la crise de dissolution du conseil d’administration d’Ahli ? Pourquoi vous êtes-vous tenu à l’écart dans ces événements ?

— Jamais je ne m’étais éloigné du club Ahli. La relation qui me lie à Ahli ne dépend pas d’une position ou d’un poste. Je suis de près tous ces événements. C’est normal que la récente crise occupe l’opinion publique, car c’est une première dans l’histoire de notre club, mais je suis optimiste. Je dis à tous les fans : « Soyez rassurés, Ahli ira bien ».

— Mais vous n’êtes pas sur les devants de la scène ...

Ahli a un potentiel très riche. Je me tiens un peu à distance parce que je viens de prendre la retraite. Je fais confiance aux cadres d’Ahli qui ont la capacité de surmonter cette épreuve.

— Seriez-vous en désaccord avec l’administration actuelle en raison du gel de vos paiements ?

— S’il y avait désaccord entre nous je n’aurais pas accepté la récente invitation d’Ahli pour la célébration de la signature de l’accord de parrainage. Les affaires financières ne concernent que moi et le club.

— Qu’en est-il de la véracité des informations relatives au gel de vos droits financiers ?

— Je n’ai pas encore perçu mes droits jusqu’à ce jour. Mais je vous rassure que ça ne gâche pas ma relation avec le club.

— Les fans qui exigent le retour de Manuel José s’opposent au conseil d’administration qui a décidé de nommer un nouveau directeur technique. Si vous étiez aux affaires quelle serait votre décision ?

— Rires. J’opterai aussi pour Manuel José bien sûr. Mais c’est au conseil d’administration que revient le dernier mot. Sa décision doit être respectée.

— Pourquoi avez-vous rejeté la somme de 50 000 euros qui vous a été offerte à l’occasion de l’inauguration du Stade international Jaber au Koweït ?

— J’ai déjà participé à de nombreux matchs amicaux et de charité dans de nombreux pays arabes sans compensation matérielle. Notamment en Arabie saoudite, au Maroc et en Algérie. Quand j’ai reçu l’invitation des organisateurs, et avant mon voyage au Koweït, l’on m’a parlé d’une prime. J’ai tout de suite refusé.

— Quand l’émir du Koweït, cheikh Sabah Al-Ahmad Al Jaber, vous saluait dans la tribune, qu’est-ce qu’il vous a dit ?

— Lorsque l’émir, cheikh Sabah Al-Ahmad Al Jaber a appris que j’ai refusé de percevoir la prime, il m’a invité pendant la mi-temps pour me saluer. Il m’a dit : « Je vous remercie d’avoir accepté l’invitation et pour votre attitude. Cela n’est pas étrange à nos frères égyptiens ».

Je lui ai répondu qu’il n’avait pas à me remercier. « Car le Koweït est mon pays. Et tout autre Egyptien aurait agi de la sorte ».

— Bientôt, vous serez à la découverte de l’AS Roma. Verra-t-on un Abou-Treika administrateur ou entraîneur ?

— Je peux vous confirmer que jusqu’à l’heure actuelle je n’ai pas pris de décision définitive. Actuellement, je suis en train de découvrir les grands clubs d’Europe, en Allemagne, en Angleterre et en Espagne. Mon but est de bien me préparer. Pour le reste, l’avenir nous le dira.

— Depuis votre retraite, et peut-être même avant, les médias évoquent vos successeurs potentiels. Le jeune Saleh Gomaa est le dernier à être qualifié de successeur d’Abou-Treika. Qu’en dites-vous ?

Il n’y a jamais eu de successeur pour un joueur. Chaque joueur est unique. Heureusement, le football égyptien regorge de jeunes talents.

— On vous appelle parfois le Zidane égyptien. Comment voyez-vous l’aventure de Zineddine Zidane comme entraîneur du Real Madrid ?

— Je m’attendais à ce que Zidane entraîne le Real. J’ai vu comment il y a été préparé par de grands entraîneurs. Je suis très content pour lui.

— En tant que sportif, quel est le rêve que vous n’avez pas réalisé ?

— Bien sûr le fait de n’avoir pas joué à la Coupe du monde.

— Quelle est votre impression à propos de l’obtention de la star gabonaise, Pierre-Emerick Aubameyang, du Ballon d’or africain 2015 ? — Maintenant, le vote du Meilleur joueur africain se passe avec équité. Il y a maintenant des experts et des analystes qui participent au vote aux côtés des entraîneurs, comme c’est le cas pour le vote de meilleur joueur de la Fifa (Ballon d’Or).

— Aucun joueur arabe ne l’a remporté depuis de nombreuses années …

— C’est vraiment triste. Je m’attendais pourtant à la victoire de Mohamad Salah ou de l’Algérien Yacine Brahimi.

— Comment vous servez-vous des médias sociaux ?

— En effet, mes comptes officiels sur Twitter et Facebook m’ont sauvé des rumeurs malveillantes. Surtout qu’il existe plus de 11 000 fausses pages Facebook et plus de 3 000 comptes Twitter truqués à mon nom.

Mes comptes officiels me permettent de rester proche des cercles sportifs et d’être en contact avec tout le monde.

— Vous y mettez aussi des photos, comme celle que vous avez prise avec Maradona « le mythe et le meilleur footballeur au monde », selon vos termes ...

— Oui, c’était une heureuse occasion de rencontrer l’Argentin Diego Armando Maradona. C’était au Maroc en novembre dernier avec les vedettes du football mondial lors de la Marche verte. Pour moi, Maradona est le meilleur joueur de l’histoire. J’ai été chanceux de l’avoir rencontré et d’avoir pu causer avec lui, l’interprète était aussi un Egyptien.

Al-Ahram Al-Massaï

Cet entretien a été publié conjointement avec Al-Ahram Al-Massaï

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