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La participation active de l’Egypte

Racha Darwich , Lundi, 24 juillet 2023

A Nairobi, le président Abdel-Fattah Al-Sissi a expliqué la vision de l’Egypte sur l’intégration africaine et les efforts de lutte contre les changements climatiques. Focus.

La participation active de l’Egypte

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a participé au 5e sommet semestriel de coordination de l’Union Africaine (UA) organisé à Nairobi, en sa qualité de président en exercice de la COP27 organisée à Charm Al-Cheikh en novembre dernier et de président, depuis février dernier, du Comité directeur des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Agence africaine de développement (AUDA-NEPAD) et ce, pendant deux ans. Le sommet africain de coordination a été créé en 2019 sous la présidence égyptienne de l’UA, dans le cadre des efforts de réforme institutionnelle de l’union et de la répartition des tâches entre la Commission de l’Union africaine et les communautés économiques régionales, ainsi que du renforcement de l’intégration régionale entre les pays du continent, notamment l’intégration économique, dont l’étape la plus importante a été le lancement de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf) sous la présidence égyptienne en 2019. Dans ce contexte, le président Sissi a prononcé deux discours. Dans le premier, il a passé en revue le plan de l’Egypte pour maximiser les efforts de l’AUDA-NEPAD, alors que le second discours, prononcé lors de la session « Changements climatiques et économie bleue, les opportunités et les défis de l’intégration continentale », a porté sur les efforts égyptiens pour faire face aux changements climatiques et leurs effets sur les pays du continent africain.

Vers une intégration économique

« L’Egypte assume la présidence du NEPAD dans des circonstances fort délicates qui exigent des efforts concertés pour relever les défis auxquels nos peuples sont confrontés et qui affectent notre capacité à réaliser le développement de nos pays africains. L’Egypte s’est fixé des objectifs précis au cours de sa présidence de l’AUDA-NEPAD, fondés sur l’amélioration des taux d’intégration économique et la proposition de solutions pour relever les défis. Il s’agit là de deux priorités qui seront mises en oeuvre en coordination avec le secrétariat de l’AUDA-NEPAD », a affirmé le président Sissi, en énumérant ces objectifs. Il s’agit d’achever rapidement, au cours des prochaines années, l’élaboration du deuxième plan décennal de mise en oeuvre du Programme de développement de l’Afrique (2024-2034), de poursuivre les efforts de mobilisation des ressources financières dans les domaines prioritaires, notamment le développement des infrastructures, d’intensifier les efforts avec les partenaires internationaux et les organismes de financement pour trouver des solutions efficaces aux arriérés de la dette, d’accélérer la réalisation des objectifs de l’Accord de libre-échange continental et de faire progresser la mobilisation des ressources nécessaires au Programme du nexus paix, sécurité et développement.

Faire face au changement climatique

« Ce sommet intervient à un moment où le monde est témoin d’efforts inlassables pour faire face aux effets des crises multiples et leur impact sur la capacité des pays en développement, notamment en Afrique, d’assurer le développement de nos sociétés, ainsi que de maintenir la croissance. Des crises associées à l’incertitude quant à la capacité de la communauté internationale avec ses institutions financières d’assurer l’environnement international nécessaire pour mettre en oeuvre la transition vers une économie verte », a déclaré Sissi dans son allocution au cours de la session sur le changement climatique. Et d’ajouter que l’organisation par l’Egypte de la Conférence mondiale sur le climat (COP27) était motivée par son désir de participer efficacement à l’effort international pour faire face aux changements climatiques et d’affirmer l’engagement du continent africain à faire progresser le programme d’action climatique en tenant compte des conditions dans les différents pays. Dans ce contexte, le président a souligné que l’Afrique est l’un des continents les plus touchés par les changements climatiques. Un fait qui rend nécessaire de trouver des moyens novateurs pour faire face à ce phénomène, compte tenu de son rôle central dans la stabilité des sociétés et le développement durable.

Par ailleurs, le président Sissi a pointé du doigt les partenaires du développement, y compris les institutions internationales qui ne sont toujours pas en mesure de répondre de manière adéquate aux besoins des pays africains, pour mettre en oeuvre le processus de transformation économique, réorienter des secteurs comme l’énergie, les transports et l’agriculture, et conserver la biodiversité et les écosystèmes, tout en réalisant les Objectifs du développement durable.

La vision de l’Egypte

Dans ce contexte, la vision de l’Egypte est claire. Il s’agit d’assurer l’environnement nécessaire à la mise en oeuvre rapide de projets et de programmes pour réduire les émissions des différents secteurs, faciliter l’accès aux énergies renouvelables, mettre en place des programmes équitables de transformation et se concentrer sur les principes de justice et d’équité, afin que la transformation requise prenne en compte les dimensions économiques et sociales et évite les mesures unilatérales qui ont un impact direct sur les flux commerciaux internationaux, en particulier les exportations des pays en développement et des pays africains. En effet, Sissi a mis l’accent sur l’importance de réaliser la justice climatique et d’activer les arrangements financiers, affirmant que les pays africains assument le coût de l’aide fournie à leurs populations pour faire face aux effets des changements climatiques.

Approfondir la coopération économique avec le Kenya

L’Egypte a également oeuvré à approfondir la coopération économique avec le Kenya, devenu une puissance économique considérable de l’Afrique de l’Est. C’est ainsi que le président Sissi s’est entretenu avec le président kényan, William Ruto, de la coopération entre les deux pays. Les deux présidents ont également abordé les questions régionales d’intérêt commun et les moyens de mettre en place des cadres d’action africains dans le but de faire progresser le processus de développement et de promouvoir l’intégration sur le continent.

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