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Des tribus en voie de disparition

Sabah Sabet , (avec Agences) , Mercredi, 27 avril 2022

Les tribus africaines font face à de nombreux défis qui menacent leur survie, en tête desquels le dérèglement climatique.

Des tribus en voie de disparition
Danse de bienvenue de la tribu Samburu. (Photo : Mohamed Mossaad)

Moins de pêche et de chasse, des forêts qui disparaissent, des troupeaux qui meurent à cause des sècheresses, tels sont les défis qu’affrontent les tribus dans le monde et surtout au continent africain. Passant leur vie au bord des forêts ou des rivières, aux déserts avec peu ou pas de contact avec le monde extérieur, loin de la vie urbaine, les peuples des tribus souffrent du dérèglement climatique qui menace leur survie.

L’Onu estime qu’il y a environ 200 millions d’autochtones vivant dans des tribus dans 70 pays du monde. Si le dérèglement climatique représente actuellement la menace la plus grave, des tribus ont déjà disparu au cours des années à cause des conflits, des pestes, de la malnutrition ou après avoir été chassées par des compagnies pétrolières pour forer leurs terres. Conséquence : certaines tribus, surtout en Afrique, se trouvent en voie de disparition à cause de la baisse de leur population.

Les Massaï, l’une des grandes tribus africaines, est confrontée à de multiples défis qui menacent son existence en raison du changement climatique. Des nomades qui ont établi des colonies près des parcs et des réserves naturelles dans la région des Grands Lacs, les Massaï vivent au sud et au centre du Kenya avec une population d’environ 850 000, ainsi qu’au nord de la Tanzanie avec 800 000 personnes. Ils sont connus pour leur culture, leurs coutumes et leurs vêtements distincts. Ils sont célèbres aussi pour leurs danses de saut (Adoma et Moran).


Des femmes de la tribu Massaï portant des accessoires. (Photo : Mohamed Mossaad)

Le changement climatique, qui a causé des saisons sèches prolongées et des sécheresses, a affecté leurs récoltes et leurs pâturages qui représentent leurs principaux moyens de subsistance. Le déclin de la faune et la restriction de la chasse par les gouvernements constituent un autre défi surtout moral, car leur culture exige que les jeunes guerriers chassent des animaux, surtout les lions, en tant que signe de force. Avec le manque de leurs besoins essentiels d’eau et de nourriture, les gouvernements du Kenya et de la Tanzanie ont essayé d’encourager les Massaï à abandonner leur vie semi-nomade traditionnelle, mais ces derniers ont opposé de la résistance.

Une dizaine d’autres tribus sont exposées au même sort dans d’autres pays, tels les Mursis d’Ethiopie, dont l’existence est menacée par le manque d’eau et les vents forts. Célèbres dans le monde entier pour leur tradition de placer des plaques de bois ou de poterie dans leurs lèvres inférieures, ils sont l’une des dernières tribus d’Afrique portant encore des robes et accessoires traditionnels.

Un cri d’alarme

Tentant de faire entendre leur voix au monde, des représentants de certaines tribus du monde, dont celle des Massaï, se sont rendus en décembre 2021 à Glasgow à l’occasion du sommet de la COP26, qui a discuté du changement climatique et des moyens dont les pays prévoient de le combattre. « L’âme de la forêt est aussi importante que celles des humains », a assuré l’alliance des représentants des tribus à la conférence, en ajoutant que si elles disparaissent, l’humanité aussi va disparaître. Une lueur d’espoir : un accord a été signé par une centaine de pays et près de 19 milliards de dollars ont été promis afin de freiner les effets du changement climatique. Plus d’un milliard et demi de dollars vont être mobilisés par des pays du Nord et quelques fondations importantes, dont celles de Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, pour aider les indigènes à sécuriser leurs droits de propriété. L’argent servira aussi à payer des avocats pour défendre les populations des tribus contre les compagnies qui les chassent de leurs terres. Pour une fois, les droits de ces peuples semblent enfin reconnus par une instance internationale. Reste à voir si les promesses seront tenues.

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