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La parole est aux jeunes

Amira Samir, Mardi, 09 novembre 2021

Trois jeunes Africains donnent leur vision sur l’avenir de la jeunesse en Afrique.

Ibrahima Ngom, Sénégal, 35 ans, titulaire d’un master II en développement de l’Université Senghor

« On ne construira l’Afrique que si les jeunes participent aux affaires publiques »

Ibrahima Ngom, Sénégal,

Depuis quelques décennies, les jeunes ont compris leur mission et ils s’organisent de manière citoyenne pour changer les politiques publiques. Le numérique a permis à ces jeunes de s’exprimer et d’être présents sur les réseaux sociaux. A travers ces plateformes, toutes les questions sont abordées. Les frustrations de la jeunesse africaine sont nombreuses : chômage, mauvaise gouvernance, corruption, pauvreté, etc. Ce sont des maux contre lesquels nous faisons face. Les défis de cette jeunesse dont nous faisons partie, c’est d’avoir des dirigeants libres. Nous avons l’habitude de dire que les peuples africains sont en avance sur leurs dirigeants. Du côté des gouvernants, il y a des évolutions par rapport à ce qui se passait il y a 30 ans. Les jeunes se politisent et occupent des postes de responsabilité et c’est de là que les choses bougeront. On ne construira l’Afrique que si les jeunes participent aux affaires publiques.

Francis Junior Kopoanomo, Centrafrique, 27 ans, étudiant à l’Université Senghor

« Il faut encourager les jeunes à assumer la responsabilité »

Francis Junior Kopoanomo, Centrafrique,

Bien que l’Afrique ait la plus forte population de jeunes au monde, la participation des jeunes Africains au développement et à l’élaboration des politiques reste modeste. Les jeunes Africains doivent résoudre les problèmes, et non pas en faire partie. L’instabilité politique et sécuritaire est la cause principale de l’état actuel de la jeunesse en Afrique. Certains jeunes non instruits se laissent manipuler par des groupes armés. A mon avis, l’avenir de la jeunesse africaine est incertain. Le système éducatif n’encourage pas l’innovation. Les garçons quittent le collège pour travailler dans de petits business et basculent dans l’alcool et la drogue et les filles se marient et tombent enceintes à l’âge scolaire. Elles ne terminent pas leurs études et cherchent de petits boulots. Pour sauver les jeunes de la perte, nos dirigeants doivent développer le système éducatif et l’adapter au marché du travail. Il faut surtout encourager les jeunes à assumer la responsabilité.

Jeanne Dal Toupou, Guinée, 23 ans, étudiante en gestion de l’environnement à l’Université Senghor

« L’Afrique pourrait être meilleure s’il y a un bon encadrement »

Jeanne Dal Toupou, Guinée,

La jeunesse est le moteur du développement en Afrique. Malheureusement, beaucoup de jeunes sont sans emploi. Certains veulent lancer des projets mais manquent de financement ou n’ont pas les outils nécessaires (connexion Internet, électricité, ordinateur). Malgré ces différents problèmes, les jeunes font des efforts pour développer l’Afrique. Le problème c’est que les anciennes générations au lieu d’encourager les jeunes, les découragent parfois en disant des choses du genre : « Tu ne réussiras jamais » ou « Tes ancêtres n’ont pas réussi, ce n’est pas toi qui vas réussir ». Certains jeunes préfèrent rester au chômage plutôt que de faire un travail de couture, de maçonnerie ou de forage juste parce qu’ils ont un diplôme universitaire. L’Afrique pourrait être mieux qu’elle ne l’est aujourd’hui s’il y a un bon encadrement.

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