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Walid Atta : C’est le résultat d’un travail de deux années

Doaa Badr, Lundi, 22 septembre 2014

L'athlétisme égyptien a réalisé en 2014 sa meilleure saison internationale. Avec récemment une médaille d’or et une d'argent lors de la Coupe continentale de Marrakech (Maroc). Entretien avec Walid Atta, président de la Fédération égyptienne d’athlétisme, qui explique ces succès.

Walid Atta

Al-Ahram Hebdo : L’Egypte vient de remporter une médaille d’or et une d’argent à la Coupe continentale qui s’est achevée le 13 septembre à Marrakech (Maroc). Comment jugez-vous ce résultat ?

Walid Atta: Cette performance est une pre­mière dans l’histoire de l’athlétisme égyptien. Ihab Al-Sayed (javelot) et Moustapha Al-Gamal (marteau) ont décroché respectivement la médaille d’or et celle d’argent, pour inscrire le nom de l’Egypte sur le tableau des médailles. Il faut savoir que la Coupe continentale est une compétition d’une grande importance après les Championnats du monde. C’est une compétition d’athlétisme par équipes organisée tous les 4 ans par l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF) à partir de 2010, pour rem­placer la Coupe du monde des nations, épreuve en place depuis 1977. La compétition regroupe des équipes mixtes représentant l’Afrique, les Amériques, l’Asie Pacifique et l’Europe. Seuls les deux premiers de chaque épreuve dans la compétition continentale ont été qualifiés pour la Coupe continentale. La concurrence était très dure face aux Egyptiens, qui ont battu des cham­pions du monde et olympiques. Al-Sayed, avec un record de 85,44m en javelot, a devancé le champion du monde, Vitezslav Vesely (83,12m), et le champion olympique, Keshorn Zalcott (83,52m). En réalisant un record de 78,89m, Al-Gamal a terminé 2e derrière le Hongrois Krisztian Pars (78,99m), champion olympique, et devant le Polonais Pazel Fajdek, détenteur du record du monde.

Walid Atta
Sayed (à gauche), javelot, et Al-Gamal,marteau, ont réalisé les meilleures performances égyptiennes en athlétisme. (Photo:Facebook des athlètes)

— A votre avis, à quoi est due cette perfor­mance ?

— Ce résultat était le fruit d’un long travail. Certains indices indiquaient la progression de ces deux athlètes. Dès le début de la saison, ces deux athlètes ont commencé une nouvelle ère pour l’athlétisme égyptien. Al-Sayed a débuté la saison avec un exploit pour l’Egypte en réalisant un record de 89,21 lors du meeting de Shanghai comptant pour la Ligue de Diamant en mai der­nier, Al-Sayed a réalisé la Meilleure Performance Mondial (MPM). Il est devenu ainsi le 13e meilleur performeur de tous les temps. Personne n’avait lancé le javelot aussi loin depuis le 14 août 2011, et les 90,61m du Norvégien Andreas Thorkildsen. Après une petite régression, Al-Sayed a repris son niveau une autre fois en décrochant l’or du meeting de Paris. Puis le mois dernier, il a obtenu l’argent aux Championnats d’Afrique de Marrakech. Son compatriote, Moustapha Al-Gamal, a lui aussi réalisé une saison parfaite, après avoir remporté plusieurs médailles internationales. Il a décroché le mois dernier le titre afri­cain du marteau aux Championnats d’Afrique de Marrakech. Il faut noter qu’Al-Sayed occupe actuel­lement la première place au classement mondial, tandis qu’Al-Gamal occupe la 3e place mondiale.

— Comment l’athlétisme égyptien a-t-il atteint ce niveau international ?

— C’est le résultat d’un travail de deux années. Depuis mon arrivée à la tête de la Fédération égyptienne en septembre 2012, j’ai entrepris un nouveau système de travail. A l’époque, il était clair qu’Ihab Abdel-Rahmane Al-Sayed et Moustapha Al-Gamal sont des ath­lètes prometteurs capables de concurrencer sur les niveaux international et olympique. Je me suis réuni avec ces deux athlètes afin d’élaborer ensemble un programme de préparation pour chaque athlète. Le plus important c’est que le plan a été appliqué à la lettre. Plusieurs stages de préparation à l’étranger et compétitions interna­tionales d’un très haut niveau, comme les mee­tings de la Ligue de diamant, ont été organisés. Il faut savoir qu’en athlétisme, la préparation à l’étranger est d’une très grande importance, puisque ces stages offrent aux athlètes une bonne opportunité de fréquenter l’élite mondiale et de se mesurer aux meilleurs athlètes du monde. A titre d’exemple, le stage effectué par Ihab Al-Sayed en Finlande, pendant 6 mois au début de la saison avant le meeting de Shanghai, a complètement changé l’athlète. Il est devenu un professionnel. C’est grâce à ce stage qu’Al-Sayed est numéro 1 mondial.

Walid Atta
(Photo:Facebook des athlètes)

— Comment avez-vous financé tous ces stages et tournois ?

— Le budget de la Fédération égyptienne est de 800000 L.E., soit une somme insuffisante pour le développement du sport. J’étais obligé de faire un choix: Financer tous les athlètes des sélections nationales ou limiter le financement aux athlètes prometteurs seulement. J’ai choisi le 2e choix après une discussion avec les membres du conseil d’administration de la Fédération. Au début, j’ai subi des attaques de la part des anciens membres du conseil d’adminis­tration qui ont poussé les parents des autres ath­lètes à présenter des plaintes contre la Fédération. Mais Dieu merci, les excel­lents résultats sont là pour faire taire toutes les langues.

— Quel est le secret des succès de votre Fédération ?

— Premièrement, tous les membres du conseil d’admi­nistration sont d’accord avec moi. Ils ont beaucoup de confiance en moi. Ils m’ont chargé de prendre les déci­sions nécessaires pour m’oc­cuper de ces deux athlètes. Et cela a épargné beaucoup de temps. Deuxièmement, je suis en accord avec les ath­lètes. Même avant ma nomi­nation à la tête de la Fédération, j’ai beaucoup aidé ces deux athlètes. En 2011, quand j’étais membre au conseil d’administration, j’ai joué un grand rôle dans la carrière d’Ihab Al-Sayed, qui avait décidé d’arrêter le jeu à cause du mauvais traitement de la Fédération. Après avoir effectué une réunion avec l’athlète, je l’ai convaincu de rester. Selon mon système de travail, je laisse l’athlète choisir son entraîneur, ce qui est d’une grande importance. Ihab Al-Sayed a choisi de poursuivre son entraînement avec Mohamad Naguib, et Moustapha Al-Gamal a opté pour Khaled Chawqi. Au début, nous étions tous contre le choix d’Al-Gamal, puisque Chawqi était le coéquipier d’Al-Gamal. En plus, il est très jeune et n’avait aucune expérience en entraî­nement. Malgré tout, j’ai accepté le choix d’Al-Gamal, l’informant d’une évaluation dans 6 mois. Et les jours ont prouvé que l’athlète a fait un bon choix.

— Quels sont vos objectifs et besoins ?

— J’ai un programme avec des objectifs essentiels. Je vise des médailles aux Mondiaux 2015 et aux Jeux Olympiques (JO) 2016. Je suis sûr que ces deux athlètes sont capables de réali­ser ce rêve. L’athlétisme est un sport de records, et nous suivons tous les records de leurs concur­rents. Mais il faut savoir que nous avons besoin d’aide. Lors de ma réunion avec Khaled Abdel-Aziz, ministre de la Jeunesse et du Sport, il m’a promis d’augmenter le budget de la Fédération et d’offrir un statut professionnel à ces deux athlètes. J’ai demandé 6 millions de L.E. pour préparer les athlètes aux JO de Rio de Janeiro, et le ministère a déjà débloqué 25% de cette somme. J’ai encore demandé au ministre de sécuriser la vie de ces deux athlètes en leur offrant du travail, pour qu’ils puissent se consa­crer aux entraînements. La satisfaction de ces besoins est primordiale, afin que les athlètes réalisent les progrès nécessaires et décrochent des médailles mondiales et olympiques .

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