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Le Brésil dans une course contre la montre

Karim Farouk , Mercredi, 28 mai 2014

A deux semaines de la Coupe du monde de football, le Brésil reste confronté à de sérieuses difficultés avec des manifestations hostiles à la compétition, du retard dans les travaux et une logistique encore défaillante.

Bresil
Photo: AP

Le spectacleest garanti avec la pré­sence des meilleures sélections de football du monde. L’ambiance sera festive avec une atmosphère brési­lienne fiévreuse. Mais l’image avant la Coupe du monde, l’événement le plus prestigieux de la planète foot, est loin d’être parfaite alors que le coup d’envoi est prévu le 12 juin.

Le plus grand défi apparaît avec les protes­tations hostiles à la compétition elle-même. Des milliers de manifestants secouent le pays depuis plusieurs mois, demandant à ce que le gouvernement investisse dans les domaines de la santé, de l’éducation et des infrastruc­tures au lieu de construire des stades.

Selon la presse, le Brésil aurait dépensé environ 14 milliards de dollars pour les tra­vaux nécessaires au Mondial. « Je comprends bien les demandes des manifestants, mais nous n’avons rien à voir avec la politique ni la corruption qui règne dans le pays. Je crains que ces manifestations affectent beau­coup le pays et la compétition. Ce serait une grande perte », a estimé la légende brési­lienne Pelé.

Lors de la Coupe des confédérations en 2013, des milliers de manifestants ont envahi les rues dans une énorme vague de colère qui a vivement perturbé l’organisation. Sans compter les grèves incessantes dans les trans­ports et la santé. « Selon les informations disponibles, on pense que les protestations seront plus restreintes que celles qui ont eu lieu en juin dernier », a déclaré le ministre de la Justice, José Eduardo Cardozo, lors d’une conférence de presse. Toutefois, le gouverne­ment a annoncé que 157000 officiers de police et militaires assureront la sécurité des 32 délégations outre les 600000 touristes sur un mois. Selon Cardozo, la facture de la sécu­rité sera de 856 millions de dollars, que ce soit pour les troupes, la logistique et les agents spécialisés contre la menace terroriste.

Il ne reste que quelques jours avant le début de la compétition, mais les travaux dans les stades ne sont pas terminés. Le dernier match test du stade de Sao Paolo, qui accueillera le match d’ouverture, a été une fois de plus reporté au dimanche 1er juin. En raison du grand retard du Brésil dans son programme de préparation des stades, Jérôme Valcke, le secrétaire général de la FIFA, a dû se rendre dans le pays le 19 mai pour suivre de près les dernières avancées, surtout que les premiers essais ont montré des défauts d’organisation et de logistique. « Il est vital que tous les équipements soient testés dans les conditions de matchs, y compris les sièges additionnels et leurs aménagements », a-t-il dit. Valcke espère que le report du match de Sao Paolo contribuera à ce que plus de 50000 per­sonnes aillent au stade, d’une capacité de 70000 sièges, tous réservés pour le match d’ouverture.

Concernant la logistique, les problèmes de couverture médiatique ont été en grande par­tie résolus, par la mise en place d’importants centres dans les stades afin de faciliter les communications et la transmission de docu­ments et photos. « Nous avons appris les leçons de la Coupe des Confédérations. Nous aurons des véhicules hors des stades pour améliorer les connections. Mais pour être honnête, avec 70000 personnes dans un stade où tout le monde veut passer un coup de téléphone à la mi-temps… il vaut mieux appeler vos amis avant le match », a prévenu Thierry Weil, le directeur de marketing de la FIFA. En effet, lors de la Coupe des Confédérations, il a été presque impossible d’envoyer des messages, de passer des appels et bien sûr d’accéder aux réseaux sociaux.

Le Brésil devait investir dans l’infrastruc­ture de ses réseaux de télécommunications qui sont déjà surchargés par 272 millions de lignes actives, selon l’Agence nationale de télécommunications brésiliennes ANATEL. Mais les travaux nécessaires pour un nouveau réseau 4G n’ont pas été effectués. Le gouver­nement espère que les véhicules-relais mis en place hors des stades soulageront un peu ce poids. Une chose reste sûre: les supporters ne pourront pas savourer ni partager ces pré­cieux moments de fête de la manière qu’ils souhaitent.

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